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Angkor numérisé à l’Institut français du Cambodge

Par Marion Joubert | Publié le 15/02/2019 à 20:00 | Mis à jour le 18/02/2019 à 10:12
Photo : Angkor numérisé Crédit : Institut Français du Cambodge
Angkor numérisé Crédit : Institut Français du Cambodge

L’institut français du Cambodge présente l’exposition Déambulations virtuelles à Angkor jusqu’au samedi 2 mars. Les visiteurs ont la possibilité, grâce à la technologie innovante de la société Iconem, d’observer avec précision l’architecture des plus importants sites d’Angkor tout en restant à Phnom Penh.

Des vidéos grand format prises par des drones et perfectionnées par des algorithmes permettent aux visiteurs d’admirer en détail le Mébon occidental, le Baphuon, la porte de la victoire et le Chau Srei Vibol. Cette technologie apportée par la société Iconem n’avait pourtant pas comme but initial de rendre le bijou du Cambodge accessible à une large audience. D’après Guillaume Narjollet, conseiller culturel de l’ambassade et directeur de l'Institut français du Cambodge, « l’utilisation du savoir-faire d’Iconem a précédée l’idée de l’exposition ».

Il explique que la société privé est venue sur ce chantier avec l’accord de l’autorité Apsara -qui gère le parc d’Angkor, afin d’établir des relevés avec les drones. Iconem forme ainsi les techniciens de l’Aspara a un nouvel outil de travail.

Mais leur mission principale est avant tout de contribuer à la conservation des sites patrimoniaux mis en péril, en les numérisant. Avec plus de deux millions de touristes chaque année, le lieu le plus visité du Cambodge est en effet menacé : « Le défi le plus important auquel nous devons faire face, c’est la fréquentation touristique. Cela provoque des piétinements, qui abîment les sols et la pierre », déclare Guillaume Narjollet, qui rappelle aussi la fragilité des fondations. Des solutions semblent exister pour lutter contre ces risques. « Il faudrait notamment réfléchir sur la manière dont on circule dans le parc, en remplaçant les bus par des modes de transports moins polluants par exemple », indique-t-il.

D’autre part, la technologie de la société Iconem apporte un soutien technique particulièrement apprécié par les équipes françaises et cambodgiennes qui restaurent depuis 2012 un temple dédié à Vishnu. Le Mébon occidental, situé au milieu d’un baray, est l’un des gigantesques réservoirs d’eau de la cité d’Angkor.

Lorsque le roi Sihamoni a demandé à la France de le restaurer en 2011, après l’achèvement des travaux du Baphuon, commencés en 1959 et interrompus par la guerre,  il a lancé un véritable défi technique. Le terrain est extrêmement contraignant et le fait d’acheminer et stocker des matériaux particulièrement complexe, surtout en période de mousson. La fin de la restauration du monument devrait avoir lieu en 2021, mais Guillaume Narjollet indique « qu’avec ce type d’édifice imprévisible, il est difficile de fixer une date précise ». La France a versé un million et demi de dollars dans le projet de restauration du Mébon occidental et a prévu de dépenser un million de plus sur les deux ans à venir.

La participation française dans le processus de restauration et de préservation du site témoigne des liens historiques qu’entretiennent la France et le Cambodge avec le patrimoine d’Angkor. Depuis la redécouverte du parc par Henri Mouhot en 1861, la France a assuré une présence presque constante au nord du Tonlé Sap. A la demande du roi Sihanouk, la France continue son travail de préservation et restauration des temples angkoriens après l’indépendance en 1953, jusqu’à l’arrivée des Khmers rouges. Interrompue pendant cette période, le travail de conservation du site a repris après la chute du régime.

À la demande du gouvernement cambodgien, l'EFEO a donc rouvert son antenne en 1992 et a relancé ses actions de recherche et de conservation dans le parc.Travaux menés en partenariat avec l’Apsara et financés par le ministère français des affaires étrangères et celui de la Culture. « L’Apsara est, souligne Guillaume Narjollet, associée à tous les projets depuis sa création en 1995 par Vann Molyvann ».

Depuis les années 90, de plus en plus de pays s’investissent et se coordonnent pour s’occuper du célèbre parc. En 1992, le site d’Angkor a été classé au patrimoine mondiale de L’Unesco. Cette initiative a induit la création du Comité international de coordination d’Angkor (CIC), l’organisme qui veille à la sauvegarde et au développement du lieu. Présidé par la France et le Japon, le CIC apporte une expertise technique et veille à la cohérence des différents projets.

Guillaume Narjollet précise par ailleurs que « si le ministère français de la culture nous a toujours soutenus, les autorités cambodgiennes sont aussi très impliquées ». Il ajoute que l’Apsara contribue également en apportant une aide logistique et financière et participe de manière grandissante à l’ensemble des projets.

Les antiques temples sont vus comme étant la plus grande richesse historique du pays, et les recherches menées sur le site d’Angkor contribuent à une meilleure compréhension de l’identité cambodgienne.

 

La légende du Mébon


 

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