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Les petits expats : échanger et faire découvrir le monde aux enfants

Par Marie-Pierre Parlange | Publié le 01/12/2017 à 08:00 | Mis à jour le 01/12/2017 à 10:11
Photo : Emilie et ses enfants
les petits expats plateforme homeschooling

Connaissez-vous Les Petits Expats ? Cette plate-forme d'échange met en relation de jeunes expatriés et des classes françaises, Créé par Emilie, jeune maman de deux enfants résidant en Croatie, il a pour ambition de faire découvrir le monde aux jeunes enfants, tout en leur permettant de pratiquer le français de manière ludique.


 

 

A l’origine du projet Les Petits Expats, une jeune maman qui, comme beaucoup de ceux qui partent en expatriation, a dû se réinventer. Il y a deux ans, Emilie et son conjoint font le choix de changer de vie.  « Cela faisait 10 ans que j’étais dans une agence de communication. J’avais le sentiment d’avoir fait le tour. Mon conjoint était à son compte. On avait une vie très prenante et envie de passer plus de temps avec notre fils Hugo. A force de parler de vivre à l’étranger, on l’a fait ! »

PrimostenDestination Primosten, un petit village typique de Croatie, en bord de mer. « La Croatie est un pays que j’ai d’abord découvert dans le cadre d’un déplacement professionnel. C’est aussi le pays d’origine de mon mari, qui parle la langue. Pendant 10 ans, nous sommes venus passer nos vacances dans ce pays magnifique, pas très cher, très authentique. C’est comme si on avait été appelé, aspiré par la côte croate ! ». Loin des grandes villes, Emilie apprécie toutefois de ne pas être au bout du monde et de garder la possibilité de rentrer en France facilement par avion, voire en voiture si nécessaire. « Cette expatriation est assez facile parce qu’on n’est pas trop loin. On est très attaché aux liens de la famille, mais on a eu envie de vivre pour nous » explique-t-elle.

 

Le problème de l’école



Cette décision de tout recommencer, au-delà du changement d’environnement professionnel, a fait réfléchir Emilie sur l’éducation qu’elle souhaitait offrir à ses enfants (une petite Luna est née sur place). « Nous sommes arrivés en cours d’année. Hugo avait 4 ans et demi et n’avait pas de place dans l’école du village. Cela a été une vraie douche froide. J’étais un peu perdue. En bonne française, j’estimais que les enfants doivent passer la journée à l’école dès l’âge de trois ans.  »
Emilie se voit donc contrainte de trouver elle-même les ressources pour éveiller Hugo : « J’avais peur qu’il manque de stimulation intellectuelle. J’ai été contrainte au début de faire l’école à la maison. Je ne suis pas enseignante. : intéresser l’enfant, capter son attention, lui transmettre l’envie d’apprendre, c’est difficile. » Emilie veut aussi que son enfant s’intègre socialement et apprenne la langue locale.


 

Un déclic arrive l’été, lorsqu’Hugo retrouve un vieux ballon qui s’avère être une mappemonde.  « Il posait des questions, l’occasion pour moi de lui poser des questions de géographie. » C’est alors que germe l’idée de créer un projet « Hugo découvre le monde » pour permettre à plusieurs enfants d’entrer en contact et de présenter leur pays de résidence. ? Publier un appel sur le groupe Facebook Expats Parents pour recevoir des cartes postales (ou autres supports papier ou vidéos) d’autres enfants expatriés des 4 coins du monde.

 

Les petits expats

 

L’idée débouchera quelques mois plus tard sur le site « Les Petits Expats » et sa page facebook qui permettent de jeter des ponts entre les enfants de différents pays,  mais aussi entre eux et des écoles, en recensant les appels à projets de chacun. « Entre les parents qui cherchent à maintenir le niveau de français de leurs enfants et les enseignants qui ont des projets de correspondance à l’international, je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire. Ce contact avec les écoles en France donne un rôle valorisant aux enfants qui deviennent des petits reporters, de petits ambassadeurs. Cela peut permettre aussi à ceux qui ont du mal avec l’expatriation de garder un lien avec la France, et de travailler autour de projets ludiques, avec le soutien d’un instituteur. C’est riche de sens. »

 

Recherche jeunes supporters de foot !
 

Le site n’existe que depuis quelques semaines, mais il permet déjà des mises en relation intéressantes, à l’instar de cette classe de CM2 de Saône et Loire qui cherche des petits expats amateurs de foot pour travailler sur le thème "Supporters de demain", autour des valeurs du sport. Ils souhaitent réaliser un mur de photos.
Il y a aussi une classe de CP du Val de Loire qui cherche à correspondre avec un CP au Québec, ou encore des enfants partant faire le tour du monde qui proposent de partager leurs découvertes avec les écoliers français.

 

Aujourd’hui Hugo a 6 ans. Il va à l’école maternelle mais sa maman a encore du temps à lui consacrer vu qu’elle n’est ouverte que deux heures et demie par jour et seulement d’octobre à mars ! Un héritage du passé communiste de l’ex-Yougoslavie où les mamans touchent leur salaire pendant leur congé de maternité jusqu’aux 6 ans de leur enfant. Mais ce n’est plus une contrainte, le regard d’Emilie sur l’éducation a changé. « On se prend au jeu quand on reçoit tous ces messages de profs ou de parents. J’aimerais que le site Les Petits Expats prenne de l’ampleur et pouvoir continuer à faciliter la tâche des parents et enseignants dans leurs projets de découverte du monde. Cette expatriation m’a ouvert les yeux : l’école de de la vie est tout aussi enrichissante que l’école classique, et beaucoup plus ludique ! »



 

petits expats

 


NB: Les Petits Expats recherchent des familles expatriées intéressées par des projets de correspondance (de toutes sortes, pas juste des cartes postales ou des lettres) avec des écoles de France. L'occasion pour les juniors expats de travailler sur des projets ludiques et pédagogiques au travers de leur langue maternelle, d'être en contact avec des classes de métropole et surtout l'occasion pour eux d'endosser le rôle d'ambassadeur de leur pays... N’hésitez pas à consulter le site ou la page Facebook pour en savoir plus !

Marie Pierre Parlange

Marie-Pierre Parlange

Diplômée de l'EM Lyon, de chinois et d’Histoire de l'Art, elle a vécu de nombreuses expatriations, de Milan à Singapour en passant par Istanbul, Casablanca, Pékin ou Bangkok. Elle a rejoint lepetitjournal.com en 2008 et en est la directrice éditoriale.
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