Édition internationale

France-Vietnam : quelles nouvelles opportunités pour les entreprises françaises ?

À l’occasion de sa visite officielle en France, le secrétaire général du Parti communiste vietnamien et président de la République, Tô Lâm, a rencontré à Paris, aux côtés d’Emmanuel Macron, des dirigeants de grands groupes français et vietnamiens. Au cœur des échanges : dépasser la relation commerciale traditionnelle pour développer davantage d’investissements, de production commune, de transferts technologiques et de chaînes de valeur entre les deux pays.

France-Vietnam : quelles nouvelles opportunités pour les entreprises françaises ?France-Vietnam : quelles nouvelles opportunités pour les entreprises françaises ?
Le 10 septembre, Tô Lâm et Emmanuel Macron ont rencontré à Paris les dirigeants de grands groupes français et vietnamiens.

La visite officielle de Tô Lâm en France, les 10 et 11 septembre 2026, a donné une place importante aux relations économiques. Le 10 septembre à Paris, les deux chefs d’État ont notamment participé à une rencontre avec des représentants d’entreprises des deux pays, dans le prolongement du deuxième Haut Conseil d’affaires franco-vietnamien.

Le message adressé au secteur privé est clair : après le renforcement du cadre politique entre Paris et Hanoï, les deux pays veulent désormais accélérer sa traduction en projets économiques concrets.

De l’exportation à l’investissement et à la production au Vietnam

Dans son intervention devant les entreprises, Tô Lâm a appelé à faire évoluer la relation économique franco-vietnamienne vers une coopération plus intégrée et à plus forte valeur ajoutée.

L’une des orientations avancées consiste à passer progressivement d’une logique centrée sur les échanges de marchandises à des investissements et productions conjointes. Les groupes français sont ainsi encouragés à développer au Vietnam des capacités de production, des centres de recherche et développement ou encore des réseaux de fournisseurs.

 

Vietnam : l’heure de la montée en gamme de la sous-traitance industrielle

 

L’ambition affichée va également au-delà d’une relation classique entre fournisseur et client. Formation des compétences, transfert technologique, fabrication de composants, maintenance, recherche et innovation font partie des domaines dans lesquels Hanoï souhaite renforcer les partenariats avec les entreprises françaises.

Le Vietnam entend ainsi se positionner non seulement comme un marché de plus de 100 millions d’habitants, mais également comme une plateforme permettant aux entreprises d’accéder plus largement à l’ASEAN et de diversifier leurs chaînes d’approvisionnement en Asie.

Énergie, infrastructures, aéronautique : des secteurs déjà très concrets

Plusieurs secteurs apparaissent au premier plan de cette nouvelle phase de coopération.

Les infrastructures stratégiques constituent l’un des axes majeurs, notamment dans les transports ferroviaires et la mobilité urbaine. Un mémorandum a notamment été signé entre le ministère vietnamien de la Construction et Systra concernant la rénovation de la ligne ferroviaire Hanoï-Haiphong.

 

Secrétaire général du Parti communiste vietnamien et président de la République Tô Lâm et Emmanuel Macron ont rencontré à Paris les dirigeants de grands groupes français
Secrétaire général du Parti communiste vietnamien et président de la République Tô Lâm et Emmanuel Macron ont rencontré à Paris les dirigeants de grands groupes français

 

Dans l’aéronautique, plusieurs accords impliquant notamment Airbus et Thales illustrent également le renforcement des liens industriels entre les deux pays.

L’énergie représente un autre chantier important. La France souhaite notamment accompagner le Vietnam dans sa transition énergétique, la modernisation de son réseau électrique et l’intégration des énergies renouvelables. La coopération pourrait également s’étendre au nucléaire civil, aussi bien sur les aspects industriels que sur la sûreté et la formation.

Les minerais critiques font également leur apparition dans l’agenda économique bilatéral, avec une coopération autour des ressources minérales et des connaissances géologiques au Vietnam.

Technologies, IA et semi-conducteurs parmi les priorités

Les deux pays souhaitent également renforcer leurs relations dans des secteurs à forte intensité technologique.

Science et technologie, intelligence artificielle, technologies quantiques, semi-conducteurs et innovation figurent parmi les orientations stratégiques identifiées lors des échanges entre les communautés d’affaires.

À cela s’ajoutent la santé, les produits pharmaceutiques, les biotechnologies, l’espace et le développement de ressources humaines hautement qualifiées.

Pour les entreprises françaises, les opportunités ne concernent donc pas uniquement les grands projets d’infrastructure. Elles peuvent également se situer dans les technologies, les équipements, les services industriels, l’ingénierie, la formation ou la constitution de partenariats avec des acteurs vietnamiens.

Le Vietnam comme base pour développer une stratégie asiatique ?

L’un des messages les plus significatifs de cette rencontre concerne peut-être la place que souhaite occuper le Vietnam dans les stratégies internationales des entreprises françaises.

Hanoï ne se présente plus uniquement comme un marché sur lequel exporter des produits français. Le pays cherche à attirer des entreprises capables d’y développer des activités industrielles, technologiques et de recherche, mais aussi de construire des chaînes de valeur destinées à des marchés tiers.

 

« La France est très attendue au Vietnam » : Forum d’affaires d’Asie du Sud-Est 2025

 

Cette approche intervient dans un contexte où les entreprises internationales cherchent à renforcer la résilience de leurs chaînes d’approvisionnement et à diversifier leurs implantations en Asie.

Pour une entreprise française, étudier le Vietnam peut ainsi répondre à plusieurs objectifs : accéder à un marché intérieur en développement, rechercher des partenaires industriels, construire une présence en Asie du Sud-Est ou intégrer le pays dans une stratégie de diversification de sa production.

Du rapprochement politique aux projets économiques

La France et le Vietnam avaient élevé leurs relations au niveau de Partenariat stratégique global en octobre 2024. La visite d’État d’Emmanuel Macron à Hanoï en mai 2025 avait ensuite permis d’approfondir cette dynamique.

La rencontre de Paris marque désormais une volonté d’accélérer la phase opérationnelle.

Dans leur déclaration conjointe du 11 septembre, les deux pays ont notamment réaffirmé leur volonté de développer des partenariats économiques durables, de renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement et de favoriser les investissements dans des secteurs stratégiques.

Pour les entreprises françaises déjà présentes au Vietnam comme pour celles qui étudient encore le marché, le signal envoyé depuis Paris est donc celui d’une relation économique appelée à devenir plus industrielle, technologique et intégrée.

Reste désormais à transformer cette volonté politique et les accords annoncés en investissements, implantations et partenariats concrets sur le terrain.

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Sujets du moment

Flash infos