Les smartphones reconditionnés: mirage ou miracle écologique?

Par Article Partenaire | Publié le 06/01/2021 à 00:00 | Mis à jour le 06/01/2021 à 00:00
Photo : Pixabay
smartphones reconditionnés

Alors que la défense du climat est au cœur des priorités du Green Deal, de nombreuses entreprises spécialisées dans la vente de téléphones reconditionnés voient le jour en Europe. Celles-ci avancent des arguments qui relèvent du marketing écologique pour tenter de convaincre les consommateurs écoresponsables. Cette posture environnementale est-elle conforme à la réalité ? Résiste-t-elle à l’épreuve des chiffres ?

 

L’impact environnemental d’un smartphone neuf

 

Les smartphones produisent une pollution substantielle, que les fabricants eux-mêmes reconnaissent. Selon Apple, la confection et l’utilisation d’un iPhone 12 (256 GB) produiraient 85 kg de CO2. La fabrication de l’appareil représenterait à elle seule 83% de ces émissions ; l’utilisation, 14% ; le transport, 2% ; et le recyclage éventuel, 1%.

 

Si l’impact environnemental des derniers modèles tend à diminuer sensiblement par rapport aux modèles précédents (toujours selon Apple, un iPhone 12 produirait 2 kg de CO2 de moins qu’un iPhone 11), les conséquences pour la planète se posent avec d’autant plus de force qu’elles ne se limitent pas aux seules émissions de CO2.

 

Les dangers des DEEE (Déchets d'Équipements Électriques et Électroniques)

 

Selon Eurostat, les DEEE représenteraient un volume supérieur de 12 millions de tonnes par an dans l’Union européenne. La collecte de ce type de déchets constitue un problème majeur pour l’environnement, puisque moins d’un tiers desdits déchets serait in fine collecté et stocké.

 

Les DEEE constituent un mélange complexe de composants toxiques causant des problèmes sanitaires majeurs aux populations. Les habitants installés à proximité des décharges sont ainsi exposés à des matériaux dont la dangerosité est dénoncée par les Nations Unies - tels que le mercure, dont les émanations peuvent provoquer de graves lésions cérébrales.

 

La question de l’extraction des matières premières

 

Selon une étude du Comité Economique et Social Européen, la fabrication d’un smartphone nécessite 44 kg de matières premières, pour un produit fini qui ne pèse que 164 grammes.

 

Plus de 70 matériaux sont nécessaires à la fabrication d’un smartphone, selon l’Ademe. Les matières premières telles que l’or, l’argent, le cuivre, le béryllium et le cobalt sont utilisées dans la composition des écrans et des composant électroniques des appareils.

 

Les conditions d’extraction de ces matériaux sont pointées du doigt par de nombreuses ONG. Amnesty International alerte régulièrement l’opinion sur le fait que de nombreux mineurs travaillent dans les mines congolaises de cobalt.

 

L’avènement des smartphones reconditionnés

 

En Europe, les premiers smartphones reconditionnés sont arrivés sur le marché il y a une dizaine d’années, à l’initiative du pionnier français Recommerce. Selon Que Choisir, 10 à 15% des téléphones vendus en France seraient reconditionnés – un marché en croissance de 10% par an.

 

Pour conquérir ce marché colossal, des startups spécialisées se sont constituées un peu partout sur le continent. Les entreprises leaders telles que Recommerce en France et fenix.eco en Roumanie ont un point commun : elles revendiquent un positionnement écoresponsable, qui frôle parfois le militantisme.

 

Les arguments des reconditionneurs

Selon Apple, la fabrication d’un Phone 7 de 32GB produirait 56kg of CO2. Choisir le même modèle, reconditionné, permettrait d’éviter l’émission de plus de 30 kg de CO2. En outre, il faudrait 44 kg de matières premières pour fabriquer un nouvel appareil, contre seulement 4 à 10 kg pour en reconditionner un. Enfin, en allongeant la vie d’un smartphone grâce au reconditionné, on réduit mécaniquement la production des déchets.

Pour gagner de nouveaux clients, les acteurs du reconditionné avancent également des arguments d’ordre économique. Les téléphones reconditionnés sont proposés avec une garantie de 6 à 24 mois, dans un état esthétique et de fonctionnement proche du neuf (voire comme neuf, en fonction du grade) et jusqu’à 50% moins chers.

Le basculement progressif d’une économie consumériste à une économie circulaire

 

Si les arguments écologiques et économiques en faveur des smartphones reconditionnés sont si significatifs, alors pourquoi ne s’imposent-ils pas comme une évidence pour un nombre plus important de consommateurs?

 

Peut-être parce qu’il reste au reconditionné un ultime obstacle à franchir : celui de l’inavouable caractère statutaire associé aux smartphones. Pour de nombreux consommateurs, posséder le tout dernier modèle est avant tout une question d’image. Consciemment ou non, le téléphone est souvent perçu comme un signe extérieur de richesse.

 

Toutefois, au fur et à mesure que nous basculons d’une économie consumériste à une économie circulaire, l’esprit des consommateurs évolue. Lentement mais sûrement, un nouveau modèle systémique, celui du développement durable, gagne du terrain partout en Europe. Dans cette nouvelle ère, les consommateurs éclairés ne sont plus ceux qui achètent le dernier modèle de smartphone, mais ceux qui lui préfèrent une version précédente - reconditionnée. Le reconditionné est-il en passe de devenir le nouveau chic? Si tel est le cas, les cinq premières lettres du mot smartphone prendront alors tout leur sens.

 

 

gregoire-vigroux 

 

Article écrit par Grégoire Vigroux, co-fondateur de www.fenix.eco, premier site dédié à la vente de smartphones reconditionnés en Roumanie.

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1 Commentaire (s) Réagir
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Nonoscu mer 06/01/2021 - 09:13

Super article, excellente initiative ! Ça me donne des idées pour l'achat de mon prochain téléphone. Bonne année

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