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PHARMACIDE ARTS – Une expo pour alerter contre les faux médicaments

Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

Représentant entre 5 et 10 % du marché pharmaceutique mondial, les médicaments contrefaits sont particulièrement répandus en Asie du Sud-Est. Pour informer et prévenir des dangers de ce trafic, le Ministère des Affaires étrangères a initié le projet d'une exposition, Pharmacide Arts, réunissant une vingtaine d'artistes du Cambodge, du Vietnam, de Thaïlande et d'Indonésie

Hanh Ratha, Face Off Courtesy de l'artiste

Fruit d'une collaboration entre le Ministère Français des Affaires étrangères (FSP Mekong), la Meta House et la Société Soho Film International, l'exposition Pharmacide Arts, qui ouvre ce soir jeudi 31 mai à l'Institut Français, réunit une trentaine d'artistes de la région autour du thème de la contrefaçon de médicaments. Qu'ils soient cambodgiens, vietnamiens, thaïlandais, laotiens ou indonésiens, chacun d'entre eux a été invités à concevoir une oeuvre pour sensibiliser le public sur le fléau des faux médicaments.

Reproduction réaliste, projection fantaisiste, ou symboles explicites renvoyant à la mort : les façons de s'exprimer sur le sujet varient d'un artiste à l'autre et donnent la mesure de la gravité de la situation. Si certaines toiles rayonnent par leurs couleurs vives, la tonalité du message est évidemment des plus sombres.

Ainsi l'artiste Hanh Ratha fait appel à une figure enfantine et populaire pour représenter les conséquences de la contrefaçon, dans son tableau Face Off : ''À travers cette œuvre, je dépeins une icône bien connue des jeux vidéo, M. Pac-man, faisant face à son alter ego, M. Pac-deadman. Le produit breveté contre le faux''. Dans L'Homme-Pilule, il peint un crâne vomissant des médicaments. La toile attire l'oeil ; son discours est limpide.


Hanh Ratha, Pillman courtesy de l'artiste

Lim Sokchanlina a choisi quant à elle de mettre l'accent sur les conditions sommaires dans lesquelles les médicaments sont parfois vendus. Sa toile représente un homme qui n'a sans doute de docteur que la blouse, transportant sa marchandise à mobylette : ''Sous un soleil de plomb… sur une route poussiéreuse… un docteur vend des médicaments. Dans ces circonstances, ces médicaments devraient être détruits. On ne devrait pas acheter des médicaments vendus dans de telles conditions'', explique l'artiste à propos de son tableau.


Lim Sokchanlina, Les Pharmacies au Cambodge Courtesy de l'artiste

Pich Sopheap, que l'on connaît pour ses sculptures réalisées à base de rattan, a lui aussi été invité à participer au projet : il propose une création sobrement intitulée Pilules. Peut-être l'une des oeuvres les moins figuratives parmi les 35 qui sont présentées dans le cadre de Pharmacide Arts. Car chez les artistes cambodgiens comme ceux des pays voisins, ce sont des représentations de corps malmenés et agonisants, de crânes ensevelis sous des montagnes de fausses pilules, de membres détériorés, qui dominent. Des images marquantes, à la mode des campagnes de prévention ''choc'', répondant à l'objectif premier de l'exposition, qui est ''de diffuser quatre messages fondamentaux dans la lutte contre les faux médicaments'' :

''Achetez vos médicaments dans une pharmacie enregistrée.
Vendre de faux médicaments est criminel.
Des profits sont réalisés au détriment de votre santé.
Conservez vos produits de façon adaptée (conditions de stockage, date de péremption).
''

Céline Ngi (www.lepetitjournal.com/cambodge.html) Jeudi 31 mai 2012

L'exposition Pharmacide Arts, répartie entre l'Institut Français et la Meta House se tiendra du 31 mai au 23 juin 2012.
Inauguration le 31 mai à 18h30 à l'Institut Français, puis à 19h30 à la Meta House.

Lire aussi :
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Publié le 29 mai 2012, mis à jour le 5 janvier 2018
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