Le fils des Ceausescu peut désormais se passer de la justice pour demander l'exhumation des corps de ses parents et mettre ainsi fin aux doutes qui entourent leurs dépouilles enterrées à Ghencea
Les fantômes des Ceausescu continuent de hanter la Roumanie. Depuis l'annonce jeudi soir par la chaine de télévision Antena 1 que Valentin, le seul enfant du couple encore en vie, avait désormais la possibilité légale de demander l'exhumation des corps de ses parents, les Ceausescu font de nouveau les gros titres. "Les Ceausescu bientôt exhumés ?", s'interrogent tous les journaux.
Plus de vingt ans après leur mort, le mystère continue de planer sur le couple, en raison de l'absence d'images de l'exécution elle-même. Et beaucoup doutent que les cadavres enterrés au cimetière de Ghencea au lendemain de leur exécution, le 25 décembre 1989, soient bien ceux de Nicolae et d'Elena Ceausescu. C'est l'armée qui s'était alors chargée de leur enterrement, mais la famille argue qu'aucun document – ni du ministère ni de l'administration des cimetières – ne peut attester que les dépouilles sont bien celles d'Elena et Nicolae Ceausescu. Autant de zones d'ombres qui ont suffi à bâtir un mythe : ce ne sont pas les Ceausescu qui ont été enterrés. Dans les allées du cimetière, cette légende a la vie dure auprès des nostalgiques du couple de dictateurs.
En 2005, Valentin et Zoe Ceausescu, la fille du couple défunt (aussi décédée depuis) avaient intenté un procès au ministère de la Défense pour exiger une expertise ADN sur les corps enterrés à Ghencea, et lever le doute une fois pour toute. Mais la justice a trainé des pieds et refusé l'exhumation, en 2007.
Un simple feu vert administratif suffit
Aujourd'hui, la vérité pourrait être révélée. Valentin Ceausescu et Mircea Oprean, le mari de la défunte Zoe Ceausescu, ont été déclarés propriétaires, depuis 2009, de la concession du cimetière Ghencea où sont enterrés les Ceausescu. "Ils sont en possession des deux certificats de concession", a expliqué leur avocat, Haralambie Voicilas. "La procédure la plus simple (pour l'exhumation) prévue par la loi est de faire une demande auprès de l'administration des cimetières. Puisque sept ans se sont écoulés depuis leur décès, l'autorisation ne peut leur être refusée."
En clair, l'héritier du couple n'a plus besoin d'obtenir l'autorisation de la justice roumaine pour faire exhumer les corps de ses parents, un simple feu vert administratif de l'administration des cimetières suffit désormais. Un test ADN permettrait ensuite de lever le mystère et d'établir qui repose à Ghencea. Reste que cette demande n'a pas encore été déposée par Valentin Ceausescu et Mircea Oprean, qui sont pourtant en possession des documents nécessaires depuis plusieurs mois. "Ils ne se sont pas encore décidés", explique leur avocat.
Marion Guyonvarch (www.lepetitjournal.com/Bucarest) lundi 7 juin 2010







