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Qui sont les Berbères ?

Par Lepetitjournal Casablanca | Publié le 05/05/2019 à 22:00 | Mis à jour le 07/08/2019 à 04:52
berbères Maroc

L'appellation "berbère" provient du grec "barbare", qui désignait sans aucune forme péjorative les peuples utilisant une langue qui n'était pas comprise par les Grecs. Au fil des siècles le sens du mot a été transformé jusqu'à en devenir une sommation négative voire insultante. Afin de ne plus choquer par la dureté du mot, les Français présents lors du protectorat décidèrent d'en modifier la prononciation. Mais, outre ces considérations linguistiques, sait-on vraiment qui sont les berbères ? D'où vient leur incroyable culture ? Qui sont-ils à l'origine ?

Les Berbères seraient les natifs originels de toute l'Afrique du Nord, bien qu'aucune source ne soit éminemment vérifiable. Certaines théories envisagent notamment que les Africains originels se seraient mélangés aux Vikings d'Europe du Nord, créant ainsi un A.D.N. métissé unique. Depuis les premiers signes de vie humaine sur terre, les nomades se sont déplacés de l'antique Mésopotamie jusqu'aux côtes Atlantiques. Au cours de leurs voyages, ils ont parsemé ces terres désertes de campements et des gravures rupestres attestent de l'omniprésence historique des peuples Berbères dans tout le Maghreb et jusqu'au centre du Sahara, à savoir, l'équivalent actuel du Nord du Mali, du Tchad et du Niger.

Les Romains, dans leur épopée colonisatrice, ont envahi tout le Nord de l'Afrique jusqu'aux côtes Atlantiques, chassant les berbères insoumis des terres fertiles. Ils furent ainsi repoussés jusque dans les montagnes - notamment les chaînes de l'Atlas et le Rif Marocains - mais également vers l'intérieur des terres et notamment dans le désert. Au déclin de l'Empire Romain vinrent les Arabes du Golfe Arabique : ils offrirent aux berbères plus de libertés que les précédents envahisseurs en échange de la reconnaissance de l'Islam, du Dieu unique Allah et de son prophète Mahomet. Auparavant, chaque tribu, ethnie ou région berbère possédait ses propres croyances païennes, souvent empreintes de mysticisme et majoritairement polythéistes.

Malgré les maintes tentatives d'unification des populations de l'Afrique du Nord, les hommes libres le sont restés en revendiquant au fil des siècles une forte identité et une culture indépendante. Par exemple, les Touaregs que nous connaissons aujourd'hui sont également des berbères, restés nomades et sillonnant le désert. Leur nom provient de l'arabe "taouarek' " signifiant "pillards". En effet, lors des périodes de sécheresse, ils n'avaient d'autre choix que de se déplacer au Nord pour fuir les hostilités météorologiques. Parvenant à des villages isolés, l'habitude fut vite prise de s'installer temporairement et de piller les ressources des villageois ; ainsi furent-ils nommés "Touaregs". Les Kabyles, au Nord de l'Algérie, ou les Zenagas (anciennement nommés "Maures") de Mauritanie, sont autant d'exemples de peuplades berbères vivants selon leurs propres traditions, avec leurs propres convictions et perception du monde qui les entoure.

Aujourd'hui, les berbères représenteraient 65% de la population marocaine. Malgré leur incontestable présence démographique, la reconnaissance de la culture berbère est très récente, et provient de la volonté du Maroc de s'internationaliser et de se moderniser en acceptant les influences culturelles qui le composent à présent. Par exemple, le Drapeau Berbère a été adopté à l'occasion du premier congrès Amazigh en 1998 à Paris. Il est composé de trois bandes horizontales symbolisant respectivement le bleu pour la mer, le vert pour la montagne et le jaune pour le désert. Peint de rouge, du sang Amazigh, un homme libre circule librement sur ces trois bandes colorées. Ce symbole de l'homme libre est omniprésent dans la culture berbère et comporte trois branches signifiant la terre, la langue, et l'homme. Originellement ce symbole est la lettre "Z" et se dit "Yaz".

L'alphabet des berbères est appelé Tifinagh et est globalement universel. Il a été très présent jusqu'aux alentours du 12ème siècle, puis petit à petit remplacé par l'alphabet arabe en accord avec la religion musulmane. Les Touaregs, de par leur isolement géographique, ont continué à l'utiliser et de plus en plus de personnes apprennent à lire et à écrire berbère, notamment grâce à Sa Majesté le Roi Mohammed VI qui accorda en 2004 que l'on enseigne la langue amazigh dans les écoles. Pareillement, la nouvelle Constitution adoptée en 2011 reconnaît officiellement le berbère comme deuxième langue officielle du Maroc.

Il existe 3 dialectes berbères différents parlés au Maroc :
* le Tarifite est utilisé au Nord, de Tanger à Nador en escaladant la chaîne du Rif.
* le Tachilhite est parlé dans le Sud-Ouest d'Essaouira à Sidi Ifni en passant à travers l'Atlas Occidental, par le col de n'Tichka. Il est la langue des chleuhs 
* le Tamazight est le plus répandu, comprenant tout le reste du Maroc jusqu'aux portes du désert.
Ces langues sont différentes mais comportent malgré tout quelques similitudes, qui les rendent globalement compréhensibles pour les initiés ; on remarquera qu'une personne berbère est naturellement polyglotte. En effet, outre son dialecte natal, elle en comprendra un autre, parlera Darija, lira l'arabe classique, et pourra parler français, anglais ou espagnol à sa guise.

Manon Kole (réédition)

 

3 Commentaire (s)Réagir
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Kriss mar 07/05/2019 - 18:40

Article un peu tiré par les cheveux de la bien-pensance actuelle toujours avec l'art du "brosse moi le dos" à la limite historique de l’inexactitude, c’est la mode journalistique! Ainsi faudrait-il peut-être se tenir au courant des avis experts en la matière et des énormes nouvelles découvertes scientifiques de ces dernières années ? Je vous conseille de lire Bernard Lugan c’est passionnant net et précis ! Quand au paragraphe final : ….on remarquera qu'une personne berbère est naturellement polyglotte. En effet, outre son dialecte natal, elle en comprendra un autre, parlera Darija, lira l'arabe classique, et pourra parler français, anglais ou espagnol à sa guise… Tout aurait pu donc être bobotement digéré sans que le poil, de trop , ne s'hérisse , bien dommage que vous terminiez par cette énorme sottise ! C'est malheureusement aussi la mode journalistique aujourd'hui du superficiel pour complaire au plus grand nombre alors que les amazighen ont d'autres qualités qu'évidemment vous ne spécifiez pas !

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Daniel mar 21/05/2019 - 12:39

Votre commentaire critique pour critiquer mais en fait ne dit rien Cet article rapide est intéressant comme première approche, non exhaustive évidemment

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Kriss mar 21/05/2019 - 14:56

Voilà la question du journalisme effectivement aujourd’hui …une masse de « superficialités » pour plaire et complaire tant pis si on n’y apprend rien et pire si on y fait des erreurs ! Ainsi effectivement alors on remplit du papier d’une multitude de « premières approches » car un résumé du fonds est bien plus difficile à faire ! Ne rien dire serait donc préférable ou par ailleurs aucunement dévalorisant de résumer tout simplement ce que disent des experts affirmés qui sont là pour cela! Oui mais faut-il encore les lire et travailler dessus ! Clichés « brossages de dos » ou souvent de nos jours "larme à l'oeil" sont plus aisés ! Ainsi historiquement il est erroné de prétendre que se sont les romains qui ont repoussé les amazighen vers les montagnes ou espaces sahariens, Rome comme Carthage ou autres n’ayant colonisé que les abords des mers par lesquelles ils y arrivaient pour commercer et pouvaient s’y défendre! C’est l’invasion arabe puis ottomane plus larges et agressives qui s’installant dans les plaines et palmeraies fertiles à produit ce trek ! Erreurs " d'approche" de quelques…. siècles ! Si on ne veut pas dire mieux vaut ne rien dire ou prendre un autre sujet ! Quant aux berbères naturellement polyglottes, il faut vraiment la faire celle là car malheureusement pour le moins 70% d’entre eux sont analphabètes! Rien là non plus de si péjoratif on peut être très intelligent sans savoir lire et écrire ! C’est plus difficile aujourd'hui c’est tout ! Par ailleurs cela peut s’expliquer sans reporter toute la responsabilité sur quiconque extérieur à eux, sinon eux-mêmes par leur volonté viscérale d’indépendance donc parfois à l’excès et à leur détriment! Il n’y a rien là de péjoratif à dire mais vouloir compenser par une puérilité polyglotte est stupide alors ! Par contre la valorisation de leur abnégation dans l’adversité, leur enjouement naturel, l’apport féminin incroyable dans la communauté, leur ténacité exemplaire et leur grande aptitude à l’effort physique et bien d’autres auraient été des qualités à rapporter d’autant qu’on pouvait y faire un lien compréhensible par leur histoire! Effectivement alors en finalité si on pouvait y introduire une plus grande éducation dont l’accès aux langues et à la culture des autres les berbères ne seraient internationalement pas en reste ! Que ne le voit –on déjà dans leur diaspora aux 4 coins du monde ! Voilà pourquoi agréable critique pour le plaisir agréable de critiquer sur ce qui est ....critiquable !

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