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SOCIETE – Echec et Mat dans les cafés Phnompenhois

Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 10 août 2009

Patience et habileté, les joueurs s'affrontent dans un jeu qui remonte aux temps des anciens Royaumes d'Angkor.

(Source Photo: The PPP)

A toute heure de la journée, en tout lieu de la capitale, se déroulent des parties acharnées d'échec Khmer, appelé « ouk », dans les bars et cafés de la ville. La version locale des échecs est depuis longtemps un passe temps très populaire pour les Cambodgiens, et l'on retrouve trace du jeu dés les temps de l'empire d'Angkor, comme en témoignent les bas reliefs d'Angkor Wat, du Bayon ou du temple Preah Khan. On entend souvent les joueurs avant de les voir, le jeu prend son nom dans le bruit que font les pions de bois que l'ont fait claqué sur le plateau. Un des éléments majeur du jeu est de mettre son adversaire en position d'échec puisque « Ouk » en khmer signifie également ?'échec''.

Jeu masculin par excellence, les règles de la version locale sont très similaires au jeu tel que pratiqué en Occident, avec quelques différences notables. Dans les deux cas on s'affronte sur un plateau en bois de 64 cases, celles ci ont toutefois des motifs décoratifs différents pour la version khmère. Le jeu comprend le même nombre de pièces, 16 pour chaque joueur, mais les noms et formes des pièces sont typiquement cambodgiens. Les petites pièces sont appelés ?poissons'. Souvent interchangeables avec des capsules des bouteilles, les ?poissons' correspondent aux « soldats » de la version occidentale jeu. Le ?Fou' est le ?général' et a la forme d'un stupa à deux étages, les ?cavaliers' sont des ?chevaux' et conservent la forme en tête de l'animal. Les ?Tours' deviennent des ?Bateaux', des pièces larges et rondes, la ?Reine', ou ?Neang', est petites et arrondie avec un sommet pointu, le ?Roi', ou ?Sdach' est quant à lui la plus grande pièce du jeu, et a la forme d'un stupa à trois étages.

Chaque pièce suit ses propres règles de déplacement, souvent similaires à la version occidentale du jeu. L'objectif final est aussi le même : capturer le ?Roi' adversaire. Quand le ?Roi' est en position d'échec, le joueur qui attaque doit alors dire « Ouk ». Et si le ?Roi' ne peut pas se sortir du danger, c'est alors l'attaquant qui remporte la partie.

«Il faut être intelligent pour jouer aux échecs» selon Vang Vuth qui pratique depuis maintenant deux ans. Vang Vuth a appris en fréquentant le Café Truc Ly, rue 143. Le patron du lieu fournit les plateaux en bois, ainsi que les pions, et l'endroit rassemble très souvent de nombreux joueurs enthousiastes. «Au début je venais ici seulement pour regarder les autres jouer» se souvient Vang Vuth, « j'ai ensuite compris les règles, jour après jour, et désormais je viens pour jouer. En moyenne je fais cinq parties par jour. »
 
Le combat des rusés
Vang Vuth peut se rendre à n'importe quelle heure de la journée au café, il y aura toujours des parties en cours, et des joueurs pour chercher un nouvel adversaire. « Il arrive que le perdant doive laisser sa place, mais le plus souvent il la garde pour prendre sa revanche. » Sok Keng, chauffeur de taxi de la capitale et ardent joueur d'échec depuis 1993, Phnompenhois et un ardent joueur d'échecs depuis 1993, joue pendant la semaine en fonction de son emploi du temps. « J'aime jouer aux échecs, c'est une bataille. Les pions de chaque joueur sont comme une armée qui protège son Roi. Même le roi est engagé dans le combat » s'enthousiasme t-il. Et si la plupart des joueurs d'échec cambodgiens ne jouent pas pour les gains mais plutôt pour faire travailler leur esprit, il existe un tournoi annuel qui reste une bonne opportunité pour gagner de l'argent.

Le premier Tournoi d'échec khmer s'est tenu en mai 2008 et a été organisé en commun par l'Association cambodgienne d'échec et le Comité Olympique du Cambodge, il s'agissait alors d'uniformiser les règles du jeu et de découvrir les meilleurs joueurs du Royaume. Trois jours durant les joueurs se sont affrontés pour le titre de Champion d'échec, la première place, et le grand prix de 1,000 dollars, est finalement revenu à Chhoy Vira, un Phnompenhois de 28 ans. Ses dauphins sont chacun repartis avec respectivement 700 et 500 dollars.

Et si la plupart des joueurs apparaissent très excités par l'idée de concourir un jour pour des grosses sommes, d'autres se contentent de l'aspect ludique du jeu. « Franchement au final, le principal est de s'amuser » conclue Vang Vuth .

Stephanie Mee de notre partenaire The Phnom Penh Post
Traduit par LePetitJournal.com-Cambodge Lundi 16 mars 2009

Retrouvez cet article et le reste de l'actu en anglais sur http://www.phnompenhpost.com
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Publié le 16 mars 2009, mis à jour le 10 août 2009
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