Édition internationale

PORTRAIT – Vanessa Ly : 'Mon film ne traite pas du génocide cambodgien'

Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 20 novembre 2012

Cinéaste aux origines cambodgiennes par son père, Vanessa Ly a réalisé deux courts métrages (Mekong Interior et High Winds). Elle travaille aujourd'hui sur Game Park, un film qui aura pour toile de fond le Cambodge et son histoire. Game Park sera produit par Fred Bellaïche et Vincent Wang (producteur de Tsai Ming Liang) de House on Fire et Mathias Schwerbrock de Film Base Berlin. Portrait d'une jeune réalisatrice à suivre

Père cambodgien, mère française, Vanessa Ly a grandi en France et aux Etats-Unis. Du Cambodge, elle n'a donc que des connaissances ''très indirectes'', malgré ses origines : ''Je ne parle pas khmer, mon rapport à la culture est assez lointain''. Mais c'est précisément, explique-t-elle, cette ''présence distancée'' qui l'intéresse dans son travail de cinéaste, et qu'elle retranscrit dans Mekong Interior, son premier court métrage intégralement tourné au Cambodge en 2004.

Et le cinéma, comment y-est-elle arrivée ? C'est en le regardant qu'elle a eu envie d'en faire : ''Les plus beaux films m'y ont poussée. Vouloir continuer de rêver, en créant du rêve. Croire que tout est possible. J'ai commencé à faire des courts métrages à New York. J'ai appris en faisant.''

Après Mekong Interior, Vanessa Ly réalise High Winds en 2006, un nouveau court qui, comme le précédent, est remarqué dans les festivals où il est diffusé. Pour qualifier son travail, les critiques évoquent l'héritage de la Nouvelle Vague. C'est loin d'être suffisant pour définir les influences de la cinéaste, qui rappelle que ces deux films remontent à longtemps : ''Mon travail correspond désormais à autre chose. Si on a de la chance, on est en constante évolution, et j'espère bien avoir de la chance !''

La prochaine réalisation de Vanessa Ly, son premier long métrage, est d'ailleurs en développement. Interviewé par Le Monde pendant le dernier Festival de Cannes, le producteur allemand Mathias Schwerbrock (producteur de la série The Transporter de Luc Besson) avait évoqué son implication dans le production de Game Park, qu'il décrivait comme ''un film sur le génocide au Cambodge''.

La réalisatrice apporte cependant une rectification quant à la teneur de son futur film : ''Les propos de mon producteur allemand ont été détournés. Game Park ne traite pas du génocide des Khmers Rouges. Game Park est un film sur le poids du passé et les méandres de la mémoire et de sa transmission, avec pour fond le Cambodge et son histoire.(?) L'histoire sera vue par 3 personnages principaux, 3 hommes, 3 générations: un grand père, un père et un fils adolescent.''

Si pour l'écriture de son film, Vanessa Ly s'est penché, avec sa co-scénariste Charlotte Gachon et ses producteurs français Fred Bellaïche et Vincent Wang de House on Fire, sur des documentaires et des récits incontournables traitant du sujet du génocide des Khmers Rouges, (Rithy Panh, Nic Dunlop, les bandes-dessinées de Sera), elle précise cependant : ''Il m'est très difficile aujourd'hui d'envisager de faire un film sur le génocide cambodgien, je ne l'ai pas vécu, je ne serai pas à ma place.''

Ainsi à l'inverse de nombre de cinéastes ou écrivain ayant pris le Cambodge pour toile de fond, Vanessa Ly ne tient pas de discours particulier sur son attachement au pays. Quand nous l'interrogeons sur sa volonté de contribuer à l'essor du cinéma cambodgien : ''Non, je ne pense pas du tout à cela. Je pense à ce dont mon film a besoin et je vais le chercher là où cela se trouve. Ce serait aussi prétentieux de penser que mon film aura une quelconque influence sur le cinéma cambodgien.'' Une réponse qui certes ne permet pas de digresser sur l'avenir du cinéma cambodgien (c'est bien là que nous voulions en venir), mais nous assure d'une chose, et pas la moindre : Vanessa Ly fait simplement son travail de réalisatrice. C'est assez pour nous donner envie de voir Game Park.

Céline Ngi (http://www.lepetitjournal.com/cambodge.html) Mercredi 27 juin 2012

Lire aussi :
Bangkok Jam, un grand clip sur des passionnés de musique avec Didier Wampas
Talking to The Trees
: une fiction sur la prostitution des mineurs au Cambodge

SyzMrqo__400x400
Publié le 21 juin 2012, mis à jour le 20 novembre 2012
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos