

Page numérisée du Voyage au Cambodge, L.Delaporte (1880)
LePetitJournal.com : Qu'est ce que la Bibliotheca Indosinica ?
Jean-Jacques Donard: C'est une bibliothèque numérique qui regroupe les ressources bibliographiques francophones propres aux bibliothèques nationales du Cambodge, du Laos et du Vietnam, dans la poursuite dans le cadre initial et dans la poursuite d'un projet français de coopération régionale, VALEASE (Valorisation de l'écrit en Asie du Sud-Est), achevé en 2007.La Bibliotheca Khmerica est donc une partie de l'ensemble intitulé Bibliotheca Indosinica, qui comprend en outre les Laotiana et Vietnamica et, qui valorise aussi la littérature "indochinoise" de langue française.
Qu'est-ce qui a été le plus difficile dans la constitution de la Bibliotheca Khmerica ?
Le plus difficile a peut-être été la réalisation technique. Nous avons d'abord tâtonné. Heureusement nos opérateurs (l'Atelier PhBat, pour la partie photographie, et l'entreprise KhmerDev, pour la post-production informatique) ont bénéficié des conseils techniques de la Bibliothèque nationale de France (BNF).
Qui a financé ce projet?
De 2005 à 2007, le gouvernement français a entièrement financé le volet de numérisation des livres. Puis l'Organisation internationale de la Francophonie a pris le relais et s'est chargée sous la supervision professionnelle de la BNF, avec l'aide technique de la Bibliothèque nationale de France, de la numérisation de revues et journaux patrimoniaux de la Bibliothèque nationale du Cambodge.
Etait-ce un pari que de porter à la connaissance du public cet héritage du livre?
Oui, c'était un pari, car il est toujours difficile de savoir vers quoi va se diriger l'attention du public. Si les chercheurs étaient acquis, il fallait conquérir le grand public. La méthode de recherche par mot-clé du texte répond, par sa facilité et sa rapidité, aux besoins de toutes les catégories de lecteurs.
Espérez-vous ressusciter un regain d'intérêt du public khmer pour les ouvrages anciens?
Il faut évidemment bien posséder la langue française ou la langue khmère écrite pour prendre connaissance de cette collection en ligne. L'objectif est certes de faire lire ces ouvrages, mais je n'ignore pas les difficultés que cela peut représenter pour le public khmer. Pour cette raison, nous avons tenté d'introduire dans la base le maximum d'ouvrages bilingues français-khmer écrits dans une langue d'usage courant. Nous avons aussi l'intention de publier de nombreuses illustrations.
Que pensez-vous de la numérisation, de ses limites comme de ses points forts?
Les inconvénients de Khmerica sont ceux de toute collection numérique équivalente : il n'est pas toujours agréable de lire un document de bout en bout sur écran, la recherche peut se révéler moins simple que prévu, etc. Mais les avantages sont les suivants : accès universel, permanent et ubique à des documents rares ou inconnus...

Etes-vous un partisan de la révolution numérique dans le monde du livre ?
Oui, j'en suis un partisan ? raisonnable ! Je vois cela comme une évolution et comme un atout supplémentaire, mais pas comme un substitut au livre ou aux autres documents imprimés. Les usages ne sont pas les mêmes à mes yeux.
Si j'ai des vieux livres sur le Cambodge et que je souhaite les faire partager via la Bibliotheca Khmerica, est-ce possible ? Un système participatif est-il envisageable ?
Cela serait souhaitable (à condition de respecter les droits d'auteur), mais cette opération a un coût et il faudrait la financer. J'en profite donc pour vous dire que nous recherchons des mécènes ! Il est certain que cela pourrait permettre de combler les manques de la Bibliothèque nationale et du Réseau francophone numérique.
Quels ont été vos coups de coeur parmi ces ouvrages ?
-Le Royaume du Cambodge (1883) de Jean Moura, une encyclopédie du Pays khmer au XIXe siècle
-Le Bókor et la Côte d'Opale, reproduction du guide « touristique » de 1925.
- Saramani, danseuse cambodgienne (1922) et Komlah, visions d'Asie (1929) de Roland Meyer, deux romans autobiographiques empreints d'une grande empathie pour le Cambodge
Julie Cassiau (http://www.lepetitjournal.com/cambodge.html) Lundi 6 Août 2012
Partenaires locaux: La Bibliothèque nationale, le Musée national, les Archives nationales, le Centre d'Etudes khmères, les Editions du Mékong, l'ONG SIPAR.
Partenaires français: L'Ambassade de France au Cambodge et la Bibliothèque nationale de France avec sa Délégation aux Relations internationales.
Partenaire international: L'Organisation internationale de la Francophonie













