Édition internationale

Le président roumain écarte toute nomination sans majorité

Le président roumain Nicușor Dan a reconnu mardi que les négociations destinées à mettre fin à la crise politique étaient dans une impasse. Depuis Paris, où il assistait aux célébrations de la fête nationale française, il a expliqué que les discussions engagées la veille avec les dirigeants des principaux partis n'avaient permis aucun rapprochement sur la formation d'un nouveau gouvernement.

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Écrit par Lepetitjournal Bucarest
Publié le 14 juillet 2026, mis à jour le 15 juillet 2026

 

Selon le chef de l'État, deux blocages empêchent aujourd'hui toute avancée. Le premier concerne la composition du futur exécutif : les partis restent divisés sur leur participation au gouvernement et sur la répartition des ministères. Certains refusent de soutenir un cabinet s'ils n'y sont pas représentés ou si les portefeuilles ne reviennent pas à leurs propres formations.

Le second point de désaccord porte sur les réformes prévues dans le cadre du Plan national de relance et de résilience (PNRR). Plusieurs textes doivent être adoptés avant la fin du mois d'août afin de permettre à la Roumanie de continuer à bénéficier des financements européens. Nicușor Dan constate que les discussions, jusque-là relativement consensuelles sur ces questions, sont devenues beaucoup plus conflictuelles.

Le président a rappelé qu'il ne désignerait pas de Premier ministre tant qu'aucun candidat ne disposerait d'une majorité parlementaire clairement établie. « Je nommerai un Premier ministre lorsque j'aurai la certitude qu'il peut obtenir les voix nécessaires », a-t-il déclaré.

Malgré les tensions, Nicușor Dan estime qu'il est encore possible de respecter l'échéance fixée par Bruxelles pour les réformes du PNRR. Il a notamment évoqué le projet de réforme des salaires dans la fonction publique, transmis seulement lundi au Partidul Social Democrat, reconnaissant qu'un texte aussi sensible suscite des attentes contradictoires. Il n'exclut pas d'intervenir comme médiateur si les discussions devaient s'enliser.

Interrogé sur la proposition formulée par le dirigeant de l'Uniunea Democrată Maghiară din România, Kelemen Hunor, visant à mettre en place une succession de gouvernements minoritaires, le président a jugé cette option théoriquement envisageable, tout en estimant qu'elle se heurterait aux réalités politiques. Selon lui, aucun parti ne souhaite assumer seul le coût politique d'une fin de mandat à l'approche des élections.

Nicușor Dan a également confirmé que le PSD avait prévenu qu'il ne soutiendrait plus automatiquement le gouvernement et que toute future coopération devrait désormais faire l'objet de négociations. Le chef de l'État s'est toutefois refusé à spéculer sur les contreparties que pourraient réclamer les sociaux-démocrates.

En revanche, il s'est montré réservé sur l'hypothèse d'élections législatives anticipées. Selon lui, cette solution ne ferait que prolonger l'incertitude sans modifier sensiblement les équilibres politiques issus des dernières élections. Les sondages laissent en effet penser qu'aucune nouvelle majorité claire ne se dégagerait des urnes.

En marge de sa visite en France, où des militaires roumains ont participé au défilé du 14 juillet, Nicușor Dan a également évoqué les discussions de la « Coalition des volontaires » consacrées au soutien à l'Ukraine. Il a réaffirmé l'engagement de la Roumanie en faveur de l'aide à Kiev, de la préparation d'un futur accord de paix et du maintien de la pression internationale sur la Russie.

lepetitjournal.com bucarest
Publié le 15 juillet 2026, mis à jour le 15 juillet 2026
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