

Guillaume et Ahlam. Il codirige Lautreagence, elle est chef de produit chez BMW Casablanca (photo DR).
C'est aujourd'hui l'Aïd el-Kebir pour les musulmans marocains. Et Noël mardi pour les Français du Maroc. Pour Guillaume le Levreur, 30 ans, ce vendredi 21 décembre sera sa première "fête du mouton"en qualité de mari d'Ahlam, 29 ans, jolie marocaine qu'il a épousée en novembre dernier. Ce concepteur-rédacteur de "Lautreagence", agence de communication de Casablanca, a quitté sa ville de Nantes pour s'installer au Maroc il y a six ans. Pour lui, pas de doute, aujourd'hui est un grand jour : 'j'adore l'Aïd". Guillaume a acheté son premier mouton, comme sa belle famille. "Ils auront le leur, et moi le mien. L'Aïd est vraiment la fête musulmane que je préfère. Tuer un animal pour le manger, ne me gène pas. Mon père était chasseur, et j'ai moi-même chassé. L'homme est un carnivore, je n'ai pas de réticence morale à égorger un mouton, un animal que je trouve bien meilleur à manger ici qu'en France. Un exemple, le foie se mange quand il est encore un peu chaud. C'est un régal".
Au lendemain de l'Aïd el-Kebir, c'est la tête du mouton qui est servie en générale au petit déjeuner... De quoi repousser certains occidentaux invités à déguster les yeux, et les joues de l'ovin sacrifié... "Mais personne ne vous obligera à le faire", assure Guillaume.
Une odeur de méchoui géant
Le jour de l'Aïd el-Kebir est donc une grande fête au Maroc, même en dehors de sa symbolique religieuse (1). "J'aime aller me balader dans la Médina, dans les quartiers populaires. Il y a une odeur de méchoui géant. Les gamins qui sont plein de vie ici, courent partout, ils aiment aussi cette fête, ses odeurs de grillés"s'enflamme le Nantais.
L'Aïd el-Kebir est comme Noël, une fête religieuse porteuse de joie et de bonne humeur. Guillaume et Ahlam fêteront ensuite la Noël mardi, ...comme certains Marocains qui préparent le sapin, dégustent la bûche et se font des cadeaux. Depuis l'indépendance du Maroc en 1956, les Français ont laissé quelques sympathiques traditions dans le Royaume. "C'est une autre fête que l'on fera entre copains français et marocains"poursuit Guillaume.
L'agence de communication qu'il a créé il y a un an avec un autre Français, Yann de Linares, a donné un congé vendredi à ses salariés musulmans, "plus la journée de lundi en guise de cadeau". Les deux jeunes patrons français seront en congé mardi pour Noël. Même au travail, chacun respecte les tradition de l'autre. Pour Guillaume, le choix est plus facile. Il participe aux deux. C'est aussi cela la richesse de la mixité culturelle.
Didier BOUVILLE (www.lepetitjournal.com - Casablanca) vendredi 21 décembre 2007
(1) L'Aïd el-Kebir, signifiant littéralement "la grande fête", est la fête musulmane la plus importante. Également appelée "la fête du sacrifice", elle marque chaque année la fin du pèlerinage à La Mecque et a lieu le 10 du mois de Dhou al Hijja, dernier mois du calendrier musulman, après waqfat Arafa, ou station sur le Mont Arafat. Cette fête commémore la soumission d'Ibrahim à Dieu, lorsque le patriarche était prêt à sacrifier son fils aîné sur son ordre (Ismaël selon la tradition musulmane). Chaque famille, dans la mesure de ses moyens, sacrifie un mouton, mais parfois d'autres animaux, notamment vaches et chèvres en l'égorgeant, couché sur le flanc gauche et la tête tournée vers La Mecque (source Wikipédia).
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