

Le coaching est un mot que l'on entend de plus en plus, même s'il n'évoque pas forcément grand-chose aux novices. On a même tendance à considérer que c'est "encore un de ces mots anglais à la mode", sans chercher à savoir ce qu'il veut dire et surtout sans considérer qu'il s'agit d'une activité à part entière. Christophe Dellocque, qui vit à Phnom Penh depuis plus d'un an, est un coach interculturel. LePetitJournal.com s'est penché sur son activité assez insolite
Le coaching, qu'est ce que c'est ?
Il peut être défini comme l'accompagnement d'une personne dans la réalisation d'un projet personnel ou professionnel. A la différence de la formation, le coaching ne suit pas une trajectoire prédéfinie. Il ne cherche pas à transmettre un savoir préétablit, mais s'adapte à la personne coachée en fonction des points sur lesquels elle veut travailler. L'objectif est de lui faire prendre conscience de sa capacité. On a tous à l'esprit l'image d'un sportif qui, accompagné de son prof de sport attitré, bénéficie de ses conseils et soins particuliers. En l'occurrence, les "sportifs" de Christophe sont des Khmers qui travaillent au quotidien dans un environnement interculturel, c'est-à-dire avec ou au contact de barangs, des étrangers. L'objectif est de les accompagner dans la découverte et la mise en pratique de codes culturels et comportementaux qu'ils ne connaissent pas ou maîtrisent mal. Et ensuite de les aider à mieux comprendre ce que l'on attend d'eux, à mieux le faire et à mieux s'intégrer dans leur environnement de travail. Le résultat escompté ? Une meilleure intégration dans l'entreprise, et davantage de confiance en soi.
Comment ça marche ?
Les mots d'ordres sont la transmission et l'empathie. Il s'agit tout d'abord de travailler en groupe restreint ou en individuel. A partir de là, tout se joue dans l'observation, le relationnel, la capacité à se mettre à la place de l'Autre. A aucun moment il ne s'agit d'imposer un savoir ; par l'observation, le coach va amener le coaché à développer un potentiel qu'il ignorait ou exploitait mal. Une fois pointé l'élément qui bloque la communication ou la relation de groupe, il s'agit de travailler à le faire disparaître, progressivement.
Mais pour observer un groupe en interaction, encore faut-il qu'il y ait de l'action, une situation qui crée une communication et suscite la révélation du malaise de départ. C'est là que le théâtre intervient, comme un moyen d'expression mais aussi comme un outil de travail. Christophe étant comédien depuis 20 ans, il met à profit son expérience en matière de techniques de théâtre pour aborder le travail de manière thématique et ludique. Sans pour autant perdre de vue qu'il s'agit d'un travail à prendre au sérieux pour que le résultat se fasse sentir.
Et l'inter-culturalité là-dedans ?
C'est là le fondement du projet. Il s'agit de faire en sorte de créer un pont entre la culture occidentale au sens large et la culture khmère, afin d'améliorer la communication entre ces deux mondes. Pour cela, la compréhension de la culture khmère par le coach est tout aussi primordiale que sa capacité à faire comprendre sa propre culture d'origine. Il faut faire des va et viens entre les deux cultures, expliquer tel comportement, telle réaction, son origine, travailler sur ces différences. En partant du principe qu'une fois que les choses sont expliquées, on peut les aborder sous un autre angle et s'y adapter. Plus concrètement, on peut citer des exemples classiques d'incompréhension entre les deux cultures. Référons-nous par exemple à l'importance pour les Cambodgiens de ne pas perdre la face, qui peut conduire un Khmer à dire "oui" quand il pense "non". Et un barang à mettre un Khmer en situation de malaise indicible. Autre cas d'école, la place au sein de la hiérarchie sera forcément liée à l'âge pour un Cambodgien, quand pour un barang le titre suffit à imposer l'autorité. Dès lors que ces points sont acquis par chacune des deux cultures, il est plus aisé d'en tenir compte dans les relations, de les mentionner quand c'est nécessaire, et d'éviter des crispations inutiles.
Quel est le résultat ?
Bien sûr, les changements ne s'opèrent pas du jour au lendemain, dès lors que le problème a été percé. Il faut plusieurs séances pour que le coaché prenne en considération les points qu'il doit améliorer, prenne la mesure du travail à effectuer, et se mette à travailler et évoluer par lui-même, plus ou moins consciemment. Et de manière plus ou moins progressive et visible. Voici deux anecdotes sur des personnes pour qui le coaching semble avoir été une révélation. Tout d'abord, cet employé qui lors d'exercices de lecture ne parvient pas à se détacher de ses notes. Après quelques conseils et exercices sur la prise de parole en public, il parvient à s'exprimer clairement, sans support. Il y a aussi cette femme khmère, chef d'équipe dans un restaurant, que ses collègues jugent renfermée, voire "hermétique" et dure avec la clientèle. Au début de la première séance, elle ne souhaite pour rien au monde remettre en question sa façon de travailler "J'ai toujours fait comme ça et je continuerai". Quelques heures de coaching plus tard, après avoir travaillé sur la confiance en soi et l'impact de la parole, elle promet d'essayer de changer son comportement, en même si ça va lui demander un effort. Puis, petit à petit, un progrès s'opère dans son rapport avec ses collègues et avec ses clients, elle est plus mesurée, se contrôle davantage. Et se dit plus heureuse. Ce qui n'est pas la moindre des améliorations.
Sylvie Jolivot (www.lepetitjournal.com/cambodge.html) mercredi 8 septembre 2010
Le programme de Christophe
Christophe propose un panel de 6 modules pouvant s'étendre de plusieurs jours à plusieurs mois, en fonction du travail souhaité par la structure. Les module abordent différentes thématiques allant de la prise de parole en publique à la transmission d'information, l'optimisation de la communication commerciale ou encore la prise de confiance en soi. Autant de problématiques qui préoccupent directement nombre de DRH, de chefs d'entreprises, ou même des responsables de formations universitaires.
En dehors du coaching?Comme c'est indiqué dans l'article, Christophe est comédien, et organise régulièrement au Jardin des lectures théâtrales. Il anime aussi des ateliers jeunes publics au Lycée Descartes, et va très prochainement mettre en place des ateliers de théâtre pour adultes. Pour tout renseignements, vous pouvez le contacter krisdel75@gmail.com.













