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Cultiver son jardin en milieu urbain : les atouts des Schrebergärten

Par Lepetitjournal Heidelberg Mannheim | Publié le 01/09/2018 à 00:40 | Mis à jour le 01/09/2018 à 00:40
Photo : (Photo © MG lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim)
Cultiver son jardin en milieu urbain : les atouts des Schrebergärten

Très prisés, les Schrebergärten sont les jardins urbains allemands. Parenthèses de verdure en ville, refuges de nature, jardins nourriciers. Autrefois réservés aux ouvriers, ces jardins sont aujourd’hui accessibles à tous. Comment devenir locataire ? Lepetitjournal.com/heidleberg-mannheim est allé poser la question à Stephan et Gerd, tous deux voisins de Schrebergärten.

Balançoire, potimarrons, soucis, tomates : les tons rouges orangés colorent le jardin de Stephan. Lui et son voisin Gerd sont dans la partie nord des Schrebergärten de Daueranlage-Sellweiden de Mannheim. Leurs deux parcelles semblent être de minuscules îlots au milieu des quelques 740 autres jardins qui les entourent.

Comment devenir locataire ?

Pour se figurer l’organisation des jardins urbains, il faut imaginer un immense terrain, quadrillé, découpé en plusieurs centaines de jardins. Des panneaux donnent le nom des allées dans lesquelles vous circulez : détail indispensable pour ne pas se perdre dans ces labyrinthes.

Il existe autant d’associations que de terrains dédiés aux jardins urbains. Sur le site de l’association des amis des jardins du Bade-Wurtemberg, 39 associations sont recensées sur les districts de Mannheim et d’Heidelberg. Les prix des locations des parcelles restent assez bas, mais ils varient en fonction des Schrebergärten.

Pour devenir locataire, il faut se faire connaître auprès de l’association de votre choix. Les jardins urbains sont très demandés, il y a donc souvent des listes d’attente sur lesquelles vous serez inscrits avant de pouvoir bénéficier vous aussi de votre jardin. Ni Stephan ni Gerd n’ont attendu très longtemps. « Je suis arrivé au bon endroit au bon moment, confie Stephan. Je n’ai attendu qu’un an. »

À partir du moment où vous êtes locataire, vous êtes automatiquement membre de l’association qui gère les jardins où vous venez d’acquérir votre parcelle. En tant que membre de l’association, vous devez participer à l’entretien des parties communes. « Sinon vous pouvez payer 60 euros par an, c’est l’option que j’ai choisie », précise Stephan. L’association organise aussi des fêtes régulièrement, il y a par exemple un grand barbecue chaque année. Les jardins urbains sont un lieu de rencontre et d’échange.

Le jardin urbain : pratique et économique

Les deux voisins louent leur terrain au Kleingarten Daueranlage Sellweiden de Mannheim, juste à côté du cimetière principal de la ville. Pour eux, la location est de 270 euros par an. Ce loyer comprend l’accès et l’utilisation de l’eau, autorisée du printemps à l’automne. « Beaucoup de personnes ne peuvent pas se payer une maison avec un jardin. Les Schrebergärten sont un bon compromis pour avoir un coin de verdure privé », avance Stephan. Comme pour beaucoup, louer à la fois un appartement et un jardin était beaucoup plus avantageux pour lui. À moins de 10 min en vélo de son lieu de vie, son terrain lui donne une bouffée d’air frais dans la ville.

Au fond de quasiment tous les jardins, il y a une petite maison. Les locataires peuvent y faire des travaux, les aménager comme ils le souhaitent… Lorsque vous récupérez une parcelle, il faut donc ajouter à votre budget la somme que vous demandera l’ancien locataire. Celle-ci dépend principalement de la taille et de l’état de la dépendance. Cette transaction se fait de locataire à locataire et les prix varient énormément, pouvant aller de 1500 à plus de 8000 euros.

Des jardins nourriciers

Historiquement, les jardins urbains ont été mis en place pour offrir aux ouvriers un espace où ils pouvaient faire pousser leurs propres fruits et légumes : moins chers, meilleurs pour la santé. L’argument était principalement sanitaire et économique. Les jardins étaient à l’époque en périphérie des villes, puis ces dernières se sont agrandies et les espaces verts en font maintenant partie intégrante.

Aujourd’hui, les jardins ne sont plus uniquement réservés aux ouvriers. Gerd est retraité, Stephan est chef de projet dans le domaine public, un de leurs voisins travaille dans l’immobilier. Jeunes parents, quadragénaires, retraités : il y a un panel très varié de locataires. Stephan acquiesce : « Et il y a également parmi les locataires toutes les nationalités : des Turcs, des Allemands, des Italiens, des Russes… La population ici est assez représentative de la mixité de Mannheim. »

Un certains nombres de règles dans les jardins sont issues de l’époque des jardins ouvriers. Les maisonnettes ne doivent pas faire plus de 24m², il n’y pas d’eau courante, pas d’électricité et pas non plus de canaux d’évacuation. Ces règles ont été mises en place pour s’assurer que personne n’habite dans les jardins. Ils doivent rester un lieu où travailler la terre.

Chaque locataire est aussi censé dédier une certaine surface de son jardin à la culture de fruits et légumes, l’idée étant de garder l’aspect nourricier hérité du temps où ces jardins étaient réservés aux ouvriers. Car si ces jardins semblent avoir les fonctions d’une maison de campagne, où l’on vient passer le week-end pour se relaxer, ils doivent être entretenus correctement et cela demande du travail.

Une parenthèse de verdure plus que bienvenue

Stephan et Gerd viennent plusieurs fois par semaine dans leur jardin. « Quand tu es assis toute la journée devant ton ordinateur, c’est relaxant de venir au jardin et de se salir un peu les mains, assure Stephan. Et puis il y a de chouettes voisins avec qui discuter. » Les locataires sont vraiment attachés à leur jardin. Difficiles à obtenir, ils sont souvent gardés très longtemps. Lorsqu’ils ne peuvent plus s’en occuper, ils s’arrangent pour que le locataire suivant soit quelqu’un qu’ils connaissent : famille, amis, collègues.

Stephan a son jardin depuis plus de 6 ans. Des potimarrons courent sur le haut des haies, une odeur de romarin emplit les narines, mêlée à celle de lavande. Quelques fleurs apportent leur touche de couleur jaune au rouge des tomates et à l’orange des potimarrons. Stephan avance dans l’allée centrale de son jardin. Elle débouche sur une petite terrasse, à l’avant d’une maisonnette. À l’ombre du raisin blanc qui recouvre le toit de la terrasse, quand le travail au jardin est terminé, Stephan aime y siroter une bière ou y dévorer un livre.

De nouveaux projets pour les plus jeunes

Fin août 2017, la maison des Jeunes de Mannheim Vogelstand a organisé une semaine à thème pour sensibiliser les jeunes au jardinage. Intitulé « Notre magnifique jardin de légumes et de plantes », ce projet a abouti à l’ouverture d’un jardin commun attenant à la maison des Jeunes, où chacun peut venir à loisir entretenir le jardin, y faire pousser des fruits et des légumes. L’idée ? Avoir un espace commun où travailler la terre et où faire pousser des plantes pour entretenir les liens de voisinages. Après les jardins ouvriers et les jardins partagés, les jardins communs sortent de terre.

Maëva Gros (www.lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim), samedi 1er septembre 2018

Rediffusion du lundi 16 octobre 2017

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