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Français au Royaume-Uni : comment ne pas se laisser happer par les aliments ultra-transformé

Outre-Manche, les produits ultra-transformés représentent plus de la moitié des calories des adultes. Un mouvement né dans le Kent propose une règle simple pour reprendre la main, et elle parle étonnamment bien aux Français Tous ceux qui se sont installés à Londres, Manchester ou Édimbourg connaissent le rituel du « meal deal » : un sandwich emballé, un paquet de chips, une boisson, le tout pour quelques livres à la caisse du supermarché. C'est pratique, c'est rapide, et c'est exactement ce que les nutritionnistes appellent un repas ultra-transformé.

Plat de légume cuisiné Plat de légume cuisiné
Écrit par Article Partenaire
Publié le 12 octobre 2026

Les chiffres britanniques sont connus. Selon les analyses de la National Diet and Nutrition Survey, l'enquête nationale sur l'alimentation, 54 % des calories consommées par les adultes au Royaume-Uni proviennent d'aliments ultra-transformés. Chez les enfants, la part atteint 66 %.

La France n'est pas un modèle, mais elle part de moins loin

Une étude comparative publiée dans l'European Journal of Nutrition, fondée sur la base de données de consommation de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), a mesuré la part de l'énergie apportée par les aliments et boissons ultra-transformés dans 22 pays européens. La méthode diffère de celle de l'enquête britannique, d'où des chiffres plus bas, mais elle permet de comparer les pays entre eux.

Le Royaume-Uni y arrive à près de 40 % chez les hommes et 41 % chez les femmes. La France se situe à 28,4 % et 29,1 %, légèrement au-dessus de la moyenne européenne. L'Italie ferme la marche avec environ 13 %.

Le détail est moins flatteur pour l'Hexagone. En France, la première source de calories ultra-transformées est ce que l'étude appelle les « produits de boulangerie fine » : viennoiseries industrielles, biscuits, gâteaux emballés. Ils pèsent 38 % de ces calories chez les hommes et 40 % chez les femmes, loin devant les sauces, autour de 12 à 13 %. Les données françaises proviennent de l'enquête INCA3, menée en 2014-2015.

Autrement dit, le croissant du dimanche matin n'est pas vraiment en cause. Le paquet de madeleines qui traîne au bureau, un peu plus.

Ce que dit la recherche

En novembre 2025, la revue The Lancet a publié une série en trois parties consacrée au sujet, rédigée par 43 chercheurs sous la direction de l'épidémiologiste brésilien Carlos Monteiro, à l'origine de la classification NOVA. Sur 104 études de long terme examinées, 92 associaient une alimentation riche en produits ultra-transformés à un risque accru de maladies chroniques. Les méta-analyses établissaient un lien avec douze pathologies, dont l'obésité, le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires.

L'industrie agroalimentaire juge la catégorie trop large, et elle n'a pas entièrement tort : le fromage, le pain ou la boîte de tomates pelées sont eux aussi transformés. Les chercheurs visent quelque chose de plus précis, des formulations industrielles à base d'ingrédients bon marché et d'additifs, conçues pour remplacer les plats que l'on préparait soi-même.

Cinq règles venues du Kent

Au Royaume-Uni, une réponse vient de Ramsgate, sur la côte du Kent. L'épicerie bio Whole Food Earth y a lancé un mouvement gratuit baptisé The Whole Plate. Son principe tient en une phrase : la plus grande partie de l'assiette, la plupart du temps, doit être composée d'aliments bruts ou peu transformés.

Il s'accompagne de cinq règles, volontairement souples :

- Si votre grand-mère ne le reconnaîtrait pas comme de la nourriture, réfléchissez-y à deux fois.

- Cinq ingrédients ou moins, presque toujours.

- Cuisinez chaque semaine un repas de plus que la semaine précédente.

- La moitié de l'assiette en végétaux : frais, surgelés, en conserve ou secs, tout compte.

- Les douceurs restent au menu, à condition d'être faites de vrais ingrédients et mangées en connaissance de cause.

La première aurait presque pu être écrite en France.

Un repas de plus par semaine

C'est la troisième règle qui devrait intéresser les expatriés pressés. Elle ne demande ni régime ni calcul, seulement de remplacer, une fois par semaine, un plat tout prêt par quelque chose de fait maison. Une soupe de lentilles, une quiche avec une pâte brisée maison, un gâteau au yaourt le dimanche : autant de recettes que beaucoup de Français savent faire sans y penser, et qu'on oublie facilement quand les rayons du supermarché proposent tout, prêt à réchauffer.

Retrouver ses ingrédients habituels reste parfois un petit casse-tête de ce côté de la Manche. Whole Food Earth livre partout au Royaume-Uni céréales, légumineuses et ingrédients pour la pâtisserie maison, mais un marché de quartier fait très bien l'affaire aussi.

Ceux qui veulent se lancer peuvent s'inscrire gratuitement à un programme de 30 jours : un court e-mail par jour, avec une substitution, une recette ou une idée. Les messages sont en anglais, ce qui ne devrait pas décourager grand monde parmi les lecteurs installés outre-Manche. Rien à acheter, rien à compter.

Que l'initiative vienne d'une entreprise qui vend des produits bio mérite d'être noté. Les règles, elles, fonctionnent tout aussi bien avec un panier rempli à Borough Market ou au supermarché du coin.

Les règles et l'inscription sont à retrouver sur wholefoodearth.com.

Publié le 12 octobre 2026, mis à jour le 12 octobre 2026

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