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CHRISTINE LEANG – Une extraordinaire reconversion

 

A Shanghai plus qu'ailleurs, il est possible d'avoir plusieurs vies, de mener plusieurs carrières. C'est en professeur de taichi que Christine Leang a décidé d'y revenir, après plus d'un an dans les montagnes de Yangshuo. Lepetitjournal a testé pour vous cette activité si populaire en Chine et pourtant si méconnue. Interview et bilan de cet essai

Lepetitjournal.com/Shanghai : Arrivée en Chine en 2005, tu as vécu ici plusieurs expériences différentes. Peux-tu nous en retracer les grandes lignes?
Christine :
La Chine offre la possibilité de vivre plusieurs vies. En 7 ans de Chine, je me suis bâti une expérience dans la restauration gastronomique sur le Bund (Sens&Bund, Three on the Bund, M on the Bund), suivie d'une expérience dans le Management de transition, tout en alternant avec des projets qui me tenaient à cœur : l'écriture (parution d'un livre sur les Français de Chine prévue pour fin 2012), le taichi et la création de la première édition de Shanghai du Petitjournal !

Si l'on possède la détermination, tout est possible à Shanghai, mais se perdre est également facile. C'est dans le tourbillon de cette ville que j'ai commencé ma quête de la spiritualité.

Cette quête t'amènera finalement dans une école de kungfu à Yangshuo pour y suivre un entrainement intensif pendant plus d'un an. Qu'est-ce qui a motivé ton choix?
En octobre 2010, n'ayant plus de toit (ma propriétaire ayant décidé de vendre l'appartement du jour au lendemain), je pars, sac au dos, pour un voyage dans le Guangxi. C'est en me perdant dans la campagne chinoise que je tombe sur l'école de Taichi et Kungfu du Maître Fu. J'entre pour demander ma route et…  j'y resterai finalement près d'un an, à la recherche du "chemin" (le fameux Dao de la philosophie taoïste).

Je ne connaissais rien au taichi, mais très vite, j'ai su que j'allais vivre là une expérience essentielle dans ma quête spirituelle. J'étais prête et le taichi est venu à moi.

Pourquoi ce retour à Shanghai?
Après un an passé dans les montagnes, à m'entraîner 6 jours par semaine, 5 heures par jour, soit plus de 1000 heures, j'avais enfin trouvé un réel équilibre corps-esprit, mais aussi les outils pour contourner le stress et maintenir une certaine paix intérieure. Je me sentais prête à revenir en ville, animée par la mission de dispenser un peu de ce bien-être aux citadins.

Aujourd'hui tu te consacres à temps plein à l'enseignement du taïchi, peux-tu nous présenter ton activité?
Le taichi est aujourd'hui un réel mode de vie pour moi. Il est loin le temps où je passais mes soirées sur le Bund ! Aujourd'hui, si vous m'y croisez, ce sera à l'aube, pour ma pratique matinale. A travers des cours privés ou de groupes, j'essaie de transmettre mon savoir à un maximum de personnes. Cela fait partie de la philosophie de mon Maître : "une pratique constante pour une transmission constante, afin d'être soi-même bien dans sa tête et son corps, et ainsi, aider le plus de personnes possible." Selon le temps que l'élève souhaite consacrer à l'apprentissage et ce qu'il y recherche, je vais adapter mes cours en mettant l'accent sur certains aspects plutôt que d'autres.

En combien de temps commence-t-on à ressentir les bienfaits de la pratique du taichi ? A quelle fréquence faut-il s'entraîner?
Cela dépend vraiment de ce que l'on cherche mais les effets de relaxation et d'apaisement sont immédiats. Après la première heure de cours, mes élèves ressentent déjà une diminution du stress et un bien-être général. De plus, on y apprend des petits exercices que l'on peut reproduire seul, chez soi
Si c'est pour atteindre une certaine technique, je dirai qu'il faut un mois pour commencer à maîtriser les formes (les différents mouvements enchaînés) et commencer à ressentir les phénomènes du qi. Je recommande un entrainement quotidien, entre 20 et 30 minutes accompagné d'une à deux leçons par semaine où le professeur pourra corriger et donner un nouvel élan à l'élève.

Notre avis :
Tous les préjugés que l'on connaît sur le taïchi n'ont pas raison d'être: ce n'est pas un sport lent, c'est réellement une activité physique qui fait travailler tous les muscles du corps. De même, ce n'est pas un simple "passe-temps" réservé aux personnes agées dans les parcs. Au contraire, quand on est happé par le stress quotidien, les bienfaits sur le corps et l'esprit sont immédiats. De plus, Christine enseigne une forme particulière du taichi – le chen – beaucoup plus variée et complexe que la forme la plus populaire, le yang.

Enfin, c'est un sport fascinant qui permet, dès le début, de s'initier à la culture chinoise et de trouver, dans cette vie à 100 à l'heure , un équilibre entre le corps et l'esprit, entre le yin et le yang.

Morgane Delaisse, (www.lepetitjournal.com/shanghai.html) Vendredi 4 mai 2012


Plus d'infos :
Cours hebdomadaire tous les mardis de 19h30 à 20h30 au Four Seasons Hotel. Possibilité d'y suivre également des cours de yoga. 
Info : 6256 8888 ext.1901 (Health Club).
120 RMB/séance, possibilités d'abonnement
Pour des cours privés, de groupes, ou en entreprise, contactez Christine : christineleang@gmail.com

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