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CINEMA - L'Adèle et la bête de Luc Besson


Les adaptations de bande dessinée se multiplient. C'est au tour de Luc Besson de porter à l'écran "Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec". Le film  recèle quelques bonnes idées dont celle de confier le soin d'incarner l'intrépide héroïne de Tardi à Louise Bourgoin

Les albums originaux de Tardi ont tout à voir avec les feuilletons de la fin XIX° début XX°. Ils sont truffés de bifurcations, d'incohérences et de renvois abscons. C'est un des charmes des aventures d'Adèle Blanc-Sec que d'être, pour une part, incompréhensibles. Le lecteur se laisse alors promener d'un monstre à l'autre sur les pas d'une héroïne atypique et imperturbablement revêche.

L'adaptation au cinéma d'un tel univers ne va pas de soi. Inspiré des premiers tomes de la série, Besson fait le choix de coller en toute infidélité aux histoires initiales tout en réinventant une trame narrative plus facile à suivre.

Après une belle ouverture dans un esprit Tardi garanti, il propulse la journaliste en Égypte pour un épisode assez convenu d'Indiana Jones en jupon échappant  aux pièges maléfiques d'une sépulture de pharaon. On retiendra de cette séquence la prestation de Mathieu Amalric, grimé jusqu'au méconnaissable, en affreux assez réjouissant.

Au jeu des différences, Luc Besson rajoute aussi une sœur jumelle à sauver. Elle fournit à  Adèle une motivation et quelques élans sentimentaux assez éloignés de son modèle de papier. Pour le reste, un ptérodactyle ressuscité  terrorise la capitale, une momie sympathique joue des tours aux passants et l'inspecteur Caponi ne pense qu'à son estomac dans une veine d'abruti comique éprouvé.

Comédie familiale

Car malgré un budget conséquent, Adèle n'est pas le blockbuster à l'américaine auquel on pouvait s'attendre. A l'heure du tout numérique, ses effets spéciaux semblent presque modestes et  tournés davantage vers la reconstitution du Paris de la Belle Epoque que vers les scènes d'actions clinquantes. Si le film est parfois bringuebalant, son humour lourdaud voire dispensable, il a le mérite d'une certaine modestie.

Et puis, la  principale question des adaptations de BD est celle de l'incarnation. A ce titre, le choix de Louise Bourgoin s'avère judicieux. La jeune femme habite son personnage avec un bel abattage et porte le film de bout en bout.

Plutôt qu'une grosse machine, Luc Besson nous offre une petite comédie familiale d'aventure très fréquentable pour les vacances de printemps.
Jean Marc Jacob (www.lepetitjournal.com) mercredi 21 avril 2010


Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec, Luc Besson (1h47) avec Louise Bourgoin, Gilles Lellouche, Mathieu Amalric ...


http://www.adeleblancsec-lefilm.com/

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