Lundi 10 août 2020

INCLUSION SCOLAIRE - Un concept prometteur ou une simple utopie ?

Par Lepetitjournal Cologne | Publié le 23/09/2014 à 23:00 | Mis à jour le 24/09/2014 à 08:20

 

Depuis 2009, la Convention Relative aux Droits des Personnes Handicapées impose l'inclusion dans les écoles allemandes. "L'inclusion scolaire" consiste à intégrer des enfants handicapés dans le système éducatif standard. Les parents ont le choix d'envoyer leurs enfants handicapés dans une école spécialisée ou ordinaire. Le point sur ce sujet controversé.

Les classes communes d'enfants avec et sans handicap existent depuis longtemps dans de nombreuses écoles allemandes. Pourtant lorsque l'on interroge la population, il apparait que peu de gens connaissent le concept de l'inclusion. En Allemagne, près de 500.000 élèves ont un besoin éducatif particulier : 28% d'entre eux sont scolarisés en milieu ordinaire et 72% en établissement spécialisé.

L'inclusion oui, mais pas à n'importe quel prix

L'inclusion est bien accueillie par de nombreux citoyens allemands. Les Länder réalisent même une économie grâce à ce système. Adieu, écoles spécialisées coûteuses ! Mais ils n'ont pas pris en compte le coût de transformation des écoles ordinaires. Les infrastructures doivent être adaptées et les enseignants ont besoin de formations supplémentaires. De plus, des éducateurs doivent être recrutés pour assister les cours. Klaus Klemm, chercheur dans le domaine de la formation, a fait une estimation des coûts en Rhénanie du Nord-Westphalie. Selon lui, le Land a besoin de 76 millions d'euros d'investissements dans des aménagements répartis sur une période de trois ans et 37 millions d'euros pour engager du personnel supplémentaire. Mais les Länder et les communes rechignent à dépenser de telles sommes.

Encouragement des enfants ? exigences trop grandes pour les enseignants

Une étude de l'Institut allemand pour le Développement de Qualité dans l'Enseignement dévoile que des enfants avec un besoin éducatif particulier en milieu scolaire classique apprennent mieux que ceux qui fréquentent des écoles spécialisées. Mais ce projet est confronté à de nombreuses difficultés. Les classes spécialisées ne comptent pas plus de cinq enfants. Dans les écoles régulières, les classes comptent jusqu'à trente élèves, dont en moyenne trois d'entre eux ont un handicap. La charge additionnelle de travail devant alors être fournie par les enseignants concernés est loin d'être négligeable.

Le fils de la famille Kercher est scolarisé à la Michaeli Schule, une école inclusive à Cologne. Il a 8 ans et est malentendant. "Nous sommes très contents que notre fils ait la possibilité d'obtenir la même formation que des enfants sans handicap. Nous pensons que c'est très important pour son avenir", confie le père.

Fermeture des écoles spécialisées ?

Trudi Bresser, enseignante à la Konrad-Adenauer Hauptschule à Kleve, est principalement en faveur des cours communs. Certains uns de ses élèves bégayent et pour quelques autres qui sont malentendants elle doit utiliser un micro. "Cela ne dérange personne", assure-t-elle. Les enfants dans leurs fauteuils roulants font totalement partie de la classe. Elle ajoute que "la fermeture des écoles spécialisées serait une erreur. Certains enfants ont besoin de la protection offerte par les petites classes. Sinon ils n'ont aucune chance dans l'avenir".

Une approche différente s'impose en matière sociale

La fermeture des écoles spécialisées et le nombre croissant d'élèves handicapés dans les écoles normales ne signifient pas forcément que l'inclusion est une réussite : de bonnes conditions doivent être créées pour garantir l'égalité des chances et la participation à la vie sociale pour tout le monde de la même manière. Si les enfants apprennent à vivre avec des personnes handicapées, on peut très tôt agir contre l'incompréhension, l'appréhension et le rejet. En apparence, l'inclusion fonctionne mieux en Allemagne qu'en France. Bruno Graurier, conseiller au Comité Directeur du Conseil aux Personnes Handicapées Français pour les Affaires Européennes considère que les personnes handicapées ne sont pas considérées comme des hommes mais plutôt comme des "patients".

Les pays scandinaves comme la Norvège ont déjà prouvé que l'inclusion fonctionnait. En Allemagne, un changement des mentalités est encore nécessaire. Des enfants porteurs de handicap mental ou physique ne doivent pas être considérés comme des personnes impliquant des coûts supplémentaires à la société.

Sarah Schulz (www.lepetitjournal.com/cologne) Mercredi 24 septembre 2014

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