Entre silences oppressants et déflagrations sonores, Daniel Roher signe un thriller sensoriel porté par un Leo Woodall magnétique. Plus qu’un simple film noir, Virtuose propose une expérience immersive où le son devient le véritable guide du spectateur.


L’immersion sensorielle résume parfaitement le style du film le Virtuose. Ici, le son n’accompagne pas simplement l’image, il est au cœur du récit et transforme la séance en expérience physique. Daniel Roher revendique d’ailleurs pleinement cette approche : « Je voulais que le film soit immersif, que les effets sonores nous permettent d’adopter le point de vue subjectif de Niki White. J’ai envie d’entendre ce qu’il entend. Je souhaitais faire un film noir, avec des enjeux, de la musique, des émotions, un film rythmé et marqué par des effets de montage. »
L’histoire se révèle particulièrement originale : doté d’une ouïe exceptionnelle, un jeune accordeur de piano voit sa vie basculer lorsque son talent attire l’attention de criminels qui l’entraînent dans une série de cambriolages toujours plus risqués. Malgré lui, il s’enfonce dans un engrenage dangereux qui pourrait lui coûter bien plus que sa liberté.
Leo Woodall impressionne de justesse
Face à Dustin Hoffman, on aurait pu croire que le jeune acteur britannique passerait au second plan. C’est pourtant tout l’inverse. Leo Woodall transperce littéralement l’écran par sa sincérité qu’il donne à son personnage, son extrême sensibilité et cette volonté féroce de dépasser le handicap. Daniel Roher explique ce choix avec admiration : « Il suffit de braquer la caméra sur ce garçon et il sait naturellement quoi faire. C’est le genre de comédien sans prétention, qui n’intellectualise pas les choses… Il se contente de jouer la scène. Il y a très peu d’acteurs qui possèdent l’aura d’une star de cinéma dans le sens classique du terme. Il est fascinant et il vous entraîne dans son monde. » Difficile de ne pas partager cet avis.

L’expérience autour du son du film le Virtuose est à vivre
Nous avons particulièrement aimé cette expérience construite autour du son. Même si certaines séquences mettent parfois l’oreille à rude épreuve, le jeu des silences et des extrêmes sonores s’avère indispensable pour s’immerger totalement La bascule progressive de Niki dans la délinquance est également traitée avec beaucoup d’émotion : rien n’est précipité ni facile. L’engrenage devient rapidement incontrôlable.
La dernière partie du film fait monter la tension avec une grande efficacité. À plusieurs reprises, on pense que le personnage va s’en sortir, qu’une échappatoire ou une forme de compassion va apparaître. Mais le Virtuose refuse les raccourcis et les facilités. Son final, à la fois musical et d’une intensité rare, laisse le spectateur presque sonné. Il nous a été difficile de quitter notre siège immédiatement après la projection. Vous l’aurez compris : nous recommandons vivement cette expérience.
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