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Christophe Chamboncel (ACCOR), les perspectives hôtelières en Roumanie

Par Grégory Rateau | Publié le 18/05/2020 à 00:00 | Mis à jour le 18/05/2020 à 16:10
Christophe_Chamboncel_Accor

En cette période de déconfinement, les hôtels seront les premiers à rouvrir. Notre rédaction est allée à la rencontre du Français, Christophe Chamboncel, directeur régional du groupe Accor pour l'Europe du Sud-Est. Il nous parle des perspectives hôtelières de la Roumanie.

 

 

Grégory Rateau : Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Christophe Chamboncel : Né en Jordanie de père français et de mère grecque, j’ai passé toute mon enfance et une partie de mon adolescence à l’étranger à travers l’expatriation de mes parents. L’Egypte, la Thaïlande, l’Autriche sont quelques pays où j’ai eu la chance d’habiter ; je dis la chance, car comme on le dis si bien, « les voyages forment la jeunesse ». Dès l’âge de 12 ans, je savais déjà que je voulais travailler dans le milieu de l’hôtellerie. Hôtelier passionné depuis plus de 20 ans, j’ai commencé par la restauration en tant que responsable de salle puis comme Directeur F&B dans des établissements 4 Etoiles. Une belle opportunité m’a permis de passer Directeur Général à 29 ans, et, depuis, j’ai occupé des postes de direction successifs au sein du Groupe Accor dans plusieurs pays d’Afrique et en Europe de l'Est. En 2019 ma carrière a pris un nouveau tournant avec la direction régionale Accor de l’Europe du Sud-Est.

 

Quelles ont été vos premières impressions sur le pays ?

C’est en fait un retour. J’ai eu le plaisir de diriger le Novotel Bucarest City Center en 2014. Je suis arrivé avec un esprit ouvert. Après 8 années passées en Afrique je savais que l’Europe était un nouveau départ. Les préjugés sur la Roumanie sont nombreux et pourtant j’ai été agréablement surpris par le dynamisme de ce pays. Bucarest est une ville chaleureuse, étonnante, moderne, traditionnelle, historique et atypique. Les habitants sont toujours prêts à vous aider ou vous faire découvrir leur pays et leur culture. Il y a de nombreux parcs, monuments et lieux à visiter. La capitale de la Roumanie et ses habitants sont résolument tournés vers le futur et l’innovation et ils n’ont pas dit leur dernier mot.

 

Combien d'hôtels Accor y a-t-il en Roumanie? En quoi ce pays représente-t-il un marché important pour le groupe ?

La Roumanie est un marché clé pour Accor en Europe de l'Est. Il existe actuellement 12 hôtels du groupe à travers le pays : Pullman, Novotel, Mercure, Ibis et Ibis Styles. Ils totalisent 1625 chambres. Nos plans de développement sont également dynamiques et comprennent une variété de projets qui ouvriront à Bucarest et dans d'autres villes clés de Roumanie.

Les prochaines ouvertures prévues en 2020 sont : l'Ibis Styles Bucharest City Centre qui proposera 152 chambres, un restaurant, un bar, des salles dédiées aux conférences et événements privés, ainsi que son propre parking, le Mercure Timişoara, un projet de référence pour Accor mais aussi pour la ville, par sa qualité, avec 60 chambres. Il répondra aux exigences de la certification verte BREEAM. L’ibis Styles Bucharest Airport - situé à Otopeni, qui comprendra 85 chambres et le Combo Mercure & Ibis Styles à Galati.

 

Quelles sont les villes les plus prisées par une clientèle internationale ?

La chose la plus importante à propos de la Roumanie est que c'est un pays avec un grand marché domestique dont les revenus augmentent chaque année. Le pays dispose de tous les facteurs clés pour le développement de l'hôtellerie : il a l'une des croissances économiques les plus rapides de l'UE. La Roumanie gagne en popularité en tant que destination de vacances, d'affaires et de séminaires et les différents modes de liaison avec le reste de l'Europe s'améliorent. De nombreux investissements dans les infrastructures devraient être effectués plus rapidement afin de ne pas ralentir le rythme de développement, cependant, nous avons des perspectives très positives pour la Roumanie. Bucarest reste la ville la plus importante en termes de flux internationaux, car elle se développe très rapidement. Cependant, nous nous concentrons également sur d'autres villes, telles que Sibiu, Iasi, Constanţa, Cluj et Timişoara (Capitale Europeene de la Culture en 2021!) qui auront un fort potentiel.

 

Constatez-vous une amélioration de la qualité de service ?

Le tourisme, en général, est un facteur important du développement d’un pays, tant économique que d’un point de vue social et culturel. Il peut transformer un pays inconnu en un pays populaire et prospère. Pour atteindre le niveau européen, nous devons privilégier un recrutement de qualité, car notre personnel est l'image de hôtel et représente indirectement la qualité des services offerts.

Une personne travaillant dans l'industrie hôtelière doit avoir des compétences en communication, être capable d'interagir immédiatement avec les gens, et de les mettre en confiance dès les premières minutes de la conversation. Elle devra être en mesure de résoudre tout problème de manière agréable et en même temps être un expert dans les services fournis.

La qualité des services proposés en hôtellerie est en constante amélioration. Nous recherchons le meilleur rapport qualité-prix et tâchons sans cesse de faire évoluer nos propositions en matière de divertissement et d'activités diverses.

La première tendance majeure à l’amélioration de la qualité de service consiste à la rénovation des installations hôtelières. La deuxième tendance est la mise en place d'investissements destinés à la construction de nouvelles unités hôtelières. C’est ce que s’efforce de faire le groupe Accor avec ses derniers partenariats.

Une autre tendance vise à l'augmentation des prix bien que cela ne corresponde pas toujours à la qualité des services offerts. Ceci a entraîné la fuite de touristes étrangers et roumains vers d'autres destinations de vacances telles que la Turquie, la Grèce, la Croatie, l’Espagne, etc.

 

Quelles perspectives pour le secteur de l’hôtellerie en Roumanie ?

La popularité et l'attractivité de la Roumanie pour les marques hôtelières internationales sont alimentées par les perspectives économiques du pays, son histoire, sa nature et sa culture prolifique, autour des valeurs de la gastronomie et de la production de vin. La concurrence sur le marché de l'hôtellerie s'intensifie, mais nous sommes heureux de voir de plus en plus d'investisseurs locaux et internationaux décident de travailler avec le groupe Accor mondialement reconnu.
Notre Ambition pour la Roumanie sera de fournir 1 510 nouvelles chambres sur le marché d'ici 2022. Et l'objectif du Groupe Accor pour les 5 prochaines années est très ambitieux : nous voulons atteindre 50 hôtels en Roumanie d'ici 2025.

 

Cette pandémie mondiale a fait énormément de tort au secteur du tourisme et à l'économie en général. Êtes-vous optimiste pour un après ? Des propositions pour mieux traverser cette crise ?

Comme vous le savez, le monde est à l’arrêt et le secteur hôtelier est particulièrement touché de par la nature de son cœur de métier que ce soit en Europe ou dans le reste du monde. La préoccupation du groupe ACCOR, aujourd’hui est uniquement portée sur la santé de nos quelques clients et de nos collaborateurs. Nous avons donc mis en place très tôt tous les outils nécessaires (gel, gants, masques, prise de températures, distanciation, sensibilisation clients et employés, etc…).

Cette crise était imprévisible ; c’est une situation inédite et j’espère que cela ne se reproduira pas. Cela va changer beaucoup de choses. Demain, les voyageurs auront de fortes attentes en termes de sécurité sanitaire. Chaque individu voudra connaître la provenance des produits à consommer et il se demandera si la marque est responsable. Les premiers déplacements seront forcément locaux et à courte distance.

Parler de redémarrage du secteur aujourd’hui est très aléatoire. A ce stade d’incertitude nous ne pouvons qu’échafauder quelques scénarios possibles. Concentrons-nous plutôt sur le soutien que nous pouvons apporter, aidés par nos partenaires, propriétaires d’hôtels, à nos collaborateurs (nos « Heartists ») en les protégeant au maximum et en essayant de leur faire supporter au mieux le confinement. ACCOR a également innové en créant le « Fond Heartist » qui vient en aide à nos collaborateurs les plus touchés.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, nous travaillons tous les jours à préparer l’Après ! Que ce soit en terme de commercialisation, de processus opérationnels pour les futures réouvertures de nos hôtels, de protocoles d’accueil des clients …. Nos habitudes ont été bouleversées. Il nous faut repenser notre métier et réfléchir « out of the box ».

Il faudra très rapidement répondre aux nouvelles préoccupations de nos clients sur la circulation du virus, d’où l’annonce d'un partenariat avec le Groupe Bureau Veritas afin de développer un label visant à certifier que le niveau de sécurité et de mesures d’hygiène est adapté à la reprise de notre activité.

D’ailleurs nous commençons à rouvrir certains de nos hôtels et pour cela nous nous devons de  transmettre à nos clients une vision positive, et rassurante, avec des échanges maîtrisés, de la découverte etc… Car plus que jamais l’envie de vivre avec un grand V sera là !

 

grégory rateau

Grégory Rateau

Rédacteur en chef du site lepetitjournal.com/Bucarest, chroniqueur à Radio Roumanie Internationale et écrivain
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