Les ministres de la Défense et des Affaires étrangères de l'Union européenne se retrouvent mardi et mercredi en Irlande, en pleine recrudescence d'attaques "hybrides" attribuées à la Russie et de frappes massives contre l'Ukraine.


"La Russie intensifie ses attaques pour faire le plus de mal possible au peuple ukrainien, afin de le briser", a commenté mardi la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas, peu avant une réunion des ministres de la Défense de l'UE à Wicklow, près de Dublin.
Au moins 12 personnes ont été tuées mardi à Kiev et dans sa région lors de nouvelles frappes nocturnes massives russes, le président Volodymyr Zelensky appelant ses partenaires à lui fournir davantage de capacités de défense antibalistique.
Moscou avait affirmé lundi se préparer à des "frappes massives" contre les infrastructures énergétiques en Ukraine.
Pour espérer protéger ses villes et ses infrastructures, Kiev dispose de toute une batterie d'intercepteurs, mais manque cruellement de ceux qui permettent de contrer les tirs de missiles balistiques russes, notamment les Patriot de fabrication américaine.
"Nous savons que certains pays disposent d'intercepteurs qui arriveront bientôt à expiration. Il serait donc très souhaitable que ceux‑ci soient donnés à l’Ukraine", a expliqué Kaja Kallas.
Les ministres de la Défense vont une nouvelle fois faire le tour de table des pays disposant de tels intercepteurs, dans l'espoir de les convaincre à faire un effort supplémentaire.
"Ceux qui ont fourni des systèmes de défense aérienne à l'Ukraine ont déjà accompli beaucoup", a reconnu un responsable européen avant cette réunion, mais "d'autres doivent encore en livrer, et c'est là que portera notre travail".
- Attaques "hybrides" -
Ministres de la défense et chefs de la diplomatie se retrouvent aussi après une série d'attaques sur le sol européen attribuées à la Russie.
L'Allemagne "est davantage entrée dans le viseur d'attaques hybrides", a déclaré la semaine dernière le chancelier allemand Friedrich Merz. Berlin désigne ainsi les tentatives de sabotage, de désinformation et d'espionnage sur son sol, en hausse depuis le début de la guerre en Ukraine et imputées à la Russie.
Début août, un drone chargé d'explosifs a été découvert dans la zone sécurisée des opérations de fret de l'aéroport de Leipzig (est), à proximité de plusieurs avions-cargos ukrainiens.
Cet aéroport est considéré comme un point de transit important pour les livraisons d'aide militaire à l'Ukraine dans sa guerre contre la Russie.
En dépit d'autres attaques de ce type, les responsables européens sont jusqu'à présent restés prudents dans leur réponse, même si Berlin a promis de "faire payer les auteurs" d'attaques hybrides.
"Ils testent constamment le seuil, la limite de la ligne rouge", a déclaré mardi le ministre estonien de la Défense, Hanno Pevkur. "Mais nous gardons aussi la tête froide, et nous ne réagirons pas de manière excessive tant qu’il ne s’agit pas d’une attaque militaire".
Certains services de renseignement s'inquiètent aussi d'une éventuelle attaque de la Russie contre un pays de l'Otan.
Selon les médias américains, le patron de la CIA, John Ratcliffe, s'est rendu fin août à Moscou pour mettre en garde la Russie contre toute attaque contre un membre de l'Otan, alors que des évaluations des services de renseignement américains indiquent que Moscou pourrait chercher à mettre l'alliance à l'épreuve.
Une première discussion autour d'une liste de 1.600 individus et entités russes devrait avoir lieu mercredi entre ministres des Affaires étrangères, selon un responsable européen.
Les ministres vont également commencer à réfléchir à une réforme du service diplomatique de l'UE, que certains pays, comme la France et l'Allemagne, jugent insuffisamment efficace.
Le ministre britannique des Affaires étrangères Ed Miliband et son homologue ukrainien Andriï Sybiga seront présents mercredi à Wicklow, près de Dublin, à l'invitation de leurs collègues de l'UE.

























