Édition internationale

FRANCOPHONIE – Parlez-vous françitalien ?

 

Pour célébrer dignement et à sa manière la semaine de la langue française et de la Francophonielepetitjournal de Turin a décidé de mettre la main à la pâte en ajoutant son grain de sel à l'opération Dis-moi dix mots? à la folie. Le résultat ? Une langue improbable, drôle et surprenante, où le français et l'italien se mélangent et s'enrichissent mutuellement. 

Dis-moi dix mots... à la folie

"Le jour où les langues se fixent, c'est qu'elles meurent", disait Victor Hugo dans la préface de Cromwell. Tel est l'état d'esprit qui anime l'opération Dis-moi dix mots organisée par le ministère français de la Culture et de la Communication, une initiative qui entend célébrer la richesse mais également la créativité de la langue française et sa capacité à accueillir "les inventions verbales ? lexicales, sémantiques, visuelles, sonores ? les plus inattendues". Le principe de l'opération est simple et se construit autour de dix mots choisis chaque année par les différents partenaires francophones participant au projet. Ces dix mots sont alors un prétexte permettant de donner libre cours à son imagination à travers des créations littéraires ou artistiques et d'organiser un concours ouvert aux collégiens et aux lycéens. Pour cette édition 2013-2014, le fil rouge qui a été suivi au moment de la sélection est celui de l'imagination, de cette "douce folie" qui caractérise les mots retenus. Comment résister alors devant le mot s'enlivrer, être ivre de lectures, un néologisme crée par Constant Chardon, élève de CM2 ? Ou comment ne pas adopter illico le verbe ambiancer, originaire de l'Afrique noire, tellement parlant dans la locution "ambiancer une soirée" ?  Sans oublier quelques mots au charme désuet comme charivari et à tire-larigot.

"Dis-moi dix mots", version revue et corrigée 

A l'occasion de la semaine de la langue française et de la Francophonie, la rédaction a décidé de se laisser prendre au jeu et de créer quatre néologismes qui ne rentreront certainement pas dans le dictionnaire de la langue française mais qui témoignent d'un enrichissement et d'une contamination possible avec l'italien et plus précisément avec l'art de vivre à l'italienne. Une langue que l'on pourrait encore une fois classer dans la catégorie qualifiée de troisième langue du bilingue, cette sorte de langage hybride composée de mots empruntés à l'une et l'autre langue que tous ceux qui vivent à l'étranger connaissent et manient bien. 

aldentouilles n.f. plur.

Las d'entendre la locution "t'es une vraie nouille" pour indiquer une personne molle et empotée? alors que les nouilles, c'est bien connu, en Italie on les veut al dente, voici une nouvelle manière d'annoncer le menu du repas du soir : "Les enfants, ce soir on mange des aldentouilles?" Qu'il ne faudra pas servir avec du ketchup, bien entendu, sous peine d'être raccompagnés à la frontière! 

bizarroparking n.m. sing.

L'imagination des Italiens au volant est sans limites, notamment quand il s'agit de garer sa voiture. Voilà une évidence incontestable : bienvenue au royaume des bizarroparkings. Si l'on connaît bien les symptômes de ce petit virus, sournois et très contagieux, qui frappe parfois même les étrangers dès qu'ils franchissent la frontière italienne, le traitement n'a pas encore été trouvé. Mais on ne désespère pas.

dehors-dedans n.m. sing.

Les Turinois utilisent l'adverbe français "dehors" qu'ils transforment en nom pour indiquer les terrasses des restaurants ou des cafétérias. Il est donc tout à fait normal, voire fréquent, en se promenant en ville, de lire cette indication : "dehors interno". Dans ce cas, l'établissement offre à sa clientèle la possibilité de s'installer confortablement dans un jardin ou dans une cour intérieure. Assez choquant pour un francophone ! Afin de lui venir en aide, autant inventer un nouveau mot en juxtaposant les deux adverbes et en respectant l'orthographe du mot français, les Italiens ayant tendance à priver le "dehors" de son "s" final.

Quicoriqui n. m., (onomatopée) 

Avez-vous déjà entendu un coq chanter ? Son cri rappelle d'avantage l'onomatopée française cocorico avec la répétition de la voyelle o, ou plutôt l'onomatopée italienne chicchirichì où le i s'impose ? Après s'être longuement penchée sur la question, votre rédaction a décidé de trancher : le cri des coqs transfrontaliers sera dorénavant quicoriqui.

A vous de jouer !

A vous maintenant de proposer le cinquième mot franco-italien ou italo-français, en écrivant à la rédaction à l'adresse suivante : turin@lepetitjournal.com

Luisa Gerini (www.lepetitjournal.com/Turin) lundi 17 mars 2014

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