Édition internationale

Mobilisation sociale du 17 octobre, les parlementaires des Français de l’étranger réagissent

Les manifestations du 17 octobre ont marqué les esprits en France mais aussi à l’étranger. Les députés et les sénateurs des Français de l’étranger nous ont partagé leurs réactions face aux mobilisations, aux violences mais aussi à la réaction gouvernementale.

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Écrit par Damien Bouhours
Publié le 19 octobre 2026

Sophie Briante Guillemont, sénatrice (ASFE) : «  Nous devons retrouver dans notre pays concorde et apaisement »

Je sais l’inquiétude des Français de l’étranger face aux images d’une violence spectaculaire qui circulent sur les écrans du monde entier. Il faudra sans doute un peu de temps pour comprendre précisément ce qui s’est passé, et notamment identifier les failles qui n’ont pas permis d’anticiper la présence d’un nombre aussi exceptionnel de casseurs. Mais une chose est certaine : nous devons retrouver dans notre pays concorde et apaisement.

Les mobilisations lycéennes du 17 octobre traduisent un malaise profond de notre jeunesse, auquel nous devons apporter des réponses politiques à la hauteur. Les revendications exprimées sont légitimes et doivent être entendues. Les inquiétudes concernant l’avenir, les conditions d’enseignement et les perspectives offertes aux jeunes générations ne peuvent rester sans réponse.

Pour autant, rien ne saurait justifier les violences, les dégradations ou les attaques contre les personnes, les pompiers et les forces de l’ordre. Il faut distinguer très clairement les jeunes qui exercent leur droit fondamental de manifester des individus qui instrumentalisent ces rassemblements pour commettre des actes de violence. Ce qui s’est produit samedi est inacceptable. Face à ces violences, la réponse de l’État doit être ferme, proportionnée et conforme aux principes de l’ordre républicain, dans le plein respect des libertés publiques.

L’intervention du Président de la République doit désormais se traduire par des actes concrets. Nous ne sortirons durablement de cette crise qu’en nous attaquant à ses causes profondes.

Au-delà de l’urgence, c’est bien notre capacité collective à préserver la paix civile et à redonner confiance dans nos institutions qui est en jeu. Notre pays a besoin d’apaisement, de dialogue et de perspectives, pas de nouvelles fractures. Je compte sur l’ensemble des institutions de la République pour sortir de cette crise par le haut.

 

Yan Chantrel, sénateur (PS) : « Le gouvernement devra en répondre »

Je condamne fermement les violences du 17 octobre, tant celles commises par les casseurs que celles subies par les manifestants. 

Ces violences invisibilisent les revendications légitimes de la jeunesse et les attentes de justice sociale. Mais elles ne doivent pas exonérer le Gouvernement de ses responsabilités dans l’anticipation des troubles et le maintien de l’ordre. Il devra en répondre.

C'est pourquoi avec mon groupe au Sénat, nous avons immédiatement demandé la création sans délai d’une commission d’enquête pour faire toute la lumière sur ces événements et apporter des réponses concrètes aux revendications sociales.

 

Hélène Conway-Mouret (PS) : « La France n’a pas à choisir entre l’ordre et la justice sociale »

Nous attendons du gouvernement qu’il soit très sévère avec les casseurs et qu’il réponde, en même temps, aux aspirations de la jeunesse et aux revendications légitimes d’une population en attente de solutions à ses problèmes. Car la France n’a pas à choisir entre l’ordre et la justice sociale, entre la sécurité et le droit de manifester, entre la condamnation des violences et la reconnaissance des difficultés de ses citoyens. Une démocratie solide doit être capable de défendre tout cela à la fois.

Les deux questions principales auxquelles nous devons répondre en urgence sont: 

1. comment répondre au plus vite aux attentes pacifiques dans tous les domaines - école, agriculture, énergie, transport, chômage - et s’assurer de les dissocier des violences de toutes natures qui ont profondément choqué le pays et bien au-delà ? 

2. Quelles propositions réalistes dans un budget très contraint le gouvernement peut-il consentir ? Quel dialogue peut il instaurer alors que les corps intermédiaires ont été affaiblis en dix ans et que sa seule écoute s’est limitée à des cahiers de doléances, oubliés et placés immédiatement dans des archives, et plus récemment à une plate-forme qui a recueilli plus de 100 000 contributions ? Les Français ont des choses à dire et aussi à proposer. Il suffit juste de les écouter, d’engager le dialogue et passer aux actes !  

 

Benoît Larrouquis, député (Ensemble !) : « Vu de l’étranger, ces images abîment l’image de la France »

Les images du 17 octobre ont été vues dans toute l’Amérique latine et les Caraïbes, et nos compatriotes établis à l’étranger en ont été profondément choqués. Mon soutien va d’abord aux forces de l’ordre, aux élus locaux et aux commerçants qui ont vu le travail d’une vie détruit en une nuit. Je pense aussi aux blessés, quels qu’ils soient.

Il faut être clair : il y a ceux qui manifestent, et ceux qui cassent. Les lycéens, les étudiants, les salariés qui ont défilé pacifiquement contre la vie chère expriment une inquiétude réelle, et le dialogue annoncé avec les organisations de jeunesse est la bonne réponse. Mais les rassemblements sauvages, les pillages, les mairies incendiées et les attaques contre nos policiers n’ont rien d’une revendication sociale. Ce sont des actes criminels, commis par des groupes d’ultragauche organisés et par des pillards qui ne sont pas venus défendre le pouvoir d’achat des Français, mais se servir dans les vitrines. Et je n’accepte pas que certains, par leurs silences ou leurs ambiguïtés, leur trouvent des circonstances atténuantes.

Face à cela, il ne doit y avoir ni excuse ni impunité. Chaque casseur identifié doit être interpellé, jugé et sanctionné, sans délai et sans faiblesse. Et chacun doit payer pour ce qu’il a détruit. Il n’est pas acceptable que les Français, déjà éprouvés par la vie chère, financent les dégâts de quelques-uns, au moment même où le Parlement examine le budget de la Nation et où chaque euro compte.

Vu de l’étranger, ces images abîment l’image de la France. Notre devoir est simple : l’État doit tenir, et la loi s’appliquer à tous. La République ne se négocie pas sur le pavé.

 

Mathilde Ollivier, sénatrice (Les Écologistes) : « le Gouvernement doit enfin assumer ses responsabilités »

Ce samedi, des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées pacifiquement partout en France pour soutenir les revendications légitimes des jeunes, nombreux dans les cortèges, et pour lutter contre la vie chère. 

Je condamne fermement toutes les violences auxquelles nous avons assisté, d'où qu'elles viennent. J'apporte mon soutien à l’ensemble des commerçants et condamne les tentatives d’intrusion au sein de plusieurs mairies, commissariat et autres bâtiments publics. 

Il est urgent de faire toute la lumière sur les défaillances du Gouvernement et sur la doctrine de maintien de l’ordre appliquée depuis trop longtemps, dont les dérives ont une nouvelle fois été manifestes ce samedi. C’est pourquoi les Écologistes au Sénat demandent la création d’une commission d’enquête parlementaire afin d’établir les responsabilités, d’examiner les choix opérés et de tirer toutes les conséquences de ces défaillances.

Face à une crise sociale profonde, le Gouvernement doit enfin assumer ses responsabilités et apporter des réponses politiques à la hauteur des attentes du pays.

 

Olivia Richard, sénatrice (UDI) : « Une société qui a peur de sa jeunesse n'a pas d’avenir »

Bien évidemment, la violence, le vandalisme et les incendies ne peuvent être admis.

En France, les crises s'enchaînent depuis les manifestations des Gilets jaunes : Covid-19, invasion russe de l'Ukraine, manifestations récurrentes du monde agricole, crise du logement sans précédent, réforme des retraites, déserts médicaux, éloignement des services publics...

La crise de la dette obère toute marge de manœuvre. Les marchés financiers n'ont plus confiance.

Dans ce contexte, les lycéens se sont mobilisés sur leurs conditions d’apprentissage, sur leur avenir.

Il ne faut pas oublier qu'en France, selon les mots de l'ancien gouverneur de la Banque de France, tous les choix budgétaires sont arbitrés en faveur des retraités, au détriment des jeunes.

Une société qui a peur de sa jeunesse n'a pas d'avenir. Il faut avancer ensemble pour construire une cohésion sociale mise à mal, dépasser la polarisation des opinions et celle des débats.

 

Mélanie Vogel, sénatrice (Les Ecologistes) : « Cette situation n’aurait pas dû voir le jour »

La liberté de manifester est un droit fondamental, un pilier de notre République. 

Cette liberté a été exercée par des centaines de milliers de de manifestants pacifiques a travers le pays malgré une situation d’abord tendue, puis hors de contrôle.

La violence, les saccages, la destruction de bâtiments publics n’ont pas leur place dans le mouvement social. Ces actes ne sont pas justifiables et doivent être condamnés.

Cette situation n’aurait pas dû voir le jour. Le choix du gouvernement de laisser pourrir la situation, la volonté d’étouffer le mouvement social et ses revendications légitimes, le schéma du maintient de l’ordre, vanté par le ministre Nuñez, sont un échec sur toute la ligne.

Le vide de l’allocution du président de la république a laissé les Françaises et les Français dans l’incompréhension. Aucune remise en question, aucune prise de responsabilité, aucune mesure concrète n’a été annoncée, aucun débouché politique précis, alors que l’attente de réponse de fond est ce qui anime le mouvement social.

Le Premier ministre quand à lui commence à baliser un chemin très dangereux. Attaquant « l’ultra gauche », alors que la procureure de Paris elle même a déclaré être parfaitement incapable à ce stade de faire un lien entre les violences et des mouvements politiques, il a évoqué le déclenchement de l’état d’urgence. C’est une poursuite de la stratégie de mépris et de pourrissement choisie par l’exécutif. Elle ne peut déboucher sur aucune solution sans réponse de fond aux revendications sociales profondes et légitimes.

 

Caroline Yadan, députée (Renaissance) : « Le dialogue avec la jeunesse est essentiel »

On peut comprendre la colère des lycéens confrontés à des cours annulés faute de professeurs, à des classes surchargées, à des locaux vétustes et à l’incertitude qui pèse sur leur avenir professionnel.

Le dialogue avec la jeunesse est essentiel et ses préoccupations doivent être entendues.

Mais rien, absolument rien, ne saurait justifier la violence. Il ne peut y avoir aucune culture de l’excuse face à de tels débordements.

L’urgence est désormais de rétablir l’ordre, mais aussi d’identifier et de sanctionner rapidement les casseurs, en mobilisant tous les moyens légaux nécessaires pour éviter que les auteurs de ces exactions ne se sentent impunis.

C’est tout le sens du projet de loi « casseurs-payeurs », qui sera examiné au Sénat à la fin du mois d’octobre. J’y suis favorable et le soutiens sans réserve. Le principe est simple : celui qui casse doit payer, celui qui détruit doit réparer. Aucun casseur ne doit pouvoir agir avec le sentiment qu’il restera impuni. Chaque acte de violence, chaque dégradation doit entraîner une réponse judiciaire effective et, lorsque la responsabilité de son auteur est établie, une obligation de réparation.

Il est temps de mettre fin à une situation dans laquelle les victimes supportent trop souvent les conséquences financières de violences qu’elles n’ont pas commises.

Je tiens enfin à souligner l’immense responsabilité politique de Jean-Luc Mélenchon dans toute cette séquence. Nombre de responsables insoumis haranguent les lycéens, dont le mouvement est souvent dirigé par des syndicats liés à LFI, et mettent le feu aux poudres.

À force de souffler sur les braises, les Insoumis font le jeu de Marine Le Pen. En attisant la colère et en encourageant la contestation, ils lui offrent sur un plateau le rôle qu’elle attend : celui de la responsable politique qui réclame le retour à l’ordre face à la « bordélisation » du pays.

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