Alors que les États-Unis menacent de nouveau de frapper l’Iran, le 23 octobre, à Istanbul, un sommet inédit a réuni des puissances européennes et du Moyen-Orient. Le 26 octobre, le directeur du renseignement turc, accompagné de représentants pakistanais et saoudien, a effectué un déplacement à Téhéran. La Turquie s’impose plus que jamais comme une puissance diplomatique majeure au Moyen-Orient.
Depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump à la Maison-Blanche, le désengagement américain pourrait bien, à long terme, profiter à la Turquie. Deuxième armée de l’OTAN et à la pointe de l’industrie de l’armement, elle est devenue un acteur diplomatique incontournable pour les pays de l’Union européenne.
Dernier exemple en date : la réunion au format inédit organisée le 23 octobre à Istanbul, réunissant trois puissances européennes et du Moyen-Orient afin d’apporter des solutions aux problèmes de la région, en particulier à la réouverture du détroit d’Ormuz.
Les accords de La Mecque
Après l’offensive de Donald Trump contre l’Iran en février 2026, la République islamique a riposté en attaquant les pays voisins alliés des États-Unis. La Turquie, quant à elle, a su préserver ses marges de manœuvre diplomatiques, condamnant les attaques américaines et iraniennes, tout en cherchant à s’imposer comme une puissance médiatrice.
Le faible soutien direct des États-Unis a en outre poussé leurs alliés à se tourner vers d’autres acteurs pour assurer leur sécurité. Le 7 août 2026, les accords de défense de La Mecque ont été signés entre la Turquie, l’Arabie saoudite et le Pakistan. Un accord inédit qui redessine les alliances au Moyen-Orient.
Toutefois, les attaques des Houthis du Yémen (une milice chiite soutenue par l’Iran) contre l’Arabie saoudite ont, dès les mois suivants, soulevé des questions sur la portée concrète de ces accords, qui ne définissent pas clairement les modalités de cette défense mutuelle.
L’Arabie saoudite s’est tournée vers la Turquie qui, tout en dénonçant les attaques des Houthis, a annoncé qu’elle n’enverrait pas de forces militaires. Hakan Fidan, le ministre turc des Affaires étrangères, a alors affirmé : « Nous soutenons avec l’Arabie saoudite le gouvernement officiel yéménite en guerre contre les milices houthies. Mais, en même temps, nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour résoudre ce problème diplomatiquement. »
La Turquie au cœur des accords diplomatiques
C’est bien la diplomatie qu’Ankara entend privilégier, en se positionnant comme médiateur sur de nombreux dossiers. À la suite de la réunion du 23 octobre avec les pays européens, Hakan Fidan a affirmé son désaccord avec les États-Unis en cas de nouvelles attaques américaines. Puis, le 26 octobre, le chef du MIT, Ibrahim Kalın, s’est rendu à Téhéran avec le ministre saoudien de la Défense et le chef d’état-major pakistanais.
Dans un contexte de tensions croissantes entre Téhéran et Washington, la Turquie redessine les équilibres régionaux et pourrait bien, aux côtés du Pakistan — qui a accueilli en juin des discussions visant à parvenir à un accord entre l’Iran et les États-Unis —, jouer un rôle de médiateur dans le conflit entre les deux pays. Elle fait ainsi preuve d’une diplomatie entreprenante.











