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Et vous, quelle est votre idée pour le français ?

Par Justine Hugues | Publié le 28/01/2018 à 19:41 | Mis à jour le 28/01/2018 à 19:44
Mon idée pour le français - plateforme citoyenne - francophonie

Jean-Baptiste Lemoyne, Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, et Françoise Nyssen, ministre de la culture, lançaient le 26 janvier une consultation citoyenne inédite. La plateforme « Mon idée pour le français » a vocation à recueillir les propositions de tout un chacun pour donner un coup d’éclat à notre bonne vieille langue de Molière dans le monde. Contexte et mode d’emploi.  

Le salon d’honneur du quai d’Orsay grouille de francophiles en ce vendredi matin.  Parlé par près de 300 millions de personnes et seul, avec l’anglais, à être enseigné sur tous les continents, le français a de bonnes raisons de ronronner. 

Ivan Kabacoff, journaliste chez TV5 monde et responsable de l’émission « Destination francophonie », raconte :« En 2012, lorsque nous avons lancé le programme, je me disais que je serais vite à court d’idées. Près de 200 émissions plus tard, je me rends compte que les sujets autour des personnes et institutions qui font vivre la francophonie sont infinis. Saviez-vous qu’il y a dans les bidonvilles de Nairobi une méthode pour apprendre le français avec le football ? Ou que la télévision publique suédoise diffuse chaque semaine une série pour donner envie d’apprendre le français ? »

 

« Le français, soleil qui brille hors de l’Hexagone »

Quand il s’agit d’imager l’influence de notre langue, Jean-Baptiste Lemoyne emprunte les propos de Senghor. Pour le secrétaire d’Etat, qui se définit comme un militant de la francophonie, «  le président a fait une promesse, celle de faire de la langue française une cause nationale et de préserver le patrimoine linguistique que nous avons en commun avec de nombreux peuples. Il est temps de passer aux travaux pratiques, le compte à rebours a commencé ». 

Après des décennies de rapports et recommandations, le gouvernement semble bien décidé à mettre les bouchées doubles pour faire évoluer l’image et la pratique de notre langue. «  La francophonie est un espace d’opportunités considérable, encore faut-il le savoir. On pense souvent au français comme langue de culture, beaucoup moins comme langue des affaires. Or, nous pays francophones, représentons entre 20 et 25% du PIB mondial. Ce n’est pas rien ». 

 

Jean-Baptiste Lemoyne
M. Lemoyne lors du lancement de "Mon idée pour le français" @ Justine Hugues

 

Pour Françoise Nyssen, «  nous sommes restés au milieu du gué quand il faudrait construire des ponts à double sens. Partout où l’on voyage, on perçoit un fort désir d’apprendre le français ». La ministre de la culture souhaite faire de la francophonie une politique d’avenir « On entend parfois : est-ce que francophonie aurait pu rimer avec colonies ? La seule façon de ne pas penser la francophonie au passé, c’est le dialogue, pas le repli. C’est une passerelle vers d’autres littératures, cultures, façons de penser. C’est un vecteur de diversité ». Pour ce faire, Madame Nyssen entend bien encourager toutes les manifestations de la francophonie culturelle. Si elle dit vouloir accueillir en France plus d’artistes et étudiants francophones, elle insiste sur l’autre sens du « pont ». Les chanteurs, auteurs et cinéastes français devraient être davantage accompagnés. 

 

 Une façon moderne de concevoir les politiques publiques

Le vaste chantier de la francophonie lancé par le gouvernement Macron prend volontairement des airs de démocratie participative.

On est dans une logique d’interaction totale avec les francophones du monde entier. Ce ne sont pas seulement quelques savants enfermés dans un bureau, mais surtout vous qui pouvez avoir un point de vue. Ce point de vue a une valeur et doit être discuté

Interrogé sur l’abandon du Ministère de la Francophonie, M. Lemoyne défend une vision moderne et collaborative des politiques publiques. « La marque de fabrique du gouvernement, c’est le travail en équipe. L’absence de l’intitulé dans un portefeuille ministériel ne signifie pas l’absence d’action, bien au contraire. Je pense qu’on n’a jamais autant agi pour la francophonie qu'au cours de ces derniers mois ».

 

Comment participer ? 

Rendez-vous sur le site dédié et déposez vos idées. « Il n’y a pas de critère pour participer, si ce n’est d’aimer notre langue et d’avoir une idée pour la promouvoir », rappelle M. Lemoyne. Les propositions seront étudiées au fur et à mesure jusqu’au 20 mars, date de fin de la mobilisation, et feront l’objet d’une synthèse remise au gouvernement. 

L’idée jugée la plus originale et la plus pertinente se verra récompensée. A l’image des trophées des Français de l'étranger du site lepetitjournal.com, le ou la gagnante sera invité(e) à Paris à la fin du mois de mars.  

En manque d’inspiration ? Prenez-donc exemple sur l’équipe francophonie du gouvernement. M. Lemoyne tient par exemple à ce que les robots du futur parlent le français. Madame Nyssen quant à elle, souhaite favoriser l’apprentissage du français à travers le théâtre et milite pour le sous-titrage systématique en français des films étrangers.  

Alors à vos claviers… et le monde parlera français. Hopefully ! 

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Justine Hugues

Justine Hugues

Après avoir travaillé 8 ans dans l’aide humanitaire et au développement (en Amérique Centrale, République Dominicaine et Birmanie) elle s'est reconvertie dans le journalisme avec l'ESJ Pro. Elle fait aujourd'hui partie de l'équipe de rédaction à Paris.
4 Commentaire (s)Réagir
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Youplaboum mer 31/01/2018 - 08:33

Le français, "seul, avec l’anglais, à être enseigné sur tous les continents" ? D'où vient cette information ? Petit doute. Par exemple, avec l'espagnol : https://en.wikipedia.org/wiki/Instituto_Cervantes#Locations Ca serait étonnant que des langues comme l'allemand ou le chinois ne soient pas enseignées non plus sur tous les continents.

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Cassandre lun 29/01/2018 - 15:29

Mon idée pour le français, c'est qu'il faudrait commencer par l'enseigner correctement aux...francais! Dès l'école primaire, et un bachelier ne devrait pas faire de fautes d'orthographe, on en est loin! On pourrait dépoussièrer le français de ses origines en supprimant les th et les pH vestiges de la langue grecque. Ainsi orthographe s'ecrirait ortografe. Le francais dispose de la lettre f, pas besoin de PH! TH n'a aucune utilité, sauf pour Thérèse si elles ne veulent pas écrire leur nom Térèse. Les espagnols ont depuis longtemps eu le courage de faire cette réforme. Et par pitié supprimer la féminisation des charges et métiers! C'est une complication de plus pour une langue qui n'a pas besoin. C'est ridicule et laid, j'espère que ça ne durera pas.

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Patalb jeu 15/02/2018 - 11:05

La féminisation de certains mots a eu pour conséquence la masculinisation de ces mêmes mots, et donc l'abandon du genre neutre de ces mots là. Du coup, quand on veut faire du neutre (ou de l' inclusif, comme on dit joliment), on est obligé de faire des expressions à rallonge qui vont faire fuir tous les apprenants (et même pas mal de locuteurs natifs) du français !!! Cette étape est tout simplement suicidaire. Au lieu de vouloir faire du neuf avec du vieux (masculin + féminin = neutre= tout le monde), comme c'est la mode actuellement, inventons de nouveaux mots pour faire du neutre et pour inclure. Sinon au lieu d’inclure, on va finir par exclure le français des langues attractives du monde.

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Cassndre lun 29/01/2018 - 14:46

Il me semble qu'il faudrait commencer par bien enseigner le français en France dès l'école primaire. Un bachelier ne devrait pas faire de fautes d'orthographe. Si les français n'y arrivent pas, qui alors? Peut être faut-il réformer notre langue? la dernière réforme importante date du XVIe siècle! Il faut se démarquer du grec et supprimer les ph et th comme dans orthographe qui devrait s'écrire ortografe en français. Nous avons les lettres pour exprimer ces sons pas besoin des vestiges du passé. Les espagnols ont sauté le pas et on écrit "ortografia" sans problème. De ce point de vue l'espagnol est plus dynamique que le francais pour adopter les mots étrangers avec une orthographe adaptée à leur langue. Et par pitié supprimer la féminisation des mots! C'est ridicule et laid, les mots n'ont las de sexe! On complique une langue qu'il faudrait au contraire simplifier.

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