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COUPLE FRANCO-ROUMAIN - Florent et Miruna

Par Grégory Rateau | Publié le 16/12/2019 à 00:00 | Mis à jour le 16/12/2019 à 00:00
couple franco roumain florent et Miruna france roumanie

Pour notre chronique du "couple franco-roumain" nous sommes allés à la rencontre de Florent et de Miruna. Lui est français, elle est roumaine mais a aujourd'hui la nationalité française. Ensemble, ils ont monté un espace de coworking à Lille et reviennent pour nos lecteurs sur leur rencontre et leur histoire d'amour franco-roumaine.


 

 

Grégory Rateau: Pouvez-vous nous présenter brièvement votre parcours?

Florent: Après quelques années dans le conseil en RH et Management, nous avons pris la décision commune en 2017 de quitter la région parisienne pour nous lancer dans un projet entrepreneurial, l’ouverture d’un espace de Coworking, le Clockwork, au centre-ville de Lille, ma ville d’origine et celle de notre première rencontre. Le projet a ouvert ses portes en mai 2018 et rencontre un franc succès depuis. Nous préparons une extension du lieu et le lancement d’une nouvelle startup qui vise à construire un réseau d’espaces sur la région pour l’accueil des salariés télétravailleurs et nomades. Tout cela est a été possible grâce au soutien indéfectible de Miruna qui a conservé son emploi et accepté de quitter sa ville de cœur qui est Paris !

Miruna: Mon histoire commence en Roumanie, c’est là où je suis née et où j’ai fait une première partie de mes études. En 2011 j'ai souhaité vivre une expérience internationale et comme j’étais amoureuse de la France et de Paris en particulier, le choix de partir en France s’est fait donc naturellement. Entre 2011 et aujourd’hui, j’ai rencontré Florent, j’ai fait un second master II en RH, nous nous sommes mariés, je suis devenue Française et nous avons déménagé à Lille pour démarrer l’aventure Clockwork.

 

Parlez-nous de votre première rencontre?

Florent: Cela remonte au lycée ! Miruna est venue faire un échange scolaire dans mon école, et nous sommes devenus voisins de banc (rires). Aucune étincelle à ce moment précis, mais nous nous sommes très vite liés d’amitié. Après son départ nous sommes restés en contact, d’abord par courrier, puis par e-mail et enfin sur Facebook. Avec le temps, nous nous sommes un peu perdus de vue, jusqu’à ce que nos routes respectives nous amènent tous les deux à Paris à la même époque en 2011. De mon côté pour finir mes études, du sien, pour le travail. C’est Facebook qui nous a réuni pour de bon. Le jour de mon anniversaire, Miruna me souhaite "la multi ani" et j’aperçois la Tour Eiffel derrière sa photo de profil. Je saute sur l’opportunité pour l’inviter à ma soirée, en lui précisant bien que nous serions dans un contexte international avec d’ailleurs d’autres Roumaines de mon école. Elle arrive en cours de soirée, avec un superbe manteau bleu, assorti à ses yeux et un pack de Leffe (bleue !) dans les mains. Pour le ch’ti que je suis c’était le coup de foudre (rires). On découvre dans la soirée que nous sommes voisins depuis une semaine, tous les deux dans les RH et tous les deux fans de musique métal. Un an plus tard nous étions fiancés !

Miruna: La toute première rencontre est assez floue dans mes souvenirs, elle remonte à très loin (rires). Florent a été parmi les premiers de la classe à venir me parler et à s’intéresser aux particularités culturelles roumaines et on a eu une très bonne interaction dès le début. En arrivant sur Paris il faisait partie de ma top liste de personnes à recontacter. On ne s’est pas beaucoup parlés lors de sa soirée d’anniversaire, mais cela a justement créé le contexte pour qu’on se retrouve quelques jours après, et de plus en plus souvent ensuite (rires).

 

Qu’est-ce qui vous a plu chez l’autre ?

Florent: Absolument tout ! J’aimais découvrir la Roumanie à travers ses yeux, mais aussi redécouvrir mon pays à travers ses interrogations et ses surprises. Son caractère aussi m’a tout de suite séduit : un caractère franc, en acier trempé, courageuse, le genre de femme qui n’hésite pas à quitter son pays et ses attaches pour suivre ses ambitions et son rêve, le tout avec une attention et une gentillesse pour les autres (qu’elle nie, mais qui n’en est pas moins vraie !).

Miruna: Son cerveau et son sens de l’humour. Egalement son caractère ouvert, son esprit curieux et le désir d’aller toujours plus loin et à la fois sa capacité de prendre du recul et de voir des opportunités là où d’autres gens ne les verraient pas. Puis sa constante bonne humeur et le fait qu’on se sent tout simplement à l’aise en sa présence. Florent est vraiment quelqu’un de génial!

 

Miruna comment s’est passée votre intégration en France?

Contrairement à d’autres Roumains qui ont partagé leurs expériences, moi j’ai été accueillie à bras ouverts par la France dès le début. Il y a eu bien sûr quelques difficultés administratives au tout début mais rien de vraiment insurmontable. Le plus difficile a été de surmonter les défis de la distance géographique par rapport à ma famille et à mes amis roumains, que je voyais beaucoup moins souvent et qui me manquaient. Florent a beaucoup contribué à mon intégration en m’ouvrant son cercle d’amis, son réseau, et en m’accompagnant ou en me proposant des bons plans d’activités et de sorties (concerts, spectacles, expos, rencontres etc.).

 

Aviez-vous des a priori, Florent, sur les Roumains, sur la Roumanie? Si oui, qu'est-ce qui a changé dans votre regard?

Assez peu en vérité. J’avais peut-être un léger a priori négatif de par mes précédentes rencontres dans le milieu professionnel où j’ai pu croiser des caractères « hyper exacts » comme dirait Miruna, ne laissant que peu de place aux accommodations et à la négociation, mais cela se limite à ça. La vérité c’est que je connaissais très mal ce pays et cette culture, qui sont souvent ignorés par les médias français. C’est un tort que j’ai pu rattraper grâce à Miruna, au point de tomber amoureux de son histoire et de sa langue !

 

Comment vos familles respectives ont-elles réagi à votre union ?

Florent: Nous n’avons, Miruna et moi, que nos mamans avec nous. Et elles ont réagi comme toute maman qui apprend que son enfant a fait la rencontre d’une vie, avec joie et amour ! Nous n’avions plus qu’une maman, nous en avons désormais deux chacun (rires).

Miruna: Les 2 mamans ont très bien réagi et nous avons chacun été adopté et intégré de suite dans la famille de l’autre.


 

Rêvez-vous de venir un jour vous installer tous les deux en Roumanie?

Florent: Rêver est un peu fort, mais oui j’aimerais y passer quelques années, essentiellement pour me perfectionner sur ma maîtrise encore aléatoire de la langue. Mais Miruna ne l’envisage pas et je respecte son choix et sa décision.

 

Des appréhensions, Miruna, sur un retour éventuel au pays?

Pas vraiment non, j’aime y retourner pour des vacances et pour vraiment profiter des belles choses qui sont en Roumanie mais je n’envisage pas d’y retourner pour y vivre. A choisir, je préférerais faire un tour du monde, m’arrêter successivement pendant quelque temps dans d‘autres pays et vivre un bout d’expérience internationale ainsi. Je pense que je n’arriverai pas à me réhabituer à la dynamique et au rythme de vie de là-bas. Puis le monde est tellement grand et il m’en reste tellement à découvrir que j’ai plutôt envie de privilégier cette idée à celle d'un retour au pays.

 

De manière un peu plus légère, y-a-t-il chez l'autre, un trait de caractère proprement français, et proprement roumain que vous aimez ou que vous détestez ?

Florent: J’adore son talent pour adapter les petites expressions roumaines en français. Un petit « intre nimic si nimic » a beaucoup de charme une fois traduit (rires). J’apprécie aussi son côté « no bullshit » que je retrouve chez beaucoup de nos amis roumains ! Je regrette par contre un pessimisme national ambiant, une espèce de culture  du « no futur » qui est très présente, du fait du contexte politique depuis 20 ans. Mon côté entrepreneur me fait voir une terre d’opportunité quand la plupart des Roumains ne voient que les dysfonctionnements !

Miruna: En France il y a plein de blagues de type “jeux de mots” qui font rire les Français mais pas trop les Roumains... Mais nos débats sur ce qui est drôle et ce qui ne l’est pas finissent toujours en rigolade, ce qui me va bien!

 

Un cliché lié à vos deux cultures respectives que vous avez su dépasser chez l'autre?

Florent: N’ayant pas vraiment de « clichés » envers la Roumanie et les Roumains, il n’y avait pas grand-chose à dépasser dans mon cas.

Miruna: Les autres Roumains que j’ai rencontré en France m’ont parlé du sentiment que les Français sont “froids” avec les autres. Ça m’a beaucoup surpris comme retour, me concernant je n’ai jamais ressenti cela comme ça, tout le contraire d’ailleurs! Je n’ai jamais été nul part aussi bien accueillie qu’en France!

 

grégory rateau

Grégory Rateau

Rédacteur en chef et directeur du média LePetitJournal.com/Bucarest, ancien chroniqueur à RRI, poète et écrivain
1 Commentaire (s) Réagir
Commentaire avatar

Michel078 lun 16/12/2019 - 15:56

Ensemble, ils ont monté un espace de COTRAVAIL à Lille.

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