Le soulèvement en Iran s’est poursuivi pour la troisième nuit consécutive entre le 8 et le 9 janvier à Téhéran et dans de nombreuses villes du pays, au douzième jour d’un mouvement de contestation défiant le pouvoir. Selon le Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne, les manifestations ont touché au moins 173 villes, avec des affrontements signalés dans plus de 330 localités.


La colère s’alourdit en Iran, le bilan humain aussi. Dans la capitale Téhéran, des vidéos publiées sur les réseaux sociaux et authentifiées par l’AFP montrent une foule dense rassemblée sur une grande avenue, des manifestants à pied ou en voiture klaxonnant. Des images diffusées par des chaînes persanes basées à l’étranger font également état de rassemblements importants à Tabriz (nord) et à Mashhad (est). Signe de la tension, l’ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks a rapporté une coupure d’internet à l’échelle nationale. Selon l’ONG, cette interruption s’inscrit dans une série de mesures de censure numérique visant les manifestations et entrave la communication du public.
L’ONG Iran Human Rights (IHR) fait état d’au moins 45 manifestants tués, dont huit mineurs
Affrontements, grèves et incendies de bâtiments officiels
Selon le Conseil national de la Résistance iranienne, des centres gouvernementaux ont été pris pour cible ou incendiés, notamment la station de radio-télévision d’État à Ispahan et des bases de la milice Bassidj. À Foladshahr, des habitants et des jeunes manifestants ont pris le contrôle de la ville, contraignant les forces de sécurité à se retirer. Des combats de rue ont été signalés à Téhéran et Andimeshk, tandis qu’une grève générale des marchés a été observée au Kurdistan et dans douze autres provinces.
À Téhéran, des affrontements ont eu lieu dans plusieurs quartiers, dont Ekbatan, Narmak, Sattar Khan, Sadeghieh, Nazi Abad, Tehran Pars et Yousef Abad. Des slogans tels que « Mort à Khamenei », « Mort au tyran, qu’il soit Chah ou Guide » ou encore « Azerbaïdjan a de l’honneur, Pahlavi est sans vergogne » ont été scandés dans différentes villes.
La contestation s'amplifie à Téhéran, internet coupé
Bilans humains et répression en Iran
Sur le plan humain, l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) a annoncé le 8 janvier 2026 la publication des noms de 13 nouveaux morts parmi lesquels sept adolescents âgés de 14 à 17 ans. Le vice-gouverneur du Khorassan-e Razavi a reconnu à la télévision d’État que cinq manifestants ont été tués le 7 janvier 2026 à Tchenaran par les forces de répression. De son côté, l’ONG Iran Human Rights (IHR) fait état d’au moins 45 manifestants tués, dont huit mineurs, ainsi que de centaines de blessés et de plus de 2.000 arrestations. Les autorités iraniennes et les médias d’État évoquent pour leur part au moins 21 morts, incluant des membres des forces de l’ordre, selon l’AFP.
“Une fois encore, le monde est témoin du courage du peuple iranien.
— Parlement européen en France (@Europarl_FR) January 8, 2026
L’Europe se tient à ses côtés.” @EP_President https://t.co/MSId6Cf02a
Des réactions internationales et politiques à la situation en Iran
Depuis Washington, Donald Trump a déclaré que les États-Unis « frapperaient très fort » l’Iran si les autorités « commençaient à tuer » des manifestants. Le ministre allemand des Affaires étrangères a dénoncé un « usage excessif de la force » contre des manifestants pacifiques et appelé Téhéran à respecter ses obligations internationales.
La Présidente du Parlement européen, Roberta Metsola a réagi aussi sur X, précisant que l’Europe se tenait aux côtés du peuple iranien. A l’heure où nous écrivons cet article, la France dit comprendre « les aspirations légitimes du peuple iranien à la liberté de s'exprimer et de manifester. Elle appelle les autorités iraniennes à la plus grande retenue” selon une source diplomatique relayée par Radio France.
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