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EMPLOI - Où sont les maçons ?

Écrit par Lepetitjournal Bucarest
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012
En pleine croissance, la Roumanie construit énormément. Mais les bras manquent cruellement. Attirés par des salaires plus élevés à l'Ouest, les ouvriers roumains partent depuis plusieurs années en Espagne, en France ou en Italie. Le gouvernement essaie de trouver des solutions{mxc}

Chinois, Indiens ou Africains, ils peuplent de plus en plus les chantiers du pays (photo adevarul.ro)

Ce samedi, une bourse de l'emploi pour les Roumains d'Italie aura lieu à Rome. Plus de 8.500 postes seront proposés, dont 1.500 par des entreprises de construction qui feront le voyage depuis la Roumanie. Le reste constitue l'offre déjà recensée par l'Agence nationale pour l'occupation de la force de travail (ANOFM). "Plus de 4.000 emplois proposés par l'ANOFM seront destinés à des ouvriers qualifiés et hautement qualifiés et les salaires sont proches de ceux offerts par d'autres pays de l'Ouest"a assuré Ionel Muscalu, le président de l'ANOFM dans un entretien au quotidien Curierul National.
De son côté, Eugen Colceriu, président de la fédération syndicale FNSCM salue l'initiative mais reste prudent : "On attend de voir le résultat, cette bourse n'est pas grand-chose par rapport aux besoins réels."Désormais, pour palier au manque de main-d'oeuvre en Roumanie, certaines sociétés font appel à des travailleurs étrangers. Chinois, Indiens ou Africains, ils peuplent de plus en plus les chantiers du pays. Dernièrement, la presse faisait écho de l'arrivée de Bangladais.

Le salaire, nerf du problème
Les statistiques ne peuvent qu'être approximatives, mais Adriana Iftimie, directrice générale du patronat des sociétés de construction de Roumanie, estime qu'il manque aujourd'hui environ "300.000 travailleurs dans tous les domaines de la construction, de l'ingénieur à l'ouvrier non qualifié". Un chiffre peut-être exagéré mais qui montre bien la difficulté des sociétés de construction à trouver de la main-d'oeuvre. En 2008, la croissance de ce secteur est estimée entre 20 et 30%, voire 40% selon les fonds structurels européens reçus. Pour Eugen Colceriu, "si les patrons veulent rapatrier les ouvriers roumains d'Italie ou d'Espagne, ils doivent désormais offrir des salaires décents".
En fin d'année dernière, la fédération syndicale a négocié l'augmentation du salaire brut pour un ouvrier à 570 lei (environ 160 euros, Ndlr) pour 2008. "Les patrons nous ont promis de continuer les augmentations jusqu'à 900 lei (environ 250 euros) en 2009"ajoute Eugen Colceriu. Ce revenu reste cependant en dessous du salaire brut moyen roumain qui, selon l'Institut national des statistiques (INS), s'élevait à 480 euros en décembre 2007.
Jules RAVAUD. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) jeudi 21 février 2008{mxc}
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Publié le 21 février 2008, mis à jour le 13 novembre 2012
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