Édition internationale

DECES- Philippe Seguin est mort

Le premier président de la Cour des comptes et ancien président de l'Assemblée nationale, Philippe Seguin, est mort dans la nuit de mercredi à jeudi d'une crise cardiaque. Il avait 66 ans

(Rédaction internationale)- Philippe Seguin a succombé cette nuit à une crise cardiaque. Il était âgé de 66 ans. Ancien président de l'Assemblée nationale et actuel président de la Cour des comptes depuis le 21 juillet 2004, l'homme était notamment connu pour sa personnalité au caractère bien trempé.

Une carrière politique bien remplie
Né le 21 avril 1943 à Tunis en Tunisie, Philippe Seguin (AFP) était passé par l'Institut d'Etudes politiques d'Aix en Provence puis par l'ENA. Sa première expérience, il l'avait faite en tant qu'auditeur de la Cour des comptes. C'est malheureusement également à la Cour des comptes qu'il fera la dernière, mais cette fois-ci en tant que premier président. De son passé politique, on retiendra notamment de lui son poste de ministre des Affaires sociales et de l'Emploi dans le gouvernement Chirac entre 1986 et 1988. Il aura également été président de l'Assemblée nationale française de 1993 à 1997 et président du Rassemblement pour la République (RPR) en 1997, il en claquera la porte en 1999, las de ses mauvaises relations avec Jacques Chirac. Apprécié de tous, il a également été député des Vosges de 1978 à 2002 et maire d'Epinal de 1983 à 1997.

Un gaulliste au caractère bien trempé
Occupant de hauts postes sous les présidences de Pompidou, Giscard d'Estaing, le gaulliste qu'il est ne reconnait pas dans leurs visions. Il invente alors le "séguinisme", traduisant ainsi son fort besoin d'indépendance à tel point que Jacques Chirac dira même de lui que c'est un "baryton sans orchestre". En 1992, il dit "non"au traité de Maastricht, craignant une perte d'indépendance de la France au profit de l'Union européenne. Mitterrand alors président de la République et partisan du "oui "acceptera même d'en débattre avec lui à la télévision. Lors de la transformation du RPR en UMP, le "grizzli"comme on le surnomme décide de quitter la vie politique et intègre finalement la Cour des comptes. Il est salué par ses collègues de l'institution financière comme un travailleur, "il était au bureau à 07h30 et repartait à 20h30 ou 21h00" a déclaré à l'AFP un conseiller maître à la Cour de comptes, Daniel Houry.

Un passionné du ballon rond
En disparaissant, Philippe Seguin laisse aussi vacante la place de président de la Commission Grands Stades Euro 2016. C'était en fait depuis sa jeunesse un fervent fan du ballon rond. Toujours présent dans la tribune présidentielle du Parc des Princes, il n'en critiquait pas moins la vision française du football "En France, on est resté sur une conception archaïque. Le stade est considéré comme un équipement collectif, financé par les communes et l'Etat. Le club locataire verse une redevance aux collectivités publiques. Cette vision n'est plus viable". Un des derniers rapports de la Cour des comptes publié en décembre préconisait d'ailleurs la privatisation des stades.

La classe politique lui rend hommage
De gauche comme de droite, l'annonce de sa mort a ému la classe politique. L'ancien Premier ministre, Lionel Jospin a rendu hommage à "un fort caractère et un homme qui s'inscrivait dans une tradition gaulliste". Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a regretté la disparition "d'une personnalité politique de première importance". "Il a contribué à la vie démocratique avec un talent incomparable, des convictions extrêmement fortes et un caractère extrêmement attachant même si ce caractère était l'objet de courroux aussi brusques qu'inattendus". Jean-Pierre Raffarin a souligné, lui, "les fortes convictions, le courage et l'audace"de ce monument de la politique.

Ses Mémoires se terminaient par "à suivre", une belle pirouette pour ce grand serviteur de l'Etat qui évitait par ce moyen d'y apposer le mot "fin".
Magali MASSA (www.lepetitjournal.com) jeudi 7 janvier 2010
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