Édition internationale

CAMBODGE/ENTRETIEN - Jean-Boris Roux "Un engagement bien au delà d'une mission d'entreprise"

Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

Président de la CCFC, ou country manager de RM Asia, Jean-Boris Roux est devenu une des figures majeures de la communauté française du Royaume. Et c'est avec "déchirement"qu'il s'apprête à quitter le Cambodge pour le Vietnam. Retour avec lui sur son bilan à la tête de la CCFC, le développement de RM Asia, et celui de l'économie cambodgienne en général

Jean-Boris Roux en partance pour le Vietnam (crédit: JBR)

Jean-Boris après 15 ans de bons et loyaux services vous vous apprêtez à quitter le Cambodge, quel est votre sentiment ?
Je suis en effet arrivé en 1994 mais j'ai quitté une première fois le Cambodge en 1997. Je suis ensuite revenu en 2003 poussé par mon très fort attachement pour ce pays et enthousiasmé par les possibilités de développement. Après 6 années passées à développer les activités du groupe RM Asia au Cambodge, je poursuis mon parcours professionnel pour les monter maintenant au Vietnam. La nouvelle aventure qui m'attend est fascinante mais c'est un déchirement de quitter le Cambodge. Mon engagement dans ce pays est allé bien au-delà d'une mission d'entreprise. Ma famille et moi sommes intimement liés au Cambodge et à ses habitants. Nous serons sans aucun doute d'excellents ambassadeurs du Cambodge au Vietnam !


Si vous deviez tirer un bilan de votre travail/activité au Cambodge, bon et mauvais points ?
Le bilan est très positif. En quelques années, l'activité traditionnelle de RM Asia a fortement cru dans le domaine de l'énergie et de l'automobile. Je suis passé d'une entreprise de 70 salariés en 2003 à un groupe diversifié de 550 employés aujourd'hui. Nous avons développé notre offre, professionnalisé nos services, étendu notre activité à Siem Reap et Sihanouvile, formé notre personnel et considérablement augmenter notre chiffre d'affaires. Dans le même temps, les défis les plus importants à relever ont sans doute été d'ordre structurel et organisationnel : comment les ressources humaines et la structure de l'entreprise à l'évolution de notre activité. Il reste encore d'importants efforts à effectuer dans ce domaine afin de mettre en place des standards exigeants et des processus de qualité.

Cette dernière décennie votre société RM Asia a su se développer dans des secteurs où l'on ne l'attendait pas forcément (fastfood notamment), pouvez-vous nous en dire plus sur les développements à venir ?
La diversification a en effet été l'une de mes priorités en arrivant dans une structure déjà existante et déjà performante. Pour une société distribuant des véhicules et des produits industriels, il a effectivement été étonnant pour certains de nous voir ouvrir et développer avec succès les franchises The Pizza Company et Swensen's en même temps que nous montions une usine pour exporter des ambulances vers l'Afghanistan et l'Irak. Le modèle de gestion que j'ai mis en place permet pourtant facilement ce genre d'exercice. Chacune des activités est gérée comme un centre de profit indépendant et par conséquent par des équipes différentes rassemblant une expertise et des compétences adaptées. La direction générale, les finances, la logistique, les services informatiques et les ressources humaines constituent, quant à eux, l'épine dorsale du groupe et soutien chaque division. Pour les années à venir, et même si la diversification n'est plus la priorité, nous n'hésiterons pas à lancer de nouvelles activités si l'opportunité présente un potentiel réel.

Vous avez présidé la CCFC 5 années durant, pouvez vous tirer un bilan de votre présidence ?
La présidence de la CCFC restera pour moi une belle réussite de travail d'équipe et de dynamisme. En l'espace de 5 ans, nous sommes passés d'une cinquantaine de membres à 125 aujourd'hui et sommes actuellement reconnus au sein de la communauté d'affaires de Phnom Penh comme une association professionnelle et très active. C'est le premier point. Et nous continuons à attirer des membres chaque mois. Le deuxième point que je relève est la promotion de l'emploi et de la formation. En créant le Forum des Carrières en 2005, devenu aujourd'hui le rendez-vous annuel incontournable pour les jeunes et les employeurs, nous avons permis aux entreprises d'étoffer leurs équipes et aux jeunes de mieux comprendre le fonctionnement des entreprises et de trouver un emploi dans l'une d'entre elles. Nous travaillons maintenant au lancement d'une formation d'ingénieurs commerciaux qui sera la première formation consulaire au Cambodge. Dans le domaine des services aux entreprises et du club d'affaires, nous avons multiplié les occasions de rencontres entre membres et avons accueilli des missions et délégation diverses, notamment le MEDEF il y a 2 ans. Nous avons considérablement renforcé nos liens avec nos homologues de la région Sud-Est asiatique et avons également amélioré notre visibilité grâce à la publication de « la lettre du Cambodge » et le rénovation du site internet www.ccfcambodge.org. Enfin, nous participons de façon active au dialogue entre le gouvernement et le secteur privé en exprimant les points de vue et retours d'expérience de nos membres. Forte de ses 125 membres, la CCFC a un bel avenir devant elle et fait aujourd'hui partie des contacts incontournables pour tout investisseur souhaitant s'implanter au Cambodge.

Le Conseil d'Administration de la CCFC a nommé un président intérimaire, avez-vous un message à faire passer aux membres et à votre successeur ?
Nous avons effectivement proposé à l'un des vice-présidents d'assurer la présidence jusqu'aux élections de l'assemblée générale prévue le 14 décembre. Pily Wong a accepté cette fonction et j'en suis très content. Issu d'une famille d'entrepreneurs actifs au Cambodge depuis les années 1950, Pily Wong connait très bien le pays et dirige des activités très diverses avec succès. Il est par ailleurs actif à la CCFC depuis plusieurs années. Le seul conseil que je me permettrai de formuler, et qui est identique pour l'ensemble des membres, est de continuer à croire en ce pays étonnant qu'est le Cambodge et de promouvoir son dynamisme et son potentiel afin de poursuivre son développement avec succès et enthousiasme.

Avez-vous un message pour la communauté française et francophone du Cambodge ?
Vaste question ! Je n'ai qu'une recommandation simple qui se résume à 3 mots: humilité, patience et conviction. J'aime profondément le Cambodge, son héritage culturel, ses habitants, son histoire, etc. Après de nombreuses années, je continue d'apprendre. On ne peut pas apprendre sans une certaine humilité. Lorsque l'on est impliqué dans une action de développement commercial, culturel ou social, on se heurte rapidement à une lenteur, une inertie parfois déroutantes et frustrantes. On ne peut pas comprendre et finalement réussir sans un effort de patience. Enfin, quand la vie au Cambodge montre des aspects irritants et agaçants, il est indispensable d'être convaincus que des améliorations sont possibles. Depuis 1994, les progrès observés sont phénoménaux! Les obstacles sont encore nombreux mais je suis convaincu que le Cambodge a un avenir brillant.

Propos reccueillis par SKB (LePetitJournal.com Cambodge) mardi 6 octobre 2009

INTERVIEW-Jean-Boris Roux, c'est reparti pour la présidence de la CCFC!
PORTRAIT - Jean-Boris Roux, Président de la Chambre de Commerce Franco Cambodgienne
PORTRAIT- Pily Wong, l'incarnation de la jeunesse entrepreneuriale du Cambodge
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Publié le 6 octobre 2009, mis à jour le 13 novembre 2012
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