

La gare de Phnom Penh reprend vie depuis qu'un projet de plusieurs millions de dollars est en place, visant à restaurer les anciennes lignes de chemins de fer cambodgiennes

Ce réseau subit une restructuration complète financée à hauteur de 141,1 millions de dollars par la Banque de Développement Asiatique, l'agence de développement australienne (AusAID), et enfin l'OPEC, organisation des pays producteurs de pétrole. Un projet qui a pour ambition de développer le commerce, les chemins de fer cambodgiens, créés en 1929 et modernisés dans les années 1960, ont en effet particulièrement soufferts de la guerre civile. "Les lignes du Cambodge sont connues comme les pires au niveau mondial" affirme ainsi David Kerr, directeur de la TRC, dont le bureau se trouve juste derrière la gare de Phnom Penh, ouverte en 1932. A titre de preuve, David Kerr ajoute que le dernier train ayant parcouru les 264 kms entre Sihanouk et Phnom Penh a mis cette année 28 heures. Le nouveau service prévoit de réduire ce triste record à huit heures seulement.
Mais, restaurer la gare de la capitale, et en fait le centre d'un réseau au trafic régulier, n'est pas aisé. "C'était un peu la jungle quand nous sommes arrivés ici pour la première fois" se rappelle le directeur des opérations de la TRC, John Guiry, slalomant entre les squelettes rouillés du passé, et les wagons de fret jetés en tas à côté des rails sur quelques 4,5 km.
Le transport des passagers, et la protection de la gare de Phnom Penh en saison des pluies, voilà deux projets qui sont encore à l'étude. Pour le moment seuls les services de fret devraient reprendre en octobre prochain, la liaison pour Sihanoukville reprendra en mai de l'an prochain, et celle pour Battambang un an plus tard. Cependant, et en dépit des progrès visibles, quelques doutes subsistent. Pour que le transport du fret soit efficace, il faut organiser un accès direct au port autonome de Sihanoukville, or ce dernier est aussi en rénovation, des négociations sont en cours entre l'agence de coopération internationale japonaise (ACIJ) - qui finance le port - et la TRC.
De plus, le sort de 2.629 personnes, selon le décompte officiel, vivant à proximité des lignes de chemin de fer reste à déterminer. Les rencontres organisées en janvier pour discuter de leur relocalisation, et des compensations qui leur seront allouées, ont montré que nombreux sont ceux à s'interroger de l'impact de tels changements sur leur travail. Jusque là, selon David Kerr, la population concernée a été enchantée par les plans. Mais sera-ce toujours le cas quand il leur faudra tout déménager ?
Ellie Dyer de notre partenaire The Phnom Penh Post
Traduit par ELL (www.lepetitjournal.com/cambodge.html) mercredi 12 mai 2010













