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Assurance retraite au Luxembourg : pourquoi et comment compléter sa pension quand on est travailleur

Le système de pension luxembourgeois reste l’un des plus généreux d’Europe. Mais il ne remplace pas la totalité du salaire, et ses règles se durcissent. Pour maintenir leur niveau de vie, de plus en plus d’actifs se tournent vers l’assurance retraite, un contrat d’épargne qui offre aussi une déduction fiscale pouvant atteindre 4 500 € par an.

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Écrit par Article Partenaire
Publié le 9 octobre 2026

Qu’est-ce qu’une assurance retraite au Luxembourg ?

Une assurance retraite, aussi appelée contrat de prévoyance-vieillesse, est un contrat d’épargne à long terme. L’assuré verse de l’argent pendant sa vie active et récupère le capital constitué au moment de sa retraite. Au Luxembourg, ce type de contrat relève de l’article 111bis de la loi concernant l’impôt sur le revenu (LIR), qui lui donne droit à un avantage fiscal. Elle forme le troisième « pilier » du système de retraite luxembourgeois : • 1er pilier : la pension légale, versée par la Caisse nationale d’assurance pension (CNAP) ; • 2e pilier : la pension complémentaire mise en place par l’employeur, lorsqu’elle existe ; • 3e pilier : l’épargne retraite individuelle, que chacun choisit de constituer. Seul le premier pilier est obligatoire. Les deux autres servent à combler l’écart entre le dernier salaire et la pension. Pour ceux qui veulent prendre les devants, souscrire une assurance retraite reste le moyen le plus direct de se constituer ce complément.

Pourquoi la pension légale ne suffit-elle pas toujours ?

Selon l’OCDE, les retraités luxembourgeois ont le revenu relatif le plus élevé de la zone OCDE. La pension ne remplace pourtant pas tout le salaire : dans son étude économique sur le Luxembourg d’avril 2025, l’organisation estime que le taux de remplacement resterait autour de 75 % pour une carrière complète, même après les réformes envisagées. La baisse de revenu au moment du départ reste donc réelle. Le régime doit aussi faire face au vieillissement de la population. Plusieurs signaux montrent que les règles évoluent : • le taux de cotisation global au régime de pension est passé de 24 % à 25,5 % au 1er janvier 2026, à parts égales entre l’État, les salariés et les employeurs ; • la durée d’assurance exigée pour partir en retraite anticipée, à 57 ou 60 ans, augmente progressivement : un mois de plus en juillet 2026, jusqu’à huit mois de plus en 2030 ; • l’âge légal reste fixé à 65 ans. Dans son Livre vert sur le vieillissement de janvier 2021, la Commission européenne calculait toutefois qu’il faudrait travailler jusqu’à 72 ans au Luxembourg pour maintenir en 2040 le rapport entre retraités et actifs à son niveau de 2020.

Quel avantage fiscal offre l’article 111bis ?

C’est l’argument le plus mis en avant. Les sommes versées sur un contrat de prévoyance-vieillesse sont déductibles du revenu imposable, dans la limite de 4 500 € par an et par contribuable depuis le 1er janvier 2026. Ce plafond était de 3 200 € de 2017 à 2025. Les conditions à respecter : • le contrat doit être souscrit avant 65 ans et durer au moins 10 ans ; • l’épargne ne peut être récupérée qu’entre 60 et 75 ans, sauf maladie grave ou invalidité ; • l’épargnant doit être résident fiscal au Luxembourg, ou non-résident ayant opté pour l’assimilation fiscale aux résidents (article 157ter LIR). L’économie dépend du taux d’imposition de chacun. AXA Luxembourg donne deux exemples : • avec un revenu de 40 000 € et 1 500 € versés par an, le remboursement fiscal maximal atteint 420 €, soit un effort réel de 1 080 € ; • avec un revenu de 62 000 € et 4 500 € versés par an, il atteint 1 877 €, soit un effort réel de 2 623 €.

Comment l’épargne est-elle récupérée et imposée ?

À la retraite, l’assuré choisit la façon dont il touche son épargne : • en capital, versé en une seule fois ; • en rente viagère, versée chaque mois jusqu’à la fin de sa vie ; • en retraits programmés, ou en combinant ces formules. L’avantage fiscal à l’entrée s’accompagne d’une imposition à la sortie, mais elle reste allégée. Selon l’Administration des contributions directes, le capital est imposé au demi-taux global, comme un revenu extraordinaire. La rente viagère est exonérée à 50 %, le reste étant imposé comme une pension.

À quel âge faut-il commencer ?

Plus tôt l’épargne démarre, plus elle profite du temps. Les priorités changent toutefois avec l’âge : • À 30 ans : mettre en place des versements réguliers, même modestes, et préparer l’achat d’un logement remboursé avant la retraite ; • À 40 ans : accélérer la constitution du capital, en visant le plafond de déduction de 4 500 € par an ; • À 50 ans : maximiser les versements et réduire progressivement la part de placements risqués. Un départ à 50 ans laisse encore plus de 10 ans avant 60 ans, ce qui permet de respecter la durée minimale exigée pour l’avantage fiscal.

Comment choisir son contrat ?

Les offres se ressemblent sur le cadre fiscal, mais diffèrent sur plusieurs points. Avant de signer, il est utile de comparer : • le versement minimum : chez AXA Luxembourg, il démarre à 50 € par mois ; • les supports d’investissement : fonds à taux garanti ou unités de compte, plus rémunératrices mais sans garantie de capital ; • la gestion : certains contrats réduisent automatiquement le risque à l’approche de la retraite ; • la souplesse : possibilité de modifier ses versements ou d’effectuer des versements complémentaires ; • la garantie décès : le capital doit pouvoir être reversé au bénéficiaire désigné en cas de décès avant le terme ; • les frais : frais d’entrée, de gestion et d’arbitrage, qui pèsent sur le rendement à long terme.

Ce qu’il faut retenir

• la pension légale luxembourgeoise remplace environ 75 % du salaire pour une carrière complète, selon l’OCDE ; • l’assurance retraite (3e pilier) permet de compléter ce revenu ; • les versements sont déductibles jusqu’à 4 500 € par an (article 111bis LIR) ; • le contrat doit être souscrit avant 65 ans et durer au moins 10 ans, avec une sortie entre 60 et 75 ans ; • à la sortie, l’épargne est imposée, mais à taux réduit.

Questions fréquentes

Un frontalier peut-il bénéficier de la déduction 111bis ?

Oui, à condition d’opter pour l’assimilation fiscale aux résidents (article 157ter LIR) dans sa déclaration d’impôt luxembourgeoise.

Peut-on récupérer son épargne avant 60 ans ?

En principe, non. Les prestations sont versées entre 60 et 75 ans. Un remboursement anticipé n’est admis qu’en cas de maladie grave ou d’invalidité.

Le plafond de 4 500 € est-il par foyer ou par personne ?

Par contribuable. Un couple marié peut donc déduire jusqu’à 9 000 € par an si chacun des conjoints détient son propre contrat.

Que devient l’épargne en cas de décès ?

Le capital constitué est versé au bénéficiaire désigné dans le contrat.


 

Publié le 9 octobre 2026, mis à jour le 9 octobre 2026