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ONG - Objectif Cambodge : L’égalité des chances face à la maladie

Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

Prévenir, former et soigner. Les membres d'Objectif Cambodge savent que tout est encore à faire pour que le Royaume atteigne enfin les standards mondiaux en terme de soin et prévention pour le cancer du sein

Depuis les années 1970, le Cambodge est resté dans une situation sanitaire précaire ne permettant pas aux centres médicaux de venir en aide convenablement aux patients ayant besoin de soins. Cette situation accentue le taux de mortalité d'une maladie bien connue par les femmes : le cancer du sein.

C'est parce que chacun devrait avoir une chance égale face à la maladie qu'Objectif Cambodge agit. Consciente qu'en fonction de la zone géographique les individus n'ont pas les mêmes chances de survie face à la maladie, l?association tente de réduire les inégalités arbitraires existantes entre les femmes du monde, à commencer par le Cambodge.

Créée à l'initiative de sa présidente actuelle Isabelle Hua, ayant elle-même été touchée par la maladie, le but de l'association est d'améliorer les conditions sanitaires des Cambodgiens et le niveau de formation du personnel médical du Royaume, en travaillant à partir d'actions concrètes qui seront efficaces sur le long terme. Évidemment, tout est à faire : " Nous devons savoir rester humble devant l'ampleur de la tâche à accomplir [...] et se contenter de n'être qu'une petite pierre dans l'édifice de la reconstruction cambodgienne " indique l'association.

Le Dr Didier Bourgeois et Caroline Guilloux travaillant sur la mise en place de la première unité de cancérologie du sein au Cambodge à l'hôpital HAKS à Phnom Penh (crédit: www.objectifcambodge.org)
L'action première d'Objectif Cambodge : fournir du matériel médical aux hôpitaux de province où le personnel a été formé à l'utilisation de celui-ci ainsi qu'à sa maintenance. " Donne du poisson à un pauvre, il mangera une journée, apprends-lui à pêcher, il mangera toute sa vie ", dit le proverbe devenu la devise de l'organisme. L'essentiel étant d'établir une première structure, une base, face au néant régnant autour des soins aux personnes atteintes de cancer du sein. "Pour faire fonctionner une unité de cancérologie, toute une chaine de compétences doit être constituée : outils diagnostic (imagerie médicale, analyses d'anatomopathologie), chirurgie curative, protocoles de traitement et chirurgie reconstructrice ".

Les premières concernées, c'est-à-dire les Cambodgiennes, sont également sensibilisées. "Plus un cancer du sein est détecté tôt, plus les chances de guérison totale sont grandes. C'est pourquoi la surveillance est particulièrement importante ainsi que la sensibilisation de la population à pratiquer une auto-surveillance régulière (autopalpation),  et effectuer un dépistage en cas de doute". Aussi, "dans un pays où les traitements par chimiothérapie sont inexistants, le dépistage précoce est primordial. Plus une tumeur est prise tôt, plus grandes sont les chances de survie avec une simple tumorectomie ".

Un projet, une mission


Docteur TAN Phally, chirurgien, et son équipe, de l'hôpital AKS de Phnom Penh (crédit: www.objectifcambodge.org)

Le dernier projet en date d'Objectif Cambodge consiste en la mise en place des bases d'une unité de cancérologie du sein à l'hôpital AKS de Phnom Penh. Réalisé grâce à la collaboration de ce même organisme avec l'Institut du Sein Hartmann avec le Docteur Didier Bourgeois et l'hôpital AKS à Phnom Penh avec le Docteur Tan Phally, la mission commencera ce mois-ci. L'objectif est de " permettre à des femmes cambodgiennes atteintes de tumeurs précoces de pouvoir être sauvées ou " prolongées " par une chirurgie adaptée. Pour permettre ensuite de mettre en place progressivement des traitements par radiothérapie, et éventuellement par chimiothérapie, ce qui n'est pour le moment pas envisageable en raison des coûts afférents à ce genre de traitements. "

Sur le long terme, il s'agit également d'étendre la formation aux autres centres médicaux du Royaumeet de sensibiliser les femmes à l'importance du dépistage.

Etat d'urgence
Centres médicaux déplorables, cliniques insalubres et moyens dérisoires ne sont pas les seuls responsables du taux de mortalité par cancer du sein au Cambodge. Les frais médicaux sont également très élevés et non pris en charge : la santé n'est plus un droit mais un privilège.

Seuls ceux ayant les moyens de se faire soigner dans une clinique digne de ce nom ont alors une chance de surmonter une telle maladie. "Les familles les plus pauvres n'ont aucun droit à la santé, celles de condition moyenne sont obligées de se surendetter, voire de vendre leur outil de production, et il n'est pas rare de voir des jeunes se prostituer pour faire soigner un membre de leur famille", déclare Isabelle Hua. De plus, les seuls hôpitaux capables de prendre en charge des patientes atteintes du cancer du sein sont tous situés à Phnom Penh : les frais de déplacement s'ajoutent alors aux frais médicaux.

Afin de réunir les fonds nécessaires, Objectif Cambodge organise régulièrement des événements caritatifs (ventes de charité, braderies de vêtements), culturels (spectacles de danses khmères, concerts, théâtre...), gustatifs (cours de cuisine asiatique et eurasienne, dîners cambodgiens) et artistiques (expositions de peintures, sculptures, dessins, photos...). Le prochain rendez-vous aura lieu les 9 et 10 décembre 2011. Une vente de Noël qui se déroulera à la Mairie du XVI arrondissement à Paris où le public pourra assister à une projection du film de Didier Fassio "Angkor, l'aventure du Baphuon".

Emilie TÔN (www.lepetitjournal.com/cambodge) Jeudi 1er décembre 2011

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Publié le 1 décembre 2011, mis à jour le 5 janvier 2018
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