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Le Cheval dans la culture vietnamienne et son histoire

Une année lunaire s’achève et une autre débute… Dans quelques jours (le 17 février sur le calendrier grégorien, pour être précis), le Serpent va tirer sa révérence et laisser sa place au Cheval : ainsi le veut l’ordre zodiacal qui, au Vietnam comme dans bien d’autres pays, régit le cycle de la vie… Finies les reptations, donc, l’heure des galopades a sonné !

Le Cheval dans la culture vietnamienneLe Cheval dans la culture vietnamienne

 

A première vue, on pourrait bien sûr être tenté de se dire que le serpent a davantage sa place dans une contrée sub-tropicale que le cheval, que l’on imagine plus volontiers s’ébattre dans de vastes prairies qu’au milieu de rizières. Mais il en va du cheval comme de beaucoup d’autres choses, au Vietnam : il vient de Chine.

 

 

Le cheval, un animal légendaire

Les Vietnamiens l’ont en tout cas adopté et lui ont même fait une place d’honneur, aussi bien dans le zodiaque (le cheval y occupe la 7e place) que dans les légendes, et d’abord dans celle de Thanh Giong, l’un des quatre Immortels des croyances populaires (les trois autres étant Tan Vien, Chu Dong Tu et Lieu Hanh) qui aurait pourfendu l’envahisseur, monté sur un superbe destrier en acier.
 

Statue équestre de Thang Giong
Statue équestre de Thang Giong

 

C’est aussi un cheval, un cheval blanc en l’occurrence, qui serait apparu en songe à l’empereur Ly Thai To pour lui indiquer l’emplacement idéal de Thang Long, sa future capitale, qui allait ensuite devenir Hanoï, laquelle abrite aujourd’hui le temple Bach Ma, « le temple du Cheval blanc », dans lequel le mythique équidé est honoré comme il se doit.
 
 
 

à l’intérieur du temple Bach Ma de Hanoï
à l’intérieur du temple Bach Ma de Hanoï

 

 

Les annales historiques, elles, font rarement état de la présence de chevaux au Vietnam. On notera toutefois que Tomé Pires, qui est un apothicaire portugais ayant vécu en Asie au XVIe siècle, évoque le nord du Vietnam comme un pays avec « beaucoup de chevaux ». Dans le sud, en revanche: en 1642, un voyageur japonais rapporte qu’il s’y trouve « très peu » de chevaux…

La période de l’Indochine française, par contre, correspond à un regain d’attention pour le cheval. Dans les années 1930, deux élevages équins militaires sont ainsi implantés dans le nord du Tonkin.

 

 

pendant la période coloniale
pendant la période coloniale

 

 

Cela étant, le Vietnam n’est pas un pays qui se prête aux grandes randonnées équestres et le fait est que l’imagerie historique nous montre plus volontiers des guerriers à dos d’éléphant qu’à dos de cheval. Les sœurs Trung, pour ne citer qu’elles, sont toujours représentées juchées sur d’imposants pachydermes, et non sur des chevaux. C’est à se demander pourquoi il n’y a pas d’année de l’Elephant… 
 
Si le zodiaque vietnamien diffère du zodiaque chinois sur le Lapin (c’est le Chat, au Vietnam), il garde le Cheval. 
 
Le Cheval, donc, celui avec un C majuscule dont l’année va débuter dans quelques jours, symbolise la puissance, l’énergie et l’esprit d’ouverture. Celles et ceux qui sont nés une année du Cheval sont ainsi censés être un brin exaltés et généreux, mener grand train et rechercher la nouveauté : la vie au grand galop, quoi ! 

 

 

La course hippique de Bac Ha
La course hippique de Bac Ha

 

Un animal tout aussi montagnard

Voilà pour une parenthèse horoscopique qui rassérènera les uns et laissera sceptiques les autres. Plus prosaïquement, et au risque de conclure sur une note plus terre-à-terre, il faut savoir qu’il existe dans les montagnes du nord une race équine locale, le Ngua noi ou cheval Hmong. Le Ngua noi est une bête plutôt petite mais robuste, idéale donc, pour les contrées montagneuses.
 A noter aussi le marché aux chevaux et la course hippique annuelle de Bac Ha, qui comptent parmi les grandes attractions touristiques de la région de Lao Cai, tout à fait au nord du pays.



 

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