

Longtemps dans l'ombre d'Alain Bernard, Frédérick Bousquet a éclos tardivement. Mais le compagnon de Laure Manaudou est désormais le leader d'une natation française toujours aussi compétitive
Frédérick Bousquet (AFP) est depuis longtemps l'une des valeurs sûres de la natation française. En mars 2004, alors que Laure Manaudou n'était pas encore devenue le phénomène que l'on a connu, le Perpignanais de naissance battait son premier record du monde. Un an auparavant, lors des championnats du monde où il obtient sa première médaille internationale (le bronze du relais 4x100 nage libre), il réussit en 47''3 le deuxième chrono le plus rapide de l'histoire sur 100 mètres lancé. La France pense tenir enfin l'héritier de Stephan Caron. Pourtant, l'éclosion de ce beau bébé d'un mètre quatre-vingt-huit pour 88 kilos a été bien plus tardive que celle de la mère de sa fille.
Dans l'ombre de Leveaux et Bernard
Aux Jeux d'Athènes, pendant que celle qui n'était pas encore sa dulcinée devient la reine de la natation française, Bousquet échoue aux portes des finales du 50 et du 100 mètres nage libre. Exilé aux Etats-Unis depuis 2003, il assiste de loin à la révélation de ses deux rivaux en équipe de France, Amaury Leveaux et Alain Bernard. Et quand vient le moment de prendre l'une des deux premières places qualificatives pour les JO de Pékin, il est battu par les deux hommes sur 50 et 100 mètres nage libre. Résultat, il ne profite pas de l'extrême compétitivité de la natation française pour briguer une médaille individuelle aux Jeux. Et la lumière se pose sur Bernard et Leveaux. Un an plus tard, Bousquet tient sa revanche. Aux championnats de France, il brigue les deux titres majeurs (50 et 100 mètres nage libre) et bat le record du monde du 50 mètres nage libre. A la faveur de son union avec Laure Manaudou et de ses brillantes performances, il capte enfin la lumière. Il revient de Rome avec deux médailles individuelles (argent sur 50m et bronze sur 100m) et devient l'attraction de la natation française devant un Alain Bernard qui semble se lasser. L'ouverture des championnats de France, mardi, a confirmé qu'il était toujours aussi confiant. En deux jours, Bousquet a prouvé qu'il dominait ses compatriotes et qu'il faudrait encore compter sur lui. La lumière lui va si bien?
Rino MONFLIER (www.lepetitjournal.com) jeudi 15 avril 2010






















