PORTRAIT - Ly Daravuth, la passion de la culture khmère

Par Lepetitjournal Cambodge | Publié le 03/08/2007 à 02:00 | Mis à jour le 13/11/2012 à 11:09
Il est des personnes qui s'attachent à une cause et s'y consacrent entièrement. Ainsi est Ly Daravuth. Sa cause est de contribuer à faire vivre et transmettre la culture khmère, culture qui a été malmenée par l'histoire et les diverses influences extérieures. Genèse d'une vocation

Daravuth fait vivre et transmet la culture khmère (crédit: LPJ Cambodge)

Ly Daravuth est né et a grandi jusqu'à l'âge de 13 ans dans la province de Kampong Thom. Au moment des Khmers Rouges, en 1984, il s'est réfugié en Thaïlande, avant de partir pour la France. Il y a vécu 12 ans. Douze années d'exil au cours desquelles il est resté intimement lié avec sa langue et sa culture maternelles. Etudiant, il a suivi des cours d'économie ainsi que d'anthropologie culturelle à la Sorbonne. Pour terminer sa thèse, il est retourné au Cambodge en 1996. Il a aussitôt commencé à enseigner l'art plastique et l'histoire culturelle aux Facultés d'archéologie et d'architecture de Phnom Penh. Avec ses collègues, il a nourri la volonté de mettre en place des projets en lien avec la culture cambodgienne. Le milieu universitaire se révélant peu propice à ce genre d'initiatives, il a co-fondé en 1998 l'Institut d'art et de culture Reyum avec Ingrid Muan, aujourd'hui décédée.

De la volonté
Reyum a tout d'abord pris la forme d'un café internet - le premier au Cambodge - dans lequel avait lieu des expositions de peintures ainsi que des expositions culturelles. Ly Daravuth fait un parallèle entre Reyum et Beaubourg : tous deux réalisent un travail d'éducation culturelle. A la différence près que Reyum est une initiative privée, qui repose sur la volonté et le travail de quelques personnes.
Mais la détermination ne fait pas défaut à Ly Daravuth, qui parle avec humilité de son parcours. Pour lui, la transmission de la culture est capitale dans un pays où les gens se tournent de plus en plus vers les cultures étrangères. Le livre représente à cet égard un vecteur privilégié de la culture. Ainsi s'est-il investi pleinement dans un travail d'édition. Reyum compte actuellement une trentaine de publications, et est le seul éditeur cambodgien, si on exclut les éditions à compte d'auteur. Ly Daravuth a très à c?ur de contribuer à faire vivre la langue khmère riche de son propre alphabet. Considérant que la qualité doit être autant dans le contenu que dans la forme, il n'a pas hésité à dessiner lui-même une nouvelle police de caractères khmers. Un travail de plusieurs années.
Mais l'édition n'est qu'une des multiples facettes et vocations de Reyum qui réalise également de la recherche, de la documentation, des expositions, des séminaires et a une école d'art pour les enfants défavorisés.
Chloé LÉGÉ. (www.lepetitjournal.com Cambodge) vendredi 3 août juillet 2007

Pour plus d'informations : http://www.reyum.org/
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