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TRADITION - Le marțișor, symbole du printemps

Par Lepetitjournal Bucarest | Publié le 28/02/2016 à 23:00 | Mis à jour le 06/01/2018 à 20:06

En Roumanie -comme en Bulgarie-, le retour du printemps est célébré le 1er mars avec un mar?i?or, un petit objet décoratif entouré de fils rouge et blanc, que l'on offre en cadeau à ses enfants, parents, amis ou collègues de travail. Né dans les campagnes, il a contaminé les villes où il est devenu un objet de mode, que revisite chaque année toujours plus de créateurs.

Photo : www.carlaszabo.com

Un fil rouge et un autre blanc, qui s'embrassent. Le premier représente la vitalité du printemps et le second est symbole de la pureté. Voilà le mar?i?or comme il est apparu dans le monde paysan il y a plusieurs centaines d'années. Selon la tradition, on l'attachait aux arbres ou aux cornes des vaches pour se porter chance. Demain, des millions de Roumains offriront et recevront un mar?i?or et l'arboreront sur leur veste ou autour de leur poignet. Dans les villes, le simple fil rouge et blanc s'est transformé en objet de mode, voire en bijou. Il est décliné en feutre, cuir, matériaux recyclés, sous forme de broche, de bracelet ou d'objet décoratif. "La ville a récupéré une tradition rurale qu'elle a transformée de façon artistique. On continue à marquer le fait que vient le printemps même si nous sommes moins liés au rythme de la nature que ne l'étaient les paysans", explique Lila Passima, chercheuse au Musée du paysan roumain de Bucarest.Le mar?i?or est né il y a quelques centaines d'années, estiment les spécialistes même si certains soutiennent qu'il est issu de la culture des Daces, les ancêtres des Roumains. Vers les années 1900, il est adopté dans les villes. 

Un mar?i?or qui survit au printemps 

Sous la dictature communiste qui prôna une urbanisation forcée, étudiants, ouvriers et autres catégories sociales continuèrent de fabriquer des mar?i?oare (pluriel de mar?i?or), qu'ils avaient le droit de vendre sur certaines places des villes début mars. Une occasion unique de commerce privé. Il y a deux ans, Carla Szabo, une jeune créatrice roumaine, en a fait une collection, qu'elle renouvelle tous les ans et qu'elle a appelée les Mixi?ori. ''Cette année, j'ai repris un élément de la campagne  : la poule. Elle représente dans l'art populaire roumain la fécondité, comme le printemps, explique-t-elle. Je mélange le rouge, le blanc, mais aussi le noir, parce que je parle de cette terre fertile et humide que l'on retrouve après l'hiver et dans laquelle commence à pousser les plantes.'' Traditionnellement, le mar?i?or ne survit pas au printemps et à la fin du mois de mars, il disparaît. ''Moi, je n'aime pas l'idée de périssabilité, continue Carla Szabo. Quand je fais quelque chose, je préfère qu'il tienne dans le temps. C'est pour ça que j'ai voulu le transformer en bijou, car c'est un objet que tu peux porter longtemps et même transmettre.''Broches, pendentifs, bracelets  : la collection de Carla Szabo s'arrache comme des petits pains. Loin des étals où l'on propose des mar?i?oare en série venus de Chine, ses bijoux représentent un véritable printemps roumain.

Jonas Mercier, avec AFP (www.lepetitjournal.com/Bucarest) Lundi 29 février 2016

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