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Elections consulaires 2026 - Roumanie: candidate Dana Gruia Dufaut

Dans le cadre de la campagne des élections consulaires 2026 qui auront lieu le 31 mai, nous donnons la parole aux têtes de liste pour la circonscription Roumanie-Moldavie qui ont accepté de répondre à nos questions. L’ordre est celui du dépôt de candidature. Nous continuons avec Dana Gruia Dufaut qui se présente pour la liste Les indépendants au service des Français de Roumanie et de Moldavie.

Dana Gruia DufautDana Gruia Dufaut

En quoi votre parcours en Roumanie nourrit-il votre candidature et que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l'étranger ?

Mon parcours en Roumanie est une immersion dans le réel. Franco-roumaine, éduquée depuis mon adolescence en France – mon pays d’accueil - formée comme avocate au Barreau de Paris après des études à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, je suis arrivée en Roumanie dans les années ‘90 dans, un pays en reconstruction où il fallait comprendre vite, décider vite et agir sans mode d’emploi.

Depuis plus de 35 ans, j’accompagne des investisseurs entre la France et la Roumanie. J’ai construit des ponts entre les deux systèmes, les deux cultures, les deux manières de fonctionner.

Cette expérience m’a appris à capter les signaux faibles, à anticiper les blocages avant qu’ils ne deviennent des crises et à transformer des situations complexes en solutions.

C’est précisément ce que j’apporte aujourd’hui comme conseillère des Français de l’étranger sortante et tête de liste de l’équipe Les Indépendants au service des Français de Roumanie et de Moldavie : une expérience et une capacité d’action immédiate, ancrée dans la réalité du terrain.

Parce que la mission du conseiller des Français de l’étranger est, avant tout, de rendre les choses possibles. Il ne s’agit pas seulement de représenter une communauté, mais d’entrer dans des situations réelles – parfois urgentes, souvent complexes – et de créer un point d’appui. Répondre à des questions, accélérer une démarche, débloquer un dossier, orienter sans détour.

Être conseiller c’est aussi assumer la responsabilité plus discrète, mais décisive, de faire remonter fidèlement ce que l’on observe sur le terrain, pour faire évoluer ce qui doit l’être. Mon indépendance est essentielle, car elle me permet de dialoguer librement avec toutes les administrations, sans contrainte politique, et de porter une parole fidèle aux besoins de la communauté. Elle me donne aussi la liberté de décider sur un seul critère : l’intérêt des Français de Roumanie et de Moldavie.

Mes mandats antérieurs m’ont appris à rester proche des situations concrètes et à apporter des solutions dans la durée.

Enfin, si je devais résumer : je ne suis pas là pour commenter le système, mais pour ouvrir des passerelles à l’intérieur de ce système, de faire en sorte qu’il reste accessible à nous tous qui avons choisi de vivre et de travailler en Roumanie ou en Moldavie. Pour celles et ceux qui vivent à l’étranger, ces passerelles font souvent toute la différence.

 

Quelles mesures concrètes proposez-vous, quels sont les grands axes de votre programme? 

Les propositions de notre liste répondent à des besoins concrets que nous voyons tous les jours sur le terrain.

D’abord, concernant l’enseignement français. Nous voulons faciliter l’accès aux bourses, mieux maîtriser les coûts et développer des solutions locales – plusieurs sections bilingues, CNED, dispositifs FLAM mieux développés - pour éviter les ruptures de parcours.

Ensuite, simplifier la vie quotidienne des Français. Cela passe par un accès plus lisible aux services consulaires, une orientation rapide dans les démarches et un appui concret dans les situations sensibles. J’ai déjà été par le passé une interface utile et je souhaite pouvoir l’être encore.

Nous mettons aussi l’accent sur la protection et la solidarité. Les dispositifs existent. Mon rôle est de faire en sorte qu’ils soient activés rapidement, au bon moment, et adaptés aux situations réelles.

Autre axe essentiel : l’emploi et les opportunités professionnelles. Je veux renforcer les liens avec les entreprises, développer les réseaux et créer des passerelles concrètes pour les jeunes et les conjoints.

Enfin, ma méthode reste constante : écouter, aider, mettre en relation et agir. Faire remonter les besoins du terrain et transformer ces besoins en solutions concrètes.

 

Quel est, selon vous, le plus grand défi auquel font face les Français de votre circonscription ?

Le défi principal est moins visible qu’il n’y paraît. Ce n’est pas forcément un manque de solutions, mais une difficulté à s’y retrouver et agir à temps : connaître ses droits, quels sont tous les dispositifs à utiliser, par exemple pour recevoir une bourse scolaire, une aide d’urgence, pour avoir un accompagnement, pour vous procurer un document, pour recevoir un appui dans l’interaction avec une administration…

Dans un environnement local et régional sous tension, où les règles évoluent vite et où les parcours se complexifient, beaucoup de Français avancent avec une information fragmentée. Les droits existent, mais restent souvent théoriques. Les dispositifs aussi. Alors, le vrai enjeu, c’est de passer du droit à la solution.

Nous avons, il faut le dire aussi, une communauté très diverse entre étudiants, actifs et retraités, et cela fait qu’il n’y a pas une réponse unique. C’est là que le rôle d’un conseiller prend tout son sens : apporter une lecture simple, décider vite, et transformer la complexité en actions utiles.

 

Comment envisagez-vous de promouvoir l’enseignement français et le bilinguisme, notamment pour les enfants de familles expatriées ou mixtes ? 

En tant que conseillère des Français de l’étranger, j’ai pu constater que l’accès à l’enseignement français devient plus difficile. La nécessaire réforme de l’AEFE[1], la hausse des coûts, le nombre limité de places et même l’absence d’options éducatives dans certaines régions du pays, tout cela crée une pression réelle pour les familles.

Sur ce point, ma priorité est d’agir - à l’aide aussi de mes colistiers, dont Christophe Weller Président en exercice du Conseil de gestion du Lycée Français Anna de Noailles, et Raluca Parvu, Vice-Présidente du Conseil de gestion du même Lycée – pour garantir que chaque enfant de la communauté a un accès réel à une éducation française de qualité. Aujourd’hui, le premier frein est connu : le coût. Les frais de scolarité ont augmenté dans de nombreux établissements du réseau AEFE, alors que les revenus des familles n’ont pas suivi. Il faut donc agir sur deux leviers concrets : un accès simplifié et plus lisible aux bourses, et une transparence totale sur le calcul des frais. Ensuite, le deuxième enjeu est la continuité des parcours. Trop de familles font face à des ruptures, lors des mobilités ou des changements de situation. Des solutions complémentaires existent, mais il vaut mieux les utiliser localement : le CNED, plus de filières bilingues dans les villes, dispositifs FLAM. Il est essentiel que nos concitoyens aient accès à un enseignement français gage de réussite, porté par des établissements solides et ouverts sur l’avenir, permettant aux jeunes de construire des parcours professionnels de qualité, en France, en Roumanie ou ailleurs.

 

Comment comptez-vous renforcer le lien entre la communauté française et les acteurs locaux (culturels, économiques, éducatifs) dans les deux pays ? 

Ce lien, je le construis depuis plus de 35 ans, dans ma pratique quotidienne. Au cabinet Gruia Dufaut & Associés nous accueillons, par exemple, régulièrement des élèves du Lycée Français Anna de Noailles et des étudiants du Collège juridique franco-roumain ou de la Sorbonne pour des stages leur permettant de découvrir notre profession. Ce modèle fonctionne. Il doit être étendu à l’échelle de la communauté pour créer des passerelles concrètes entre l’école et les entreprises.

Je compte aussi sur une équipe engagée et complémentaire en termes d’expertise. Patrick Moleins, mon ami et aussi mon colistier, a structuré et développé un réseau économique solide autour du Club francophone d’affaires de Sibiu. Christophe Weller est aussi un entrepreneur éclairé qui agit au cœur du système économique et éducatif. Raluca Parvu apporte également une expertise en ressources humaines et en parcours professionnels. Ralph Parisot, le numéro deux de la liste des Indépendants, a cette expérience de structurer des initiatives qui relient directement la communauté française aux acteurs locaux et créer des opportunités pour les jeunes.

De mon côté, cet engagement au sein de la communauté, me permet de mobiliser rapidement les bons acteurs et de transformer ces connexions en projets réels. Depuis plus de 35 ans, je travaille à renforcer les liens entre la France et la Roumanie, et j’ai eu l’honneur que cette mission que j’ai assumée, soit reconnue par l’État français, qui m’a accordé les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur et de l’Ordre national du Mérite, de la même manière que l’Etat roumain qui m’a honoré avec l’Ordre du mérite commercial et industriel.

 

Comment comptez-vous améliorer l’accès des Français vivant en Roumanie et Moldavie aux services consulaires ? 

L’accès aux services consulaires doit être plus simple, plus rapide et plus lisible. Je concentre mon attention sur deux leviers. D’abord, mieux informer : une communication plus claire et régulière pour que chacun sache immédiatement quoi faire et à qui s’adresser. Ensuite, faire évoluer les dispositifs : je fais remonter les retours du terrain pour corriger ce qui ne fonctionne pas et adapter les dispositifs dans le sens des attentes de la communauté. Je n’ai pas vocation à tout résoudre toute seule. En revanche, avec l’appui de la communauté, nous pouvons faire avancer les choses et obtenir des résultats concrets.

Mon indépendance est un atout. Elle me permet de dialoguer avec toutes les administrations, sans contrainte partisane, et de rester concentrée sur un seul objectif : l’intérêt des Français de Roumanie et de Moldavie.

 

Comment renforcer la sécurité et l’information des Français résidant en Moldavie et Roumanie, notamment dans un contexte régional parfois instable ? 

La sécurité se joue dans les premières minutes. L’impact dépend de la capacité à recevoir l’information à temps et de savoir réagir et agir immédiatement en coordination avec les autorités.

Je compte renforcer une diffusion rapide et ciblée des alertes. Dans ces démarches je compte sur le professionnalisme des équipes de sécurité de l’Ambassade et sur des relais de terrain efficaces. Je compte aussi sur l’expérience de ma colistière Agnès Mazzucotelli, chef d’îlot à Bucarest 2, dont les conseils utiles permettent de trouver la meilleure solution pour faire circuler l’information sans délai, maintenir un contact direct avec les Français, quartier par quartier, et aider.

La crise Covid nous a montré notre vulnérabilité. Elle nous a aussi appris qu’une communauté informée et connectée réagit mieux, car la force du collectif fait la différence.

 

Votre liste est-elle soutenue par un parti ou une organisation politique ? Si oui, lequel / laquelle ?

Notre liste est indépendante sans aucun parti ou organisation politique derrière nous.

Ce choix que nous avons tous fait depuis toujours au service des Français de Roumanie et de Moldavie me garantit une liberté d’action totale et une parole claire. Il nous permet de travailler avec tous les acteurs avec une seule priorité : apporter des résultats concrets pour les besoins de notre communauté.

Avec mes colistiers Ralph Parisot, Agnès Mazzucotelli, Christophe Weller, Raluca Parvu et Patrick Moleins, de la liste Les Indépendants au service des Français de Roumanie et de Moldavie nous comptons sur le soutien des Français de Roumanie et de Moldavie lors du vote en ligne du vendredi 22 au mercredi 27 mai et à l’urne, le dimanche 31 mai, à Bucarest et à Chisinau.

Je remercie sincèrement toutes celles et ceux qui nous soutiennent déjà et qui s’engagent pour faire avancer notre communauté.

dana gruia Dufaut

 

[1] AEFE = Agence pour l’enseignement français à l’étranger

 
lepetitjournal.com bucarest
Publié le 4 mai 2026, mis à jour le 4 mai 2026
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