Édition internationale

DEFENSE - J'ai pu braver le "secret défense" … ou presque !

Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 9 janvier 2018

Monter à bord d'un bâtiment de recherches électromagnétiques mis à la disposition de la DRM, Direction du Renseignement Militaire, est une chose rare. A l'occasion de son escale de 4 jours à Sihanoukville, le capitaine de Frégate Henri de Pradier d'Agrain, commandant du Dupuy de Lôme, a permis à quelques très rares privilégiés de visiter son navire

Le Dupuy de Lôme, un navire espion doté des meilleurs technologies (Marine Nationale)

La montée à bord de ce bateau espion est très réglementée, car, comme nous l'indiquait son Pacha, le Dupuy de Lôme est un bâtiment "d' expérimentation et de mesures"qui a pour mission de collecter les informations d'origines électromagnétiques. Le c?ur du système, au c?ur du navire, est non seulement une cage de Faraday qui le protège des interférences extérieures, mais aussi un no man's land ou seuls les quelques 60 spécialistes traitant et analysant l'ensemble des données recueillies peuvent pénétrer.

Un peu d'histoire sur les bateaux espions français
Dans les années 70, la France se dote de son premier bateau espion, le Berry, transformé à cette époque pour l'écoute. En 1999, après la fermeture du Centre d'essais de Mururoa, le Bougainville fut transformé lui aussi pour accueillir les équipements électroniques du Berry jusqu'à la mise en service du Dupuy de Lôme en avril 2006.

Parcourir le pont du Dupuy de Lôme, une visite réservé à quelques privilégiés (Marc Albert)

Equipements électroniques
Ce qui caractérise le Dupuy de Lôme dès qu'on l'aperçoit, en dehors de sa couleur blanche, ce sont les deux radômes, dont l'un est en forme de ballon de football, qui abritent chacun des antennes d'interception satellitaire. En outre, son mât avant abrite un détecteur de radar, un intercepteur goniomètre et une antenne d'écoute et de goniométrie. "Le renseignement électromagnétique, c'est la capacité d'intercepter un signal qui va donner des indications sans que la personne à l'origine de l'indiscrétion ne soit au courant. C'est tout simplement l'interception d'une onde radio", nous explique le commandant d'Agrain.

En matière de communication, le bateau est doté des systèmes de transmission par satellite Inmarsat et Syracuse 3, issus de l'Armée de Terre, de la Marine et de l'Armée de l'Air, permettant toutes les sortes de communications modernes HF, V/UHF et SHF, ainsi que des communications relayées depuis l'espace.
De plus, des systèmes de stabilisation performants garantissent le bon fonctionnement des moyens d'écoute sur des mers très formées. En bref, ce bâtiment truffé d'électronique de pointe fait la fierté de son commandant et de la DRM.

Une passerelle intégrée ultramoderne
La visite s'est poursuivie dans les cabines du commandant et de l'équipage, gâté par un confort certain se rapprochant beaucoup plus des cabines des navires civils que des anciens postes où l'on entassait 30 personnes pour dormir. En dehors de la salle des télécommunications, des larges coursives presque aseptisées, de l'infirmerie, et de la salle de sport, l'essentiel de la visite guidée a été consacrée à la description de l'ensemble des instrumentations de la passerelle.

La conduite et la maintenance du bâtiment par une équipe réduite à 30 personnes sont rendues possible par l'application de principes novateurs dans la marine nationale :
- un système intégré permet de réduire l'équipe de conduite à un chef de quart et son adjoint
- un système de gestion de la maintenance par ordinateur (GMAO) permet d'alléger les tâches administratives.

Un petit coup d'?il "espion": une solution originale a été prévue à l'arrière du bateau pour recevoir dans le futur des drones ? seuls les points d'ancrage de ceux-ci et la "mini tour de contrôle"sont visibles.

En conclusion
Ce bâtiment, déployé dans le cadre d'une mission de lutte contre le terrorisme arrive à point nommé dans un contexte international très troublé, marqué par l'émergence de réseaux tentaculaires, organisés en petites cellules autonomes. Le navire doit donc permettre d'obtenir un maximum d'informations qui, une fois traitées, peut permettre d'anticiper la menace et d'essayer de l'éliminer à la base. Le Dupuy de Lôme sera donc toujours au plus près des foyers cruciaux comme dans l'Océan Indien ou le Pacifique ? Mais ne demandez pas à son commandant quelle sera sa prochaine escale, cela ressort encore du "secret défense".
Marc ALBERT. (www.lepetitjournal.com - Cambodge) mardi 15 avril 2008{mxc}

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Publié le 15 avril 2008, mis à jour le 9 janvier 2018
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