La France et la Corée du Sud se sont réunies à Saint-Paul-de-Vence, pour discuter des menaces de l’intelligence artificielle dans le cinéma mondial, ce lundi 7 septembre. Afin de trouver des solutions face aux changements qui bouleversent le secteur, plus de 220 professionnels et responsables venus de 65 pays ont participé au premier Sommet Lumière. Au programme : avenir des salles de cinéma, intelligence artificielle, financement de la création et défense du cinéma indépendant.


Le cinéma mondial cherche des réponses face à la montée de l’IA dans le secteur. Lundi 7 septembre, la France et la Corée du Sud ont réuni à Saint-Paul-de-Vence, dans les Alpes-Maritimes, des représentants de 65 pays pour le premier Sommet Lumière. Le premier sommet international entièrement consacré à l'avenir du cinéma, de l'audiovisuel et du jeu vidéo
Le constat est préoccupant : une baisse de 14% des fréquentations d’entrées en salle de cinéma est enregistrée en France, selon Vie Publique. En parallèle, les plateformes de jeu sont en expansion, avec un chiffre d’affaires qui triplé en 10 ans.
L’IA et les plateformes au cœur des discussions
Aujourd’hui l’IA générative a occupé une place importante dans les débats. Les professionnels du cinéma s’inquiètent notamment de l’utilisation d’œuvres existantes pour entraîner des modèles, mais aussi du risque de voir certaines créations humaines remplacées par des contenus générés automatiquement.
Sommet sur le cinéma: Macron appelle à "reprendre le contrôle" sur l'IA
À l’ouverture du sommet, Emmanuel Macron a appelé à ne pas laisser la technologie prendre la place des artistes. « Nous ferions une erreur formidable si cette technologie devenait un instrument qui se substitue ou prétendrait se substituer aux auteurs ». La question des plateformes et des nouveaux contenus a également été abordée. Netflix, Disney, Canal+ et plusieurs grands studios étaient représentés, mais les principales entreprises d’IA et YouTube n’ont pas participé aux échanges.
Pour les organisateurs, l'objectif est désormais de trouver des règles communes entre les acteurs du secteur. Le sommet veut défendre le droit d’auteur, améliorer la rémunération des créateurs et réfléchir à la manière dont les salles peuvent retrouver leur place face à la multiplication des contenus disponibles sur les écrans.
« Nous avons besoin d’un nouveau multilatéralisme pour le cinéma et l’image animée »
Des mesures pour soutenir le cinéma indépendant
Plusieurs initiatives ont été annoncées pendant cette rencontre. La France et la Corée du Sud souhaitent renforcer leurs coopérations dans les industries culturelles et créatives. Un fonds franco-coréen d’un milliard d’euros sera débloqué pour soutenir davantage les investissements dans le secteur.
Le cinéma indépendant est également au centre des préoccupations. Une nouvelle initiative internationale baptisée Iris, soutenue par plusieurs réalisateurs et acteurs, doit disposer de 30 millions d’euros pour accompagner des projets indépendants à travers le monde.
Le sommet prévoit aussi de mieux conserver les anciens films et archives, de sensibiliser la jeunesse aux images et de réfléchir à la création d’un grand festival international du jeu vidéo. Pour Gaëtan Bruel, président du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), ce sommet doit permettre de construire une réponse collective. « Nous avons besoin d’un nouveau multilatéralisme pour le cinéma et l’image animée »
La ministre déléguée Éléonore Caroit a également participé aux échanges autour du Partenariat Lumière. Une initiative lancée dans le cadre du Sommet Lumière entre la France et la Corée du Sud, avec l’idée de soutenir les industries culturelles et créatives, en facilitant les investissements et en favorisant la création, par exemple. Elle a notamment défendu la possibilité de faire circuler des œuvres dans différentes langues. « Notre ambition est claire : permettre à des œuvres de tous horizons et dans toutes les langues d’être créées, financées et diffusées », a-t-elle déclaré.
Notre ambition est claire : permettre à des œuvres de tous horizons et dans toutes les langues d’être créées, financées et diffusées.
— Éléonore Caroit (@CaroitEleonore) September 8, 2026
La diversité culturelle n’est pas un frein à notre compétitivité. Elle en est un moteur. pic.twitter.com/4HrR3Kre6g
La France souhaite ainsi défendre un modèle de financement du cinéma. Reste désormais à transformer les annonces du Sommet Lumière en actions concrètes pour une industrie toujours plus menacée face à l’IA.
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