L’organisation Plan International Cambodge dresse un bilan positif de son projet « Time to Act ! ». Dans les provinces du nord-est, le taux de mariages d’enfants a chuté de manière significative, porté par un meilleur accès à l'éducation et une autonomisation économique accrue des jeunes filles.


L’organisation Plan International Cambodge a publié les conclusions de son étude de fin de projet concernant l’initiative « Time to Act ! ». Déployé dans 86 villages des provinces de Ratanakiri et Stung Treng, ce programme visait à renforcer les droits des adolescentes, à améliorer l'accès à l'éducation et à favoriser l'autonomie financière des jeunes femmes.
Une baisse spectaculaire des unions précoces dans le nord-est du Cambodge
Le bilan final révèle une diminution marquée des mariages d'enfants et des unions précoces chez les jeunes femmes âgées de 18 à 22 ans. La proportion de filles mariées avant l'âge de 18 ans est passée de 26,3 % à 9,5 %. Le recul est encore plus net pour les mariages avant 15 ans, qui ont chuté de 2,5 % à 0,6 %.
Une tendance similaire a été observée chez les garçons, où le taux de mariage précoce est passé de 6,2 % à 2,1 %. Ces résultats coïncident avec une amélioration notable du parcours scolaire. Le taux d’achèvement de la classe de troisième (Grade 9) chez les filles a progressé de 36,5 % à 64,9 %, tandis que l'accès à une éducation complète à la sexualité est passé de 50,2 % à 96,7 %.
L’éducation et l’autonomie financière comme remparts
Au-delà des bancs de l'école, le projet a mis l'accent sur l'insertion professionnelle. Les résultats en matière d'autonomisation économique sont probants : l'emploi dans les six mois suivant une formation technique est passé de 54,7 % à plus de 94 %. L’indépendance financière après un an a également bondi, atteignant désormais 88,5 %.
Kanada, une jeune femme de la province de Ratanakiri mariée à 17 ans, témoigne de l'impact des formations suivies. Après un apprentissage technique, elle a ouvert son propre atelier de réparation de motos. « Mon atelier a complètement changé ma vie et je suis très fière de le gérer. Je veux que toutes les filles continuent d'étudier et construisent leur propre avenir comme je l'ai fait », explique-t-elle. Elle encourage désormais les autres jeunes filles de sa communauté à privilégier leurs études avant de fonder un foyer.
Une approche multisectorielle pour un changement durable
Pour Yi Kimthan, directeur national par intérim de Plan International Cambodge, ces chiffres prouvent le lien direct entre l'émancipation des filles et le recul des mariages forcés. « Ces résultats démontrent clairement que lorsque les filles sont éduquées, les taux de mariages d'enfants diminuent et leurs perspectives d'avenir s'élargissent », précise-t-il.
Selon le responsable, les progrès constatés au Ratanakiri et Stung Treng valident l’efficacité des approches multisectorielles. Bien que ces résultats soient encourageants, l’organisation souligne qu'il ne s'agit que d'une première étape. Plan International Cambodge appelle à poursuivre les investissements pour étendre ces méthodes à l'échelle nationale, en insistant sur l'intégration de l'éducation sexuelle dans les programmes scolaires et le renforcement des systèmes de protection de l'enfance, particulièrement au sein des communautés rurales et autochtones.
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