Édition internationale

ARTISANS D'ANGKOR - Conjuguer savoir-faire et solidarité

Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 8 février 2018

 

Jusqu'au 26 juin, la boutique phnompenhoise des Artisans d'Angkor solde ses produits issus de chantiers-écoles solidaires. L'occasion de faire une bonne action en profitant d'un savoir-faire authentique

(Crédit photo : Camille Lorente)

Au travers des grandes vitrines, les couleurs brillantes des soies invitent à pousser la porte. La boutique des Artisans d'Angkor à Phnom Penh est ouverte depuis janvier 2010. Située face à la Poste Centrale, elle propose aux clients de la capitale de découvrir les produits fabriqués par des jeunes Khmers défavorisés dans les ateliers de Siem Reap. Jusqu'au 26 juin, les amateurs d'artisanat de qualité pourront se montrer solidaires tout en profitant des soldes annuelles.

Le succès pas à pas
L'histoire de l'entreprise est celle d'une réussite. Elle commence par la création en 1992 de Chantiers-Ecoles de Formation Professionnelle à Siem Reap. L'initiative, lancée par le gouvernement cambodgien, le ministère français des Affaires Etrangères et l'Union Européenne, présente un double intérêt. Elle permet à la fois de former et d'insérer professionnellement de jeunes ruraux défavorisés et de préserver des techniques et des savoir-faire ancestraux. De 18 à 25 ans, les jeunes peuvent ainsi apprendre un métier gratuitement, non loin de leur village natal et soutenir financièrement leur famille en évitant l'exode rural. A eux de choisir quelle sera leur spécialité entre la sculpture sur bois et sur pierre, la peinture sur soie et son tissage ou encore les techniques de laquage et de dorure. Après deux à six mois de formation, les apprentis passent des tests pour devenir professionnels et sont intégrés au réseau des Artisans d'Angkor. Cette entreprise a été créée en 1998 grâce au soutien du programme européen REPLIC (Programme Rural d'Éducation Professionnelle et Logique d'Insertion au Cambodge). Depuis, elle s'est développée jusqu'à assurer son financement de manière autonome et emploie aujourd'hui plus de 1.000 personnes. "Le succès vient pas à pas", estime Kolsen, superviseur du magasin à Phnom Penh. "Notre objectif est de nous étendre à tout le pays et cela se fera progressivement."

(Crédit photo : Camille Lorente)

La garantie de la qualité
Une boutique existait déjà à Siem Reap et l'ouverture, il y a un an et demi, de celle de Phnom Penh marque une étape supplémentaire. On y apporte une attention toute particulière à la scénographie. Larges étagères de bois sombre et lumière tamisée engagent le visiteur à flâner entre les statues de Bouddha et les sacs à main de soie. Bien sûr la qualité a un prix et la clientèle reste majoritairement constituée de Khmers vivant à l'étranger et d'expatriés. Maria est une franco-brésilienne expatriée à Phnom Penh depuis trois ans. Ce jour-là, elle est venue chercher la bonne affaire. Elle a déjà eu l'occasion de visiter les ateliers de Siem Reap et a été séduite par la finesse de la production. "Si on veut acheter quelque chose de vraiment authentique, c'est la référence", affirme-t-elle. "On est sûr que ça n'a pas été fait en Chine !
Une autre chose qui rassure c'est la décence des conditions de travail des artisans. L'entreprise se conforme strictement aux lois du travail cambodgien et chaque personne bénéficie d'un contrat de travail ainsi que de prestations médicales et sociales.
Mais si vous n'êtes pas encore convaincu, il ne vous reste qu'à pousser la porte vitrée et laisser les couleurs vous charmer.

Camille Lorente (www.lepetitjournal.com) Mardi 21 juin 2011

SyzMrqo__400x400
Publié le 21 juin 2011, mis à jour le 8 février 2018
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos