

République Solidaire, c'est le nom du nouveau mouvement politique lancé samedi dernier par Dominique de Villepin. Sans dévoiler ses ambitions présidentielles, l'ex premier ministre semble bien vouloir se poser en alternative à son meilleur ennemi, Nicolas Sarkozy
Dans un discours fleuve prononcé devant 3.000 partisans à la Halle Freyssinet, dans le XIIIe arrondissement de Paris, Dominique de Villepin "déterminé", s'est posé comme le garant de la tradition républicaine française, qui serait en grand danger.
No Sarkozy
Sans jamais prononcé son nom, M. de Villepin (AFP) a dénoncé, avec virulence, tout au long de son discours la politique menée par le chef de l'Etat. "Non, nous n'acceptons pas qu'un gouvernement se lance dans une fuite en avant sécuritaire et que le Kärcher tienne lieu de politique ", a-t-il par exemple déclaré et d'ajouter "Nous sommes confrontés à un déni de réalité, avec un décalage toujours plus grand entre le discours et les actes". Sur le thème de la diversité, c'est un véritable appel à la résistance à l'encontre de la politique de l'Elysée qu'il a lancé : "Nous n'acceptons pas la logique des boucs émissaires, des dérives du débat sur l'identité nationale (...) Nous n'acceptons pas qu'un gouvernement instrumentalise la peur de l'autre, la peur de l'immigré, de l'étranger, la peur de l'islam. (?) Quand la France divise, ce n'est pas la France".
Tout un programme
Mais que se cache t-il derrière ce nouveau mouvement ? République Solidaire se veut "un mouvement de mission qui ira à la rencontre des Français, en particulier de ceux qui se sentent orphelins de la République". Cotés propositions, M. de Villepin a abordé les principaux sujets chers aux Français :
- Politique : "Un président au-dessus de la mêlée", avec des ministres "qui ne soient pas aux ordres des conseillers politiques de l'Elysée"
- Justice : rupture du lien entre le parquet et le pouvoir politique
- Presse : plus de liberté en interdisant "aux groupes dépendant étroitement de la commande ou de la régulation publique de posséder directement ou indirectement des médias".
- Déficits : création d'une tranche marginale d'imposition sur le revenu en contrepartie de la suppression de l'ISF
- Croissance : suppression de la loi sur les 35 heures et la baisse du coût du travail, en "transférant massivement les charges sociales des cotisations vers d'autres sources de financement" (prélèvements directs sur les revenus, taxation spéciale sur des revenus du capital).
- Retraites : augmentation de la durée de la cotisation sans hausse de l'âge légal du départ
Le nouveau visage de la droite en 2012
Mais surtout, en créant République Solidaire, Dominique de Villepin souhaite recueillir suffisamment de fonds pour faire campagne en 2012 et ainsi s'opposer à Nicolas Sarkozy. Et un de plus sur la liste a-t-on envie de dire ! En effet, alors que François Bayrou semble opérer un rééquilibrage à droite pour sauver son Modem, le président du Nouveau Centre, Hervé Morin, veut s'affranchir de la tutelle de l'UMP en se lançant dans la course à l'Elysée et tout cela sans compter la possible (et de plus en plus évoquée) candidature de Jean-Louis Borloo, chef du Parti radical. Nicolas Sarkozy pourrait alors bien faire les frais de la division. François Hollande a en tout cas appelé hier la gauche à ne pas spéculer sur un éventuel ?21 avril? à l'envers : ?Nous aurions tort de supputer dans une nouvelle concurrence à droite une chance supplémentaire? de victoire.
Claire Largillière (www.lepetitjournal.com) lundi 21 juin 2010
A lire :
Le Monde - L'appel aux "insoumis" de Dominique de Villepin
Le Figaro - Villepin lance son mouvement «République solidaire»
Le Nouvel Observateur - Les réactions à la création du parti politique de Villepin
Metro France - Sarkozy n'est plus seul à droite






































