

Depuis plus de deux ans les Mékong Pirates s'insèrent progressivement dans le paysage musical Phnom Penhois et Cambodgien. A force de représentations, ils deviennent peu à peu un groupe incontournable de la scène locale. Leur musique est heureuse, leurs concerts sont des fêtes. Rencontre avec un groupe pas comme les autres
Quand ils se sont formés, au printemps 2008, c'était à partir de l'ébauche d'un précédent groupe : Les Macaques Mafia. On comprend vite l'esprit rigolard et enjoué qui caractérise les Mékong Pirates. Aujourd'hui ils sont de plus en plus reconnus sur la scène musicale cambodgienne. Leur énergie scénique leur a permis de se forger une petite réputation dans le pays. Jouant régulièrement à Phnom Penh comme à Siem Reap ou Sihanoukville, les Mékong Pirates vont à la rencontre du public, de LEUR public. Ils sillonnent les bars qui permettent un échange avec d'autres musiciens. Ils jouent sans compter grâce à leur répertoire qui s'épaissit régulièrement. Tous ceux qui ont croisé les Mékong Pirates au cours de leurs soirées vous le diront : "Ils font du bruit, pendant longtemps, et on en redemande toujours !"
Leur musique ? Un beau brassage de multiples influences. Les rythmes sont variés, les styles changent. Le tout est festif. On se ballade entre reggae et musette, entre ska et funk. Pas de quoi s'ennuyer dans tous les cas. Même si l'on voit plusieurs fois les Mékong Pirates à l'oeuvre, sur scène, ça n'est jamais deux fois la même chose ! 
Ils ont commencé en jouant quelques notes autour de quelques verres. Aujourd'hui, ils sont environ une douzaine à faire partie de l'aventure. Le groupe est à géométrie variable mais ils peuvent se targuer d'être quasiment au complet à chaque prestation. La belle équipe compte deux guitares, une basse et une batterie, auxquelles viennent se rajouter d'autres percussions, un accordéon et un clavier. Les cuivres jouent aussi un rôle important, que ce soit les trompettes, le trombone ou la clarinette. Tous ces instruments portent les voix de Cheata - Cambodgienne, seule femme du groupe- et de Nicolas qui est aussi le compositeur.
S'ils reprennent certaines chansons traditionnelles khmères et les refondent à leur sauce, la majorité de leur répertoire est constitué de compositions originales. Dans ses textes, Nicolas parle des gens, de leurs histoires, qu'elles soient gaies ou pas. Il parle d'amour autant que de prostitution ou de drogue. "Notre musique est plutôt festive mais ça ne nous empêche pas d'évoquer des sujets sérieux dans les textes, de parler de choses profondes. C'est un peu ce qui fait notre paradoxe mais ça a l'air de plaire aux gens qui nous écoutent" explique-t-il.
Des idées qui avancent
Les Mékong Pirates vont continuer de raconter des jolies histoires en chanson. Après deux mois de pause cet été, ils sont de retour à Phnom Penh ces jours-ci. Ils ont déjà repris leurs répétitions hebdomadaires et devraient rentrer en studio pour enregistrer des titres pour la première fois. Ils avaient déjà édité quelques morceaux joués en live mais voulaient passer un nouveau cap : "On avait envie que les gens qui viennent à nos concerts puissent repartir avec un souvenir. On voulait pouvoir proposer un cd enregistré dans un studio" explique Philipe Bonamy, un des trompettistes et un peu manager de la bande. Voilà qui sera fait dans quelques mois. Le prochain concert, quant à lui, devrait avoir lieu aux alentours de la Toussaint.
Pour le reste, les Mékong Pirates qui font voyager leur public ont bien l'intention de voyager à leur tour. "Après l'enregistrement et les premiers concerts, on a bien l'intention de passer quelques frontières. On aimerait présenter notre musique dans les pays voisins du Cambodge pour élargir notre public" ajoute Philippe Bonamy.
En attendant, le groupe se remet au travail, et risque de faire danser son public pendant de belles années encore.
Lucas Lahargoue (www.lepetitjournal.com/cambodge.html) vendredi 10 septembre 2010
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