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DÉONTOLOGIE – Mais que fait la police ?

Après l'affaire du commissaire Neyret, qui a révélé les pratiques sombres de la police française, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, a annoncé la mise en place d'une série de mesures pour renforcer l'éthique et la déontologie dans la police

 

"Il fallait tirer les leçons des événements qui s'étaient passés à Lyon", a affirmé Claude Guéant, le ministre de l'intérieur, alors qu'il se rendait sur place en début de semaine pour installer la nouvelle équipe dirigeante de la police judiciaire de la ville (Photo AFP). "Il est nécessaire de renforcer les appuis en matière d'éthique et de déontologie dans l'administration de la police judiciaire", a ajouté Claude Guéant.

Retour sur l'affaire Neyret
Au début du mois d'octobre dernier, un cataclysme a bouleversé le corps policier français. Le commissaire Michel Neyret, numéro deux de la police judiciaire de Lyon, est interpellé et mis en examen pour "trafic de stupéfiants, trafic d’influence, corruption, association de malfaiteurs, violation du secret professionnel et détournements de biens". Toujours en attente de jugement, il risque une peine de 10 ans de prison et 150.000 euros d'amende. A l'époque, Claude Guéant avait évoqué "un véritable traumatisme pour la police nationale", voyant en la personne du commissaire "un très grand flic, très efficace". Mais ses pratiques douteuses, comme l'utilisation du cannabis comme moyen de paiement des indics, ou encore ses relations malsaines avec des poids lourds du grand banditisme ont désacralisé l'image du policier au passé glorieux.

Le ministre crée un "code de déontologie"
Pour que l'affaire Neyret ne se reproduise plus, Claude Guéant veut mettre en place un "code de déontologie de la police nationale en liaison avec la nouvelle loi en matière de respect de la personne humaine". Le ministre veut également augmenter les échanges entre la police et l'IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale) avec la création d'une équipe d'appui à la pratique déontologique. Les forces de l'ordre pourraient alors se tourner vers eux quand "ils ont un souci ou une question". Enfin, le dispositif prévoit "la publication d'un code de traitement des sources, ça n'existe pas pour l'instant", a regretté le ministre. "Les difficultés rencontrées par les policiers viennent généralement du traitement des sources, il y a des règles précises à rappeler", a-t-il expliqué. "Il faudra toujours veiller à ce qu'il y ait un référent hiérarchique, que le fonctionnaire puisse se rapprocher de son chef pour lui demander un avis", a ajouté Claude Guéant.

Les policiers un peu gênés
Le secrétaire général du syndicat SGP-Unité Police FO, Nicolas Comte, a eu des réactions mitigées à la suite de ces annonces ministérielles. "Ça ne fait jamais de mal de renforcer la déontologie au cours de la formation, on ne peut que s'en féliciter", a-t-il reconnu à propos de la formation des policiers. Mais la création d'un nouveau code de déontologie ne le convainc pas : "tout est déjà dans le code qui est assez complet" selon lui. Surtout, il estime que la mise en cause de certains policiers ne doit pas amener à faire des amalgames sur la profession dans son ensemble. "Si des commissaires ont commis des erreurs, il est normal qu'ils soient sanctionnés. Mais on ne comprend pas trop pourquoi, suite à ces deux affaires de Lyon et Lille [dans l'affaire du Carlton ; ndlr], on rappelle tout à coup tout le monde à l'ordre."

J.B (www.lepetitjournal.com) vendredi 2 décembre 2011

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