

Le bilan de l'exercice financier multi-annuel 2007-2013 de l'Union européenne vient d'être fait. La Roumanie a perdu environ 40% des fonds structurels qui lui étaient alloués. Sur les 19 milliards euros auxquels elle avait droit, elle n'en a dépensé que 12 milliards.
Photo : Mediafax
Si nous faisons un calcul simple, nous pouvons dire que la Roumanie n'a pas perdu d'argent. En effet, ses contributions au budget de l'UE ont été moins importantes que ce qu'elle a reçu. En effet, entre 2007 et 2015, Bucarest a payé 12,3 milliards d'euros et en a dépensé 32,5 milliards, tous fonds confondus. Il s'agit d'un ''plus'' de 20 milliards d'euros, ce qui correspond annuellement à environ 1,5% de notre PIB.
Pourquoi cette statistique est-elle pourtant décevante ? Parce que plus de sept milliards d'euros de ces fonds sont des paiements directs aux agriculteurs, sous forme de subventions versées à tous leurs homologues de l'UE. Ces fonds ont été absorbés à 100% en Roumanie car leur obtention ne tient qu'au dépôt d'une déclaration. Dans la situation agricole de la Roumanie, cet argent aide avant tout les agriculteurs à vivre et n'offre quasiment aucune valeur ajoutée à notre économie. À l'inverse, nous avons perdu sept milliards de fonds structurels destinés à la réparation ou à la construction de routes, d'autoroutes et autres infrastructures de transport d'importance parce que nous n'avons pas déposé de projets ou par manque de cofinancements.
Nous discutons depuis des années, par exemple, de l'autoroute qui doit relier Pitești de Sibiu et qui pourrait aider les usines Dacia-Renault dans l'export de leurs voitures vers l'Europe de l'Ouest. Le coût de cette autoroute de 120 kilomètres, qui traverse les Carpates et qui serait éligible aux fonds européens, est d'environ deux milliards d'euros. Or pour ce secteur, nous avons perdu 1,7 milliards d'euros. Nous pouvons donc dire que la Roumanie a perdu purement et simplement ce financement européen par le seul fait qu'elle n'a pris la décision de construire cette autoroute suffisamment rapidement.
Ce n'est pas le fait de ne pas avoir profiter de ces fonds qui est le plus grave, mais de s'être trop basés sur eux. Car l'arrivée des fonds européens s'est traduit en Roumanie par le baisse des dépenses budgétaires réservées aux investissements. Les dépenses de capitales, comme on les appelle, ont été réduites année après année, passant de 4,5% du PIB en 2008 à 2,6% du PIB en 2015. Et l'absorption des fonds européens a été insuffisante pour rattraper cette baisse. Après les élections législatives de 2008, l'année où la Roumanie commençait à bénéficier des fonds européens, le nouveau gouvernement promettait que d'ici 2012, le pays aurait 1000 kilomètres d'autoroutes fonctionnelles et encore 700 kilomètres en construction. Nous sommes en 2016 et nous ne pouvons circuler que sur 700 kilomètres d'autoroute, dont 130 datent de l'époque communiste.
Iulian Anghel, journaliste au quotidien financier Ziarul Financiar (www.lepetitjournal.com/Bucarest) Mardi 9 février 2016







