La réunion exceptionnelle du gouvernement, initialement prévue en fin de journée mardi, a été reportée faute d’avis du Conseil économique et social sur un projet d’ordonnance visant à instaurer un régime de crise sur le marché des carburants.


Ce texte, encore en attente d’adoption, prévoit une série de mesures destinées à contenir les effets de la flambée des prix de l’énergie.
L’exécutif dirigé par Ilie Bolojan envisage notamment de mettre en place un dispositif temporaire de protection valable six mois, avec la possibilité de prolongations si les tensions persistent.
Parmi les principales dispositions figure un encadrement strict des marges commerciales sur l’essence, le diesel et les produits nécessaires à leur fabrication. Ce plafonnement concernerait l’ensemble de la chaîne économique - de la production à la distribution - et serait limité à un niveau nettement inférieur à celui pratiqué récemment, afin d’éviter toute dérive spéculative.
Le projet prévoit également d’assouplir certaines règles techniques, comme la réduction de la part de biocarburants incorporés dans l’essence, dans le but de faire baisser les prix à la pompe.
Autre levier envisagé : un contrôle renforcé des exportations de carburants. Les livraisons vers l’étranger ou au sein de l’Union européenne pourraient être soumises à des autorisations préalables, afin de garantir l’approvisionnement du marché intérieur.
Ces mesures interviennent dans un contexte international tendu, marqué par une forte volatilité des prix du pétrole, en lien avec les évolutions géopolitiques au Moyen-Orient. La hausse récente du baril a accentué les pressions sur les marchés nationaux, poussant les autorités à envisager une intervention rapide.
Plusieurs institutions, dont les ministères des Finances, de l’Énergie et de l’Économie, ainsi que le Conseil de la concurrence, seraient chargées de suivre l’évolution du marché et d’ajuster les mesures si nécessaire.
En coulisses, des divergences sont apparues au sein du gouvernement sur la stratégie à adopter. Le ministre de l’Énergie, Bogdan Ivan, aurait plaidé pour une baisse immédiate de la fiscalité sur les carburants afin de soulager rapidement les consommateurs. À l’inverse, le ministre des Finances Alexandru Nazare et le Premier ministre ont privilégié une approche progressive, estimant que de telles mesures ne devraient être envisagées qu’en cas de nouvelle envolée des prix.
Un compromis semble toutefois se dessiner : une première phase reposant sur les mécanismes de régulation actuellement en préparation, suivie, si la situation l’exige, d’éventuels ajustements fiscaux.







