ILS SONT REVENUS EN ROUMANIE - Alina Petrea, les pâtisseries à la française

Par Grégory Rateau | Publié le 09/05/2022 à 00:00 | Mis à jour le 09/05/2022 à 00:00
Alina Petrea Ohlala Pâtisserie Bucarest

Après 30 ans passés en France, où elle a fait ses armes à l'école Ritz Escoffier de Paris, mais aussi auprès de célèbres chefs français, tels que François Perret, Tristan Rousselot et Olivier Lainé, Alina Petrea a décidé de rentrer en Roumanie pour ouvrir, avec son époux français, sa propre pâtisserie. C'est comme ça qu'est née Ohlala Patisserie qui met à l'honneur des recettes d'inspiration française, preparées avec des ingrédients locaux et de saison. Un moyen créatif de lier les acquis de ses deux cultures tout en travaillant en couple. Rencontre...

 

 

Quand je retourne en France je m'amuse à goûter les croissants et franchement les miens sont biens meilleurs. Parfois même des clients qui reviennent de France nous disent que c'est meilleur chez nous!

Après avoir passé environ 30 ans en France, vous avez décidé en 2020 de retourner en Roumanie. Comment avez-vous pris ce choix et pourquoi ?

Alina Petrea: Je crois que je n'ai jamais réellement digéré mon départ précipité de Roumanie. J'ai toujours eu le sentiment qu'une part de moi-même avait été amputée de mon expérience roumaine. A peine ai-je ouvert les yeux sur mon pays et mon existence que nous partions pour la France. A l'âge de 35 ans j'ai ressenti le besoin de me reconnecter avec mes racines et ainsi rattraper le temps perdu. Je souhaitais aussi arrêter mon ancien métier de journaliste qui me retenait bloquée à Paris pour devenir entrepreneuse et vivre de ma passion pour la pâtisserie avec mon conjoint qui, lui aussi, a quitté son ancien métier de monteur audiovisuel pour la folle aventure de Ohlala pâtisserie.


En 2021 vous ouvrez à Piata Amzei la pâtisserie Ohlala. Quelles ont été les principales difficultés rencontrées ?
Nous avons ouvert le 1er septembre 2021 très précisément. Je m'en souviendrai toute ma vie. J'avais tellement d'émotions. C'était une première pour nous. Accueillir chez nous les clients, répondre à leurs questions, se mettre dans un rythme de production pro... Toutes ces projections que nous avions eu, cela devenait enfin réalité. Au début nous n'avons pas ressenti de difficulté particulière car nous avons été aidés par Dragos Panait, un consultant qui nous a épaulés pour créer notre entreprise. C'est après 5 mois d'ouverture que la problématique du recrutement s'est faite resentir et l'énorme charge de travail à gérer car nous ne sommes que 2 personnes en production (mon conjoint et moi). Et, malheureusement, en ce qui concerne le recrutement de personnel dans ce domaine, c'est l'enfer ici!


Comment sélectionnez-vous vos ingrédients? ?
En Roumanie on trouve tous les produits dont on a besoin. Nos viennoiseries sont préparées avec du bon beurre français! Et nous avons la chance d'être dans un pays où les fruits sont très bons. Et il y a d'autres matières premières comme la farine et le lait que nous achetons ici et qui sont de très bonne qualité. Ce qui est primordial c'est d'avoir de bons produits mais aussi une bonne technique.

 

Y a-t-il une autre création dont vous êtes particulièrement fière?
Je suis super fière de tout ce qu'on a fait jusqu'ici parce que c'est un challenge de fou. J'avais très peur de me lancer dans la production de croissants et pains au chocolat parce que la pâte levée feuilletée c'est très délicat et tadam les gens adorent nos viennoiseries et moi la première. Quand je retourne en France je m'amuse à goûter les croissants et, franchement, les miens sont bien meilleurs. Parfois même des clients qui reviennent de France nous disent que c'est meilleur chez nous! Je suis super contente parce que je n'ai pas 10 ans de métier derrière mois et pourtant nous produisons des choses de qualité et c'est grâce à la formation du Ritz.

 

Comment jugez-vous la qualité de vie ici en Roumanie par rapport à la France?
J'adore la France il n'y a pas de doute, et parfois elle me manque. La Roumanie c'est plus une histoire de coeur. Le rapport aux gens est peut-être plus direct ici, il y a plus de franchise mais c'est mon impression. Ce n'est pas une qualité de vie que je recherche forcément en Roumanie car depuis l'ouverture de notre pâtisserie nous nous devouons à 200% pour notre projet. Le fait de venir ici me réconcilie petit à petit avec mon passé.

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grégory rateau

Grégory Rateau

Rédacteur en chef et directeur du média LePetitJournal.com/Bucarest, ancien chroniqueur à RRI et écrivain
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