Édition internationale

DOPAGE - Que risque Alberto Contador ?

Jugé cette semaine par le Tribunal arbitral du sport à Lausanne, l'Espagnol va devoir s'expliquer sur des traces de clenbutérol retrouvées dans ses urines lors d'un contrôle anti-dopage à Pau, en 2010, sur une étape de repos du Tour de France

Quel avenir pour Contador dans le cyclisme ? (Photo AFP)

"Quand vous n'avez rien fait de mal, vous n'avez rien à craindre. Je me bats pour mon honneur et il est impensable d'accepter quelque type de sanction que ce soit". Quelques jours avant son passage devant le Tribunal arbitral du sport (Tas) de Lausanne, Alberto Contador s'est montré confiant alors que les charges qui pèsent sur lui sont lourdes. Du 21 au 24 novembre, les trois juges du TAS devront décider si oui ou non le champion espagnol est reconnu coupable de dopage au clenbutérol, une substance décelée dans ses urines à l'occasion de la deuxième journée de repos à Pau, lors du tour de France 2010. Une épreuve qu'il remportait alors pour la troisième fois, après 2007 et 2009.
Les résultats de ses analyses sont en effet annoncés comme "anormaux" et les autorités de lutte anti-dopage soupçonnent le jeune homme de pratiquer des "auto-transfusions sanguines", le clenbutérol permettant, entre autres, de stimuler la fonction pulmonaire et de préserver sa masse musculaire. Face aux accusations, Alberto Contador et ses avocats dénoncent "une consommation de steaks contaminés", une défense qui ne séduit pas la Fédération royale de cyclisme espagnole qui décide de le suspendre un an. En appel, la version de la contamination est jugée recevable. Le Madrilène est alors blanchi mais ni l'UCI ni l'Agence mondiale anti-dopage ne sont satisfaites : les instances portent l'affaire devant le Tas de Lausanne, qui, après de nombreux reports, délibèrera enfin cette semaine.

L'Agence mondiale antidopage veille au grain
Chaque année, l'Agence mondiale antidopage établit une liste de produits mis "sous surveillance", et une autre qui contient ceux totalement interdits. Cette année, la nicotine a été ajoutée dans les substances à surveiller alors que celles utilisées pour lutter contre l'asthme sont devenues autorisées. L'AMA a également demandé aux fédérations et aux agences nationales antidopage d'effectuer plus de contrôles sanguins, pour mieux détecter notamment la prise d'hormones de croissance ou les transfusions sanguines.

Le passif de Contador

À l'approche de son procès, Alberto Contador n'a rien changé à ses habitudes, annonçant qu'il reprendrait la course en janvier 2012, lors du tour San Luis en Argentine. Le triple Vélo d'or mondial était même présent lors de la présentation du Tour de France 2012, en tant que leader de la Saxo Bank. Un Tour qu'il a remporté trois fois mais s'il était reconnu coupable de dopage, le jeune marié perdrait le titre acquis en 2010 devant Andy Schleck et risquerait une lourde suspension. Le verdict des juges du Tas devrait néanmoins intervenir début 2012, au vu de la complexité du dossier. Sont notamment prévus l'intervention du fameux boucher qui aurait vendu les steaks contaminés à Contador et le passage du coureur au détecteur de mensonges...
Reste que si le cycliste n'est poursuivi que dans le cadre du Tour de France 2010, les juges ne pourront occulter le fait que Contador traîne quelques casseroles bien embarrassantes… En 2006, déjà à la veille du Tour de France, l'affaire Puerto, impliquant une quarantaine de cyclistes éclate. La justice espagnole et l'UCI le blanchissent. En 2007, Le Monde révèle que le nom d'Alberto Contador est cité dans des documents du "docteur" Fuentès.  L'année d'après, le procureur italien anti-dopage le menace de lui interdire toute participation à des compétitions sur son territoire, mais il remporte tout de même le Giro. Enfin, en 2009, des soupçons sur sa capacité respiratoire sont émis lors de la 15e étape du tour de France entre Pontarlier et Verbier, alors qu'il attaque à cinq kilomètres du sommet avec une VO2 max jamais atteinte par un sportif. Reste que dans l'affaire des steaks contaminés il sera bien difficile, plus d'un an et demi après les faits, de prouver que l'Espagnol les  a mangés, ou pas.

 

Marie Varnieu (www.lepetitjournal.com) mercredi 23 novembre 2011

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