CAMBODGE/MA PETITE ENTREPRISE - Stephane et Lili cultivent la perle du bonheur

Par Lepetitjournal Cambodge | Publié le 25/08/2009 à 01:00 | Mis à jour le 08/10/2018 à 14:25
Photo : Un monde de perles, des perles du monde (photos: Sopia Laouari)
lili perles

Stephane et Lili recherchent et vendent des perles depuis 16 ans. Leur nomadisme s'est légèrement essoufflé depuis leur découverte de Kep. Lili est tombée sous le charme de l'endroit. Cela fait maintenant plus de deux ans que les deux amis ont posé leurs bagages au Cambodge et ouvert un magasin. En son sein, des perles de toutes les couleurs et de tous les pays font la joie des visiteurs et des autochtones

 

Lili Perles c'est d'abord l'histoire d'une amitié fusionnelle. Une histoire que Stephane et Lili aiment raconter : "les gens viennent pour acheter des perles mais aussi pour discuter avec nous." Les deux amis font connaissance en Champagne Ardenne en 1993. Tous deux issus de schémas familiaux complexes, ils tentent comme ils peuvent de trouver un certain équilibre personnel. Stephane travaille sur les marchés, métier qu'il pratique depuis son adolescence. Lili, quant à elle, s'ennuie dans sa vie trop formelle, d'enseignante d'histoire géographie, elle rêve de voyages et de pays lointains. Quand son ami lui propose de venir travailler avec lui, elle accepte sans trop hésiter. Commence alors une vie d'aventurier. 

Objectif : trouver la perle rare
Les deux amis vendent tous leurs meubles et vivent en caravane durant 18 mois pour économiser. C'est le début d'une vie de bohême régie par les voyages et la vente. "Notre premier voyage, ce fut à Venise, le lieu ancestral de la fabrication des perles. Nous avons rencontré un maître verrier qui nous a appris à travailler le verre." S'ensuit des périples de plus en plus nombreux à la recherche de la perle rare. "Nous sommes allés chercher les perles partout dans le monde. Chaque pays en possède. Dans ceux où l'artisanat à base d'os était important, nous avons inventé des perles en os." Peu à peu, Lili Perles devient une entreprise importante : "A chaque fois que nous gagnions de l'argent, nous le réinvestissions dans les perles."
 
Le succès est au rendez vous, les deux compères multiplient les ventes sur les marchés, dans les expositions et les foires : "lors de notre dernière foire en France, notre stand faisait 26 mètres de long. Nous étions alors très connus grâce à la mobilité et la publicité. Comme nous n'avons jamais voulu être grossistes, les amateurs de perles faisaient des centaines de kilomètres, pour chercher nos bijoux".

Il faut dire que certains modèles de perles sont uniques au monde : "Nous sommes probablement les plus novateurs de notre milieu. Au 20 ème siècle, la perle était industrielle, nous l'avons recréée de façon artisanale. Nous sommes les premiers à avoir lancé une collection de perles par an".

La perle au Cambodge : une brillante idée
L'entreprise est sur les rails, mais Lili ressent le besoin de faire le point sur sa vie, à l'aube de la quarantaine : "Il y a six ans, j'avais besoin de repos. J'ai lu dans un guide qu'il n'y avait rien à faire à Kep. J'y suis donc allée." Le coup de foudre est immédiat, la jeune femme tombe sous le charme de Kep. En outre, elle rencontre deux orphelins qu'elle prend sous son aile : "Dès mon arrivée, J'ai su que je reviendrai toujours. Pendant trois ans, je venais quatre fois par an. J'étais très attachée aux enfants, je les ai parrainés." Finalement, Stephane et Lili décident de s'installer au Cambodge en 2006: "avec les enfants, c'était la meilleure solution, de plus, nous voulions nous installer dans un pays où l'artisanat n'était pas très développé". La boutique voit le jour à Kep. Les perles sont stockées à Kampot : "nous n'avons pas fini de tout inventorier, nous possédons entre 3.000 et 7.000 perles, c'est-à-dire la plus grosse réserve du pays."

L'avenir sera perle
Le magasin Lili Perles commence à être connu au Cambodge. Mais les deux amis ne comptent pas s'arrêter en si bon chemin. Ils souhaitent encore le développer : "nos projets sont nombreux. Notre rêve serait de créer une sorte de petit musée avec beaucoup de photos expliquant la fabrication des perles et exposer des pièces uniques, en perles du monde entier. Nous aimerions également fonder un lieu pour former des jeunes de Kep à la fabrication des perles et au commerce. Nous avons d'autres ambitions que nous souhaitons garder secrètes". La priorité des expatriés est toutefois des plus simples : "ce que nous voulons avant tout, c'est créer un lieu pour être heureux, être bien et faire ce que l'on aime. Un endroit où nous pouvons partager, faire des rencontres, un espace ouvert sur la vie." Lili, n'oublie pas ses petits protégés et leurs copains de l'orphelinat : "j'ambitionne de mon côté, de donner quelques cours aux enfants de l'orphelinat et d'ouvrir un centre de loisirs."

Le Cambodge apparaît donc comme une sorte d'eldorado pour ces rois de la perle. Un pays où les deux amis ont trouvé leurs marques et l'épanouissement. Tant et si bien, que Lili a un dernier rêve : "je voudrais obtenir la nationalité khmère. Dans ce pays, je me sens comme chez moi." A force de chercher des perles partout dans le monde, les deux amis ont fini par trouver le plus beau des bijoux : un lieu où vivre sereinement.

Julie Philippe (LePetitJournal.com Cambodge) mardi 25 août 2009

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